En Océanie, personne n'a oublié Desmond Fa’aiuaso, qui avait fait ses grands débuts en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA à l'âge de 15 ans. Les années ont passé et le petit prodige samoan a poursuivi sa progression. Doté d'une belle pointe de vitesse, ce jeune joueur aussi talentueux qu'ambitieux est récemment devenu le premier Samoan à disputer un match du New Zealand Football Championship (NZFC), un championnat que beaucoup considèrent comme la compétition de référence en Océanie.
Tout n'a pourtant pas toujours été facile pour Fa’aiuaso, qui avait notamment participé au terrible revers 0:11 concédé par son pays face à l'Australie dans les préliminaires pour Corée/Japon 2002. Après deux ans passés loin des terrains, le jeune homme est revenu plus motivé que jamais, bien décidé à franchir un palier et à s'imposer définitivement au plus haut niveau.
Un sportif accompli
Aussi à l'aise lorsqu'il s'agit d'évoluer en pointe qu'en position d'ailier, le grand espoir de YoungHeart Manawatu a également démontré une belle polyvalence au cours de ses deux années de congé. Malgré son physique plutôt longiligne, Fa’aiuaso s'est ainsi illustré en participant à plusieurs matches de l'équipe nationale de rugby à 7. L'exploit est de taille, surtout lorsque l'on connaît l'immense popularité dont jouit cette discipline dans les îles Samoa.
A en juger par les exploits des frères Mark et Mike, qui écument eux aussi les terrains samoans, la famille Fa’aiuaso possède un véritable don pour le football. Repéré par les recruteurs de YoungHeart, Desmond a donc choisi de tenter l'aventure à l'étranger. Peu de Samoans ont fait ce choix par le passé. Le gardien international Pasi Schwalger, qui évolue en deuxième division australienne, est l'un des rares à avoir pris ce risque. Ce n'est cependant pas la première fois que Fa’aiuaso manifeste le désir de se confronter à un nouvel environnement. Il y a trois ans, il s'était engagé en faveur de l'AS Pirae. Sous son impulsion, le club tahitien était passé tout près de remporter la O-League de l'OFC.
Le principal intéressé reconnaît cependant volontiers que ce séjour en Nouvelle-Zélande lui a ouvert de nouveaux horizons, sur le terrain comme en dehors. "La principale différence entre les Samoa et la Nouvelle-Zélande se situe au niveau du climat", explique-t-il. "Bien entendu, en ce qui concerne le football, le niveau de jeu est supérieur ici, que ce soit techniquement ou physiquement".
Un modèle
Lorsqu'on lui demande s'il se considère comme un modèle pour la nouvelle génération de footballeurs samoans, Fa’aiuaso secoue énergiquement la tête, avant d'ajouter promptement qu'il aimerait voir ses compatriotes tenter à leur tour leur chance dans de grands championnats. "Il y a beaucoup de joueurs très talentueux aux Samoa. Ils sont encore jeunes mais je pense qu'ils devraient se confronter à un niveau de jeu plus élevé afin de poursuivre leur progression".
Tim Cahill est sans aucun doute le joueur d'origine samoane le plus connu au monde. En effet, la mère de l'international australien est née sur l'archipel. Le milieu de terrain d'Everton s'est d'ailleurs rendu sur place l'année dernière à l'occasion d'une action de bienfaisance. En outre, Cahill a récemment célébré l'un de ses buts en imitant le geste des pagayeurs samoans, en référence au tsunami qui a frappé la région au mois de septembre.
Chris, le jeune frère de Tim, a quant à lui participé aux qualifications pour Afrique du Sud 2010 aux côtés de Fa’aiuaso. Il n'aura manqué qu'une victoire aux Samoa pour accéder au tour final de la compétition préliminaire océanienne, ce qui n'a pas empêché notre ami Desmond de s'illustrer en trouvant le chemin des filets à deux reprises. Désormais, les deux hommes attendent avec impatience la prochaine échéance internationale, les Jeux du Pacifique Sud 2011.
Fa’aiuaso s'est blessé au quadriceps dès son premier entraînement en Nouvelle-Zélande ("à cause du froid", assure-t-il), ce qui a retardé ses grands débuts en championnat d'un mois. En attaque, le Samoan est régulièrement associé à l'international vanuatuan Seule Soromon. A en juger par leurs premières prestations, les deux hommes semblent appelés à former un duo tout en vivacité. Si Fa’aiuaso a connu quelques difficultés à s'adapter à son nouvel environnement, Soromon a débuté la saison sur les chapeaux de roues. Auteur de cinq buts en quatre matches, il s'est ainsi adjugé le titre de Joueur du mois de la NZFC. Fa’aiuaso n'en est pas encore là mais sa seule présence sur le terrain suffit à faire naître l'espoir dans le cœur de ses compatriotes.
