Le bonheur des uns fait souvent le malheur des autres, surtout lorsqu'il s'agit de football ! Au cours des douze derniers mois, les membres de la CONCACAF ont connu leur lot de triomphes... et de désastres. FIFA.com revient pour vous sur les instants de grâce et d'amertume qui ont fait l'actualité en 2009 dans le Nouveau Monde.
Le Honduras rit, le Costa Rica pleure
En marge d'une instabilité politique chronique, le Honduras a pu célébrer en 2009 une qualification historique pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. Les Catrachos n'étaient plus apparus en phase finale depuis Espagne 1982. De leur côté, supporters et joueurs ont fêté dignement l'exploit. Les Honduriens ont définitivement validé leur billet pour l'Afrique du Sud en s'imposant 1:0 face au Salvador le 14 octobre dernier, au terme d'un véritable marathon. Ce soir-là, le buteur Carlos Pavon, le milieu de terrain de Tottenham Wilson Palacios et le meneur de jeu Amado Guevara ont dansé jusqu'au bout de la nuit sur la pelouse du stade Cuscatlan. David Suazo, l'attaquant de Benfica, a même été jusqu'à réaliser un tour d'honneur… sur les genoux, comme il l'avait promis à ses fans ! "C'est inoubliable. Nous sommes si heureux que nous n'arrivons pas à trouver les mots. C'était dur mais nous méritons cette qualification", résume Pavon.
Au même moment, les supporters costaricains pleuraient à chaudes larmes à Washington mais pour de toutes autres raisons. Après avoir longtemps occupé la tête du tour final, les Ticos ont connu un terrible passage à vide qui leur a finalement coûté la qualification, au profit du Honduras. Les joueurs de Rene Simoes pensaient pourtant avoir fait le plus difficile en menant 2:0 sur le terrain d'une sélection américaine qui avait déjà son billet en poche. Malheureusement pour eux, le but égalisateur inscrit par Jonathan Bornstein à la quatrième minute du temps additionnel a tout changé. La dernière place qualificative est revenue au Honduras, tandis que le Costa Rica a été contraint d'en passer par les barrages intercontinentaux. Les Ticos ont joué crânement leur chance contre l'Uruguay, mais il était dit que cette édition 2010 de la Coupe du Monde de la FIFA se disputerait sans eux. Brillants en 2002 et 2006, les Costaricains vont devoir se concentrer sur Brésil 2014.
Bryan Ruiz et ses compatriotes ne seront évidemment pas les seuls à regarder le tournoi à la télévision. Le Salvador et Trinité-et-Tobago ont eux aussi été recalés. Les Soca Warriors affichent même un bilan famélique de six points en dix journées. Autant dire que l'équipe qui s'était invitée à la grande fête d'Allemagne 2006 n'est plus qu'un lointain souvenir.
USA- Mexique : le feuilleton continue
Depuis près de vingt ans, les Etats-Unis et le Mexique se disputent la suprématie régionale au sein de la zone CONCACAF. Les deux pays n'ont plus manqué une seule édition du grand rendez-vous mondial depuis 1994 et force est de constater que les deux premières places qualificatives leur sont pratiquement réservées. Cette fois, les Etats-Unis ont pris l'ascendant sur leur rival de toujours en terminant en tête du tour final avec un point d'avance. Les Stars and Stripes ont accumulé six victoires, deux nuls et deux défaites, tandis qu'El Tri a dû se contenter de six victoires, un nul et trois défaites.
L'année 2009 fut également le cadre de deux temps forts dans la longue histoire entre les deux nations. Les Etats-Unis ont été les premiers à se signaler en battant l'Espagne en Coupe des Confédérations de la FIFA. Non contents d'avoir écarté le numéro un mondial, les hommes de Bob Bradley ont donné des sueurs froides au Brésil en finale de l'épreuve. Après avoir mené 2:0, les Américains ont finalement baissé pavillon, sans jamais démériter. Les supporters mexicains ont sans doute suivi les exploits de leurs voisins avec une certaine nervosité. En effet, le Mexique reste à ce jour le seul représentant de la région à avoir remporté cette prestigieuse compétition, en 1999. La large victoire 5:0 d'El Tri en finale de la Gold Cup de la CONCACAF le 26 juillet dans le New Jersey a sans doute largement contribué à leur redonner le sourire. Certains ne manqueront pas de souligner que l'équipe américaine alignée pour l'occasion était des plus expérimentales. Les Mexicains se satisferont d'ajouter une nouvelle fois leur nom au palmarès de l'épreuve.
A l'heure d'entamer le voyage en Afrique du Sud l'été prochain, le Mexique disposera donc peut-être d'un léger avantage psychologique. Depuis le départ de Sven-Goran Eriksson et le retour aux commandes de Javier Aguirre en avril, la sélection tricolore semble avoir retrouvé ses valeurs. De son côté, Bob Bradley attend des nouvelles du défenseur Oguchi Onyewu et de l'attaquant sochalien Charlie Davies. Victimes de graves blessures, les deux hommes risquent fort de manquer à l'appel au moment de constituer les listes finales.
Salt Lake crée la surprise
En outre, les Etats-Unis ont assisté en 2009 à l'un des sacres les plus improbables de la jeune histoire de la MLS. Le Real Salt Lake a su déjouer tous les pronostics pour venir à bout de LA Galaxy et de sa constellation de stars en finale du championnat. Fondé en 2005, le club de l'Utah compte dans ses rangs des joueurs relativement méconnus. Après avoir péniblement acquis sa qualification pour les play-offs, le Real a successivement éliminé le Columbus Crew de Guillermo Barros Schelotto, champion en titre, et Chicago Fire avant de faire mordre la poussière à Bruce Arena, Landon Donovan et David Beckham à l'issue d'une incroyable séance de tirs au but. "Ce rôle d'outsider nous convenait parfaitement. Nous avions le sentiment de n'avoir rien à envier à Los Angleles. C'est une équipe qui compte beaucoup de grands joueurs mais nous savions que sur le plan collectif, nous étions les plus forts", expliquera plus tard Jason Kreis, le jeune entraîneur de Salt Lake, au micro de FIFA.com.
Au Mexique, les habituels poids lourds du championnat que sont le Club America ou Chivas Guadalajara ont subi la loi de Monterrey. A la surprise générale, les Rayados ont enlevé le troisième titre de leur histoire en surclassant Cruz Azul en finale. Pour la deuxième saison consécutive, aucun des deux grands clubs du pays, Deportivo Saprissa et Alajuelense, ne sera sacré champion du Costa Rica. En revanche, pas de surprise au Honduras, au Guatemala et au Salvador où Marathon, Municipal et les FAS ont logiquement dominé les débats.
