La France reçoit l'Eire mercredi 18 novembre pour un barrage retour au Mondial-2010, au lendemain du 16e anniversaire de l'un des plus grands traumatismes de l'histoire des Bleus: l'élimination, le 17 novembre 1993, contre la Bulgarie sur la route du Mondial-1994.

Mardi, Raymond Domenech a expliqué ne pas se servir dans ses causeries d'avant-match de l'histoire de ces rencontres couperets du mois de novembre qu'a disputées l'équipe de France au fil des années: "Le passé c'est autre chose, on avance avec des joueurs différents, chaque époque à une vérité".

Alors qu'il suffisait d'un nul sur leurs deux derniers matches pour se qualifier au Mondial-1994 (organisé aux Etats-Unis), les Bleus encaissaient deux défaites à domicile à l'automne 1993.

La première survenait contre Israël (2-3) le 13 octobre, alors que les Bleus menaient 2 à 1 à sept minutes de la fin. Dire que la sono du stade avait passé "l'Amérique" de Joe Dassin avant le match...

Puis le naufrage arriva avec le 1-2 encaissé contre la Bulgarie le 17 novembre 1993 au Parc des Princes.

Papin était sorti, perclus de crampes à la 69e minute, remplacé par Ginola. A quelques secondes de la fin, le score était de 1-1 et la France tenait sa qualification avec ce seul point.

Ginola tentait alors un centre, sans succès, et déclenchait en retour un contre bulgare. L'attaquant bulgare Emil Kostadinov fusillait Bernard Lama d'un tir sous la barre et devenait un héros national en marquant le but de la victoire.

La France était éliminée. Gérard Houllier, sélectionneur, eut après le match des mots très durs envers Ginola, parlant d'un "crime contre l'équipe".

Le coup de poignard, c'est aussi Hristo Stoitchkov, attaquant bulgare, qui le donna en déclarant "les Français n'ont pas cherché à gagner, ils ne méritaient pas de se qualifier".

Cette élimination fut logiquement fatale à Houllier et Aimé Jacquet lui succéda. La France organisa ensuite le Mondial-1998 et le remporta avec ce sélectionneur. Depuis, la France n'a plus été absente d'un Mondial.