Il connaît une saison polluée par un différend avec son entraîneur en club mais purifiée dès lors qu'il retrouve la sélection du Gabon dont il est le capitaine: Daniel Cousin respire en Angola un "grand bol d'air" enrichi par son but victorieux contre le Cameroun.

Ce but, marqué à la 17e minute au nez et à la barbe du vieux Lion Rigobert Song? "Ca m'a fait plaisir pour ma famille surtout, confie-t-il à l'AFP. Les gens se disent que j'ai 32 ans, que ça ne se passe pas bien pour moi en club... Ca fait plaisir de montrer que je suis toujours là".

Ce club, c'est Hull City, en Angleterre. Et l'entraîneur, Phil Brown. "Je trouvais en début de saison qu'il faisait de très mauvais choix, raconte Cousin. Je le lui ai dit, et il m'a pris en grippe. En plus, l'équipe perdait. Depuis il m'a mis à l'écart. Il ne me dit même pas bonjour!"

Il faut dire que le natif de Libreville a son franc-parler et l'habitude de dire ce qu'il pense, quitte à froisser son entourage professionnel.

En 2007, il se brouille avec le public du RC Lens, allant jusqu'à remettre en cause sa réputation de "meilleur public de France"...

En 2008, transféré aux Glasgow Rangers, il brocarde l'hygiène de vie de ses partenaires: "Les joueurs écossais aiment boire, avait-il remarqué. Comme s'ils avaient besoin de recharger la machine. Il y a aussi des chips et des pizzas dans le vestiaire, à la fin des matches, en plus du Coca-Cola et du ketchup. Je suis surpris lorsque je vois le physique de certains d'entre eux".

Et en 2009, Hull.

L'oxygène du mercato
L'expérience est tellement amère qu'il rechigne en Angola à parler anglais avec un journaliste britannique, bredouillant quelques mots de mauvaise grâce... avant de s'excuser auprès de ce dernier: non, décidément, il n'a pas le coeur à parler en anglais. Ça le fatigue et le renvoie à sa grisaille "made in Hull".

L'avant-centre n'y a disputé que trois petits matches (un seul comme titulaire) en six mois, pour sa seconde saison chez les Tigers. "Le mois prochain j'aurai 33 ans, il faut que je fasse le bon choix", avance celui qui compte sur le mercato pour changer d'air, sous forme de prêt.

En attendant, il respire: "Ici, c'est un grand bol d'air! Déjà, deux semaines avant que je parte rejoindre le Gabon, mes coéquipiers en club voyaient que j'avait changé, que j'étais content".

C'est qu'il ne jouit pas du même statut chez les Panthères, dont il est le capitaine. "C'est mon capitaine quand il joue, nuance son sélectionneur Alain Giresse. Venir en sélection, ça lui permet de retrouver la compétition et donc d'avoir peut-être plus de motivation".

Réduit au mutisme en club, Cousin savoure un autre genre de calme dans son hôtel à 20 km de Lubango, en pleine campagne: "Ici, on est un peu coupés du monde. On se sent bien, c'est très relaxant. Et la nuit, on entend des bruits bizarres, je ne sais pas si c'est des loups ou des chacals. Mais c'est ça, l'Afrique!"