L'équipe de France Espoirs a achevé en Belgique (0-0) la phase aller des qualifications à l'Euro-2011 invaincue et en tête de son groupe en ayant produit un jeu prometteur, tout en nourrissant des regrets quant à la finition, peu en rapport avec sa mainmise sur les matches.

Un peu à l'image de son aînée, l'équipe de France A, dominatrice et séduisante contre la Roumanie (1-1) et la Serbie (1-1) mais incapable de convertir plus d'une occasion en but.

"C'est notre péché mignon", a reconnu Erick Mombaerts, le sélectionneur des Bleuets neutralisés en Belgique mardi soir (0-0) malgré une large domination. "Dans le dernier geste de finition ou la dernière passe, il faut plus de maîtrise, mais c'est le plus dur dans le football, a-t-il analysé. On a toujours dans le dernier geste un peu de précipitation".

"Je suis un peu frustré pour le résultat, mais par rapport à la manière, la volonté d'imposer notre jeu, à l'extérieur, c'était satisfaisant", préfère retenir le technicien. Il est vrai que les Belges, jusqu'à la dernière demi-heure, ressemblaient fort à Malte, incapable de franchir la ligne médiane.

A Mouscron, la France est restée muette au tableau d'affichage pour la première fois dans ces qualifications, après avoir marqué à chaque fois au moins deux buts par match. Cette inefficacité met en lumière aussi le fait que les deux buts inscrits à Malte vendredi l'ont été à la suite de coups de pied arrêtés...

Pénurie de buteurs
De manière symptomatique, l'avant-centre Anthony Modeste, auteur de quatre réalisations sur les quatre dernières rencontres, a raté son match à Mouscron. Difficile pour un joueur qui se dit "de profondeur" de s'imposer dans une défense dense jouant bas.

Son remplaçant David Ngog, entré pour la dernière demi-heure et davantage dans le registre du point de fixation, s'est illustré dans le jeu mais sans se procurer d'occasions. Cette inefficacité montre aussi en creux la pénurie de buteurs chez les Espoirs, alors que les ailes regorgent pourtant de solutions performantes (Tabanou, Biabiany, Bakar et Kembo Ekoko).

Le point pris en Belgique, chez leur rival le plus sérieux pour la première place finale, permet aux Français de rester en tête du groupe (huit points, comme les Diablotins). Après le nul à Gueugnon contre l'Ukraine (2-2 après avoir mené 2-0), les Bleuets ont encore raté l'occasion de se détacher.

"A la fin de la phase aller, c'est un bilan satisfaisant, on n'a pas perdu et on a disputé pas mal de matches à l'extérieur", a néanmoins noté Mombaerts.