Superstar du foot anglais dans les années 1980 et le début des années 1990, l’ancien capitaine des Three Lions Bryan Robson tient désormais un rôle totalement différent en tant que sélectionneur de la Thaïlande. Milieu de terrain à gros abattage, l’ancien Mancunien se distinguait par son sens du but et des qualités de leader qui ont fait de lui le troisième capitaine le plus capé de l’équipe d’Angleterre.

Robson a passé 21 ans au plus haut niveau. Avant de signer à Manchester United, il avait joué sept ans à West Bromwich Albion et il a terminé sa carrière à Middlesbrough. Au cours de ses 13 saisons à MU, il a notamment gagné deux Premier Leagues et quatre Cups. En équipe nationale, Robson a cumulé 90 sélections et inscrit 26 buts en 11 ans de carrière internationale. Il était le capitaine des Three Lions lors d’une Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986 qu’il avait vécue en retrait à cause d’une blessure.

Après avoir entraîné plusieurs clubs dont Middlesbrough, Bradford City, West Bromwich Albion et Sheffield United, Robson a mis le cap sur la Thaïlande. En succédant à son ancien acolyte dans l’entrejeu anglais Peter Reid au mois de septembre 2009, Robson a plongé la tête la première dans le tourbillon des qualifications pour la Coupe d’Asie de l’AFC 2011. Si elle veut arracher son billet pour le Qatar, son équipe a besoin d’un nul, ou plus probablement d’une victoire lors de son dernier rendez-vous, le 3 mars dans l’intimidant stade Azadi de Téhéran. Bryan Robson a accepté de revenir sur cette expérience au micro de FIFA.com.

De la Thaïlande à Sheffield United, où vous aviez honoré votre dernier contrat d’entraîneur, il y a un monde. Comment avez-vous trouvé ce pays depuis votre arrivée ?
J’aime beaucoup. Avec ma femme, nous avons bien pris nos repères à Bangkok. C’est une ville très cosmopolite et les gens sont vraiment sympathiques.

Cela fait maintenant quatre mois environ que vous êtes en Thaïlande. Comment vous sentez-vous dans votre rôle ?
Je prends plaisir à travailler avec les joueurs thaïlandais, qui sont très professionnels. C’est agréable de bosser avec eux. Ils essaient d’appliquer les consignes à l’entraînement puis en match.

En tant qu’entraîneur, quel est votre objectif avec la Thaïlande ?
Ma priorité actuelle est la qualification pour la Coupe d’Asie. La mission est compliquée car nous n’avons pas assuré lors de nos deux matches contre la Jordanie. Le premier, avant que j’arrive, nous aurions dû le gagner. Puis à la maison, les garçons ont été excellents, nous avons vraiment réalisé un bon match, mais nous avons encore raté nos occasions et nous n’avons pris qu’un point là où nous en méritions trois. Alors que nous aurions pu être déjà qualifiés, nous devons aller disputer un match très difficile en Iran, où nous aurons besoin d’un nul ou d’une victoire pour passer.

Depuis que je suis là, nous avons réalisé de belles prestations. Pour ce qui est des matches importants, nous avons été très bons lors de notre victoire 3:1 à Singapour. Hélas, nous avons ensuite concédé une décevante défaite à domicile contre cette même équipe de Singapour à cause d’une vilaine erreur alors que les deux équipes se tenaient. Ensuite, les garçons ont été très bons contre la Jordanie, mais ils n’ont pu faire mieux que le nul. Donc les trois gros matches depuis mon arrivée m’ont laissé un sentiment mitigé.

Vous êtes arrivé en poste immédiatement après le départ de votre ancien coéquipier dans l’entrejeu de l’équipe d’Angleterre Peter Reid. Avez-vous assuré un certain suivi par rapport au travail effectué par Peter avec l’équipe nationale ?
J’ai longtemps parlé avec Peter avant de venir et d’accepter le poste. Peter m’a dit qu’il avait essayé de mettre quelques petites choses en place dans le but de hausser le niveau de jeu. Depuis mon arrivée, je m’efforce, comme Peter, d’améliorer certains compartiments du jeu où il y a des progrès à accomplir. Il y a beaucoup de talent et les joueurs ont une excellente technique. Il faut donner une certaine cohésion à tout ça et remédier à la naïveté dont nous faisons preuve dans certaines situations.

Vous êtes-vous engagé dans un travail de développement plus large en Thaïlande ?
Worawi Makudi (le président de la fédération thaïlandaise) veut que je supervise beaucoup de choses, que je donne des idées sur des domaines qui pourraient selon moi être améliorés. Il envisage donc de poursuivre la progression du football en Thaïlande.

L’équipe se trouve dans une position délicate où elle pourrait bien avoir besoin d’une victoire à Téhéran pour se qualifier pour la Coupe d’Asie de l’AFC. Comment allez-vous aborder ce match ?
Nous allons l’aborder de façon positive. Je sais que l’Iran a déjà sa qualification en poche. Nous avons fait match nul contre lui et il a perdu contre la Jordanie donc on peut dire que le niveau de ce groupe est assez homogène. Même s’il n’est pas évident d’aller jouer à Téhéran, j’ai le sentiment que si tous nos joueurs sont au meilleur de leur forme, nous aurons notre carte à jouer.

Quel travail de préparation avez-vous prévu d’ici au début des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA l’année prochaine ?
Il n’y a pas vraiment de programme de formation ici en Thaïlande, où les jeunes rejoignent les clubs dès leur sortie de l’école, à 17 ou 18 ans. Il n’existe pas de championnat où ces jeunes joueurs peuvent jouer et progresser. Ils sont directement jetés dans le grand bain de l’équipe première. J’espère pouvoir développer un système avec les clubs et la fédération qui permettrait à ces joueurs d’avoir leur propre championnat pour accumuler du temps de jeu et mieux s’entraîner. J’aimerais aussi mettre en place des programmes de formation pour qu’ils se préparent en vue de la Coupe du Monde.

Si vous jetez un regard sur votre carrière en tant que capitaine de Manchester United et de l’Angleterre, quels sont les deux temps forts que vous retiendrez ?
Avec United, ce serait le titre national, le premier en 26 ans. Et puis il y a aussi cette victoire 2:1 contre Barcelone en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupes. Avec l’Angleterre, je retiens la Coupe du Monde 1982 car c’est le summum pour tout joueur.

L’Angleterre a bénéficié d’un tirage intéressant pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010. Comment s’annonce Afrique du Sud 2010 pour l’Angleterre ? Quelles sont les chances de succès ?
Je pense que nous avons de bonnes chances si nous partons avec tous nos joueurs au maximum de leur forme. Dans l’équipe d’Angleterre, je trouve que derrière les stars, les doublures ne sont pas tout à fait au niveau. Le groupe dans lequel nous avons été versés nous offre de bonnes perspectives, nous sommes les favoris pour la première place. Après, tout est possible dans les matches à élimination directe. Mais je pense que l’Angleterre serait déçue si elle n’allait pas au moins jusqu’en quarts ou en demies. Je pense que nous avons les moyens d’aller aussi loin.