Malgré un classement qui en fait l'un des plus mauvais élèves du continent asiatique, le Cambodge donne des signes de progrès. Avec un championnat en plein essor, un football féminin qui ne cesse d’avancer et des supporters qui vouent au ballon rond un amour quasi religieux, ce pays coincé entre la Thaïlande, le Laos et le Viet-Nam ne peut qu’aller de l’avant.

L’année prochaine risque bien de jouer un rôle fondamental pour l’équipe nationale, qui entamera les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA 2014 et la phase préliminaire de la Suzuki Cup. Sous la houlette de Scott O’Donell, un entraîneur australien réputé, les Cambodgiens aspirent à rééditer leur exploit d’il y a deux ans, lorsqu’ils s’étaient qualifiés pour la Suzuki Cup, le championnat régional de l’Asie du Sud-Est.

La jeune garde
En début de semaine, le Cambodge a disputé des rencontres comptant pour les Jeux du Sud-Est asiatique. O’Donell s’est servi de cette compétition U-23 comme point de départ du processus de développement de l’équipe nationale. Alors qu’il aborde son deuxième mandat de sélectionneur national, O’Donell, premier Australien à entraîner une équipe nationale étrangère, s'appuie énormément sur ses plus jeunes éléments.

Aujourd’hui, il entend bien offrir à la majorité des membres de l’équipe U-23 un billet express vers le niveau seniors. "Mon idée, c’est de conserver le noyau dur des U-23 en équipe nationale et de compléter avec des joueurs plus âgés. Je veux que ces jeunes continuent de jouer ensemble, car ils incarnent l'avenir de cette équipe", explique O’Donell à FIFA.com.

Reste à résoudre le problème du manque d’expérience à l’échelon international, un handicap qui a entravé le parcours des Cambodgiens lors de la quinzaine laotienne. "Contre la Thaïlande, on était menés 1:0 après avoir obtenu quelques bonnes occasions, mais on a fini par encaisser deux buts dans le temps additionnel. Autant dire que notre sort était scellé", regrette O’Donell, âgé de 42 ans et ancien directeur du département de formation des entraîneurs à la Confédération du football asiatique. "Il s’est passé plus ou moins la même chose contre la Malaisie. A moins que mes joueurs ne s’habituent rapidement à jouer contre les grosses équipes et arrivent à rester concentrés pendant 90 minutes, nous risquons de nous faire punir encore pas mal de fois. Je peux vous dire que je n’ai pas eu besoin de dire à mes joueurs quelles étaient les leçons à tirer de cette compétition."

"Il faut que nous soyons capables de jouer à notre niveau", insiste O’Donell. "Nous sommes une petite nation et il faut que nous pratiquions le même jeu contre la Thaïlande et contre le Viet-Nam, un jeu à base de passes rapides et de mouvement autour du ballon. J’essaie de mettre en place un football qui permette à mes joueurs d'exploiter au mieux leurs qualités."

La passion du football
Le championnat du Cambodge, qui aligne neuf équipes de la capitale Phnom Penh et un club de la province de Takeo, a récemment reçu un coup de pouce considérable, avec la signature d’un contrat de sponsoring. Comme nombre d’internationaux ont été embauchés par les clubs, le championnat a vu son niveau grimper de façon significative. "Le championnat est de plus en plus compétitif par rapport à l’époque où je suis arrivé. C’était très déséquilibré à ce moment-là. Cette année, l’arrivée de joueurs étrangers a tiré tout le monde vers le haut."

En début d’année, une équipe nationale féminine U-16 a parcouru 1 200 km pour affronter son homologue laotienne, devenant ainsi le premier groupe de footballeuses à représenter le pays. Le jeu reste très populaire auprès des deux sexes malgré le peu d’exposition internationale. D’ailleurs, le nombre de pratiquants continue de croître à un rythme étonnant.

"Si vous vous rendez au stade national n’importe quel jour de la semaine, vous trouverez forcément des centaines d’enfants de tous les âges en train de jouer au football pieds nus", confirme O’Donell. "Le foot est devenu très populaire. Il y avait plus de 35 000 spectateurs lors de la finale disputée en novembre par notre équipe U-23 et je peux vous dire que je n’avais jamais vu ça au Cambodge auparavant. Si le Cambodge parvient à se hisser au niveau de l’élite régionale, il pourrait bien continuer à grandir."