La Côte d'Ivoire, emmenée par sa star planétaire Didier Drogba, rêve tout haut de remporter en Angola (10-31 janvier) une 2e Coupe d'Afrique des Nations (CAN), l'ultime objectif continental d'une génération dorée qui a calé lors des deux derniers rendez-vous.
"Tous les Ivoiriens réclament la CAN", n'a d'ailleurs jamais caché Jacques Anouma, le président d'une fédération qui attend un nouveau sacre depuis celui décroché en 1992. Egalement favoris des deux dernières éditions, les Eléphants, finalistes en 2006 et demi-finalistes en 2008, avaient pourtant abandonné en route un titre qui leur semblait promis.
De quoi garder en éveil l'intransigeant Vahid Halilhodzic qui tient les rênes de la sélection et l'a qualifiée pour un Mondial en Afrique du Sud qui, cinq mois plus tard, sera délicat avec dans son groupe le Brésil, le Portugal et la Corée du Nord. Car cette échéance africaine est probablement la dernière occasion de ne pas revenir bredouille pour une équipe qui déborde de talents, surtout offensifs. Mais également une équipe vieillissante dont les cadres ont presque tous passé la trentaine.
Derrière Drogba, qui brille toute l'année à Chelsea et aborde enfin une compétition internationale dans une forme étincelante, "coach Vahid" peut en effet compter sur des joueurs du calibre de l'autre Blue Kalou, de Gervinho, actuel meilleur buteur du Championnat de France, ou encore du Barcelonais Yaya Touré. En revanche, le Franco Bosniaque a choisi de se priver de Romaric, écarté pour raisons disciplinaires. Juste histoire de rappeler aux autres les règles en vigueur.
Défense incertaine
Rassemblés à Abidjan dès le 27 décembre, les Ivoiriens se sont ensuite préparés en Tanzanie, où les conditions climatiques sont proches de celles qui les attendront au 1er tour à Cabinda dans le "groupe de la mort" contre le Ghana, le Togo et le Burkina Faso.
"A chaque match je me suis trouvé confronté à des forfaits pour cause de blessures", regrette pourtant Halilhodzic qui, en qualifications, n'a jamais pu aligner son équipe-type. Si celle-ci est équilibrée devant et au milieu de terrain, sa défense est moins rassurante. Et si les individualités font souvent la différence, le jeu manque parfois de cohésion.
A côtés des stars offensives, le nom du gardien de Beveren Barry, auréolé du statut de "meilleur gardien de Belgique", fait ainsi pâle figure. Enfin, l'exigeant sélectionneur en est toujours à se demander qui associer à Kolo Touré en défense centrale. Si l'inégal Meité tient la corde, Demel et Bamba peuvent tout autant espérer.
"Nous avons les possibilités d'aller loin à condition de présenter le visage d'un vrai bloc", prévient ainsi le DTN Martial Yeo. "Tout le monde fait de nous le favori N.1 de la CAN, a bien noté Halilhodzic, prudent. Maintenant c'est sur le terrain que nous devons prouver que nous sommes une grande équipe. Cette belle génération n'a pour le moment rien gagné".
"Je ne démissionnerai pas en cas d'échec à la CAN", a-t-il en tout cas d'ores et déjà prévenu. Rien ne dit qu'une élimination en Angola serait ma faute. Et puis pas question de céder ma place alors que l'équipe est qualifiée pour le Mondial-2010. Je ne laisserai pas ma place à un autre après tant de travail et de sacrifices consentis avec les joueurs!"
