Porté disparu lors de la CAN-2008, l'attaquant de poche de l'Angola Flavio Amado vient de réapparaître sur les écrans radars grâce à ses trois buts en deux matches, tous inscrits de la tête, qui placent idéalement les Palancas negras en vue des quarts de finale de la CAN-2010.

Après qu'il a inscrit le premier but de la compétition, dimanche contre le Mali, la réputée plasticienne angolaise Tomás Ana Etona a même annoncé qu'elle allait réaliser une scuplture à sa gloire.

Si la poisse ne s'en mêle pas et que la douleur musculaire qui l'a contraint à sortir sur blessure jeudi à la 62e minute ne coupe pas son élan, Flavio, 30 ans, devrait encore être l'attraction mardi contre l'Algérie.

"J'ai confiance dans tous les joueurs et pas seulement en mon fils", a pour sa part déclaré sa mère Arminda à la télévision nationale après avoir suivi avec joie la rencontre depuis sa maison.

Révélé au Petro Atletico, le club-phare du pays, l'attaquant de 1,73 mètre, marqué par la guerre civile qui a ravagé son pays, n'a rien eu dans la facilité et a toujours dû convaincre les sceptiques.

"C'est un joueur d'instinct qui a été obligé de faire beaucoup d'efforts pour compenser sa petite taille, ce qui l'a probablement empêché de jouer en Europe, explique un membre de la Fédération angolaise. Son passage en Egypte l'a beaucoup fait grandir et lui a donné une grande confiance".

Pourtant, son arrivée à Al-Alhy en 2005, dans les pas de l'actuel sélectionneur de l'Angola Jose Manuel qui n'a jamais cessé de croire en lui, s'est faite dans la douleur. La CAN-2006 organisée par les Pharaons va lui redonner du baume au coeur: il y marque trois fois.

Surtout, il inscrit le premier but de l'histoire de l'Angola lors d'un Mondial (en juin contre l'Iran, déjà de la tête), s'attirant ainsi les faveurs du public, et lance sa carrière égyptienne.

Taiseux
Patatras pourtant en 2008, lors de la CAN au Ghana, car ce fan de Ronaldo, éclipsé par l'éclosion de Manucho, n'inscrit qu'un but.

"Lorsque Manucho a percé, Flavio a eu du mal car il a alors joué comme 2e attaquant mais maintenant, il a compris comment se placer à ses côtés", précise-t-on à la fédération.

Transféré avec succès cet été au Riyad Al-Shabab (Arabie saoudite), Flavio est bien parti pour prendre dans le coeur des Angolais un peu de la notoriété d'Akwa, son ex-coéquiper élevé au rang idole nationale depuis son départ en retraite.

Car tant qu'il marquera des buts à ce rythme, personne ne pensera à lui reprocher son caractère discret et taiseux, Gilberto se chargeant parfaitement d'être le boute-en-train de l'équipe.

Malheureusement encore, Flavio ne s'est pas entraîné vendredi matin et le risque est grand que son équipe cale s'il est forfait. Tout le pays attend désormais avec anxiété le résultat des examens médicaux qui doivent déterminer samedi après-midi la nature exacte de sa blessure.

Chez les Palancas negras, la fête a désormais, provisoirement, laissé place à la prière.