Au-delà des éventuelles places de doublures à espérer pour certains dans la liste des 23, France-Espagne, mercredi en amical au Stade de France, est surtout l'occasion d'une opération pardon pour les Bleus après une qualification laborieuse et la main polémique d'Henry.
Raymond Domenech sera sans doute sifflé au Stade de France, comme d'habitude. Reste à savoir quel sera l'accueil réservé à Titi Henry. Et quel sera le contenu du match du capitaine français qui voit son temps de jeu se dissoudre au Barça.
Domenech veut faire "sentir l'odeur" de la Coupe du monde à ses joueurs dès mercredi, selon sa chronique vidéo sur le site de la FFF. Mais l'infirmerie des Bleus est trop bondée (Abidal, Gallas, Benzema, Gignac, entre autres) pour que ce choc contre les champions d'Europe en titre soit vraiment significatif à 100 jours du Mondial.
Et les hypothétiques dernières places à prendre sont trop rares (trois ou quatre au maximum parmi les remplaçants) pour faire de cette rencontre contre la "Roja" un examen décisif pour entrer dans les 23.
Rêves d'Afrique du Sud
"Je ne suis pas certain qu'une sélection en Coupe du monde passe par une prestation contre l'Espagne, ça aidera, mais ce ne sera pas le seul critère, les 'perfs' en club comptent", a souligné Benoît Cheyrou (Marseille), convoqué pour la première fois chez les Bleus à 28 ans pour ce match de gala.
Ce qui n'empêche pas les nouveaux appelés (comme Cheyrou, Adil Rami) ou les revenants (comme Djibril Cissé) de rêver d'Afrique du Sud.
Mais à moins de blessures graves, les contours de la liste des 23 semblent déjà dessinés et devraient faire la part belle aux joueurs qui ont assuré la qualification, même si cette dernière s'est faite dans la douleur.
Même en défense centrale, l'axe du mal d'une équipe qui n'a pas pu aligner plus de deux fois la même paire dans ce secteur depuis la fin de l'Euro-2008, il sera difficile de faire vaciller une hiérarchie où le duo Abidal-Gallas (absents tous deux mercredi) a les faveurs de Domenech.
Les Bleus chercheront avant tout mercredi à essayer de redorer leur blason, ou dans le pire des cas à ne pas écorner un peu plus leur image après le non-match du 18 novembre en barrage retour contre l'Eire et cette maudite main (1-1 a.p.).
Ribéry, le retour
"On va pouvoir se regarder dans les yeux. Chacun sait qu'on a été totalement nuls contre l'Eire, déclarait samedi Bakary Sagna dans L'Equipe Magazine. On doit rassurer nos supporters et se rassurer nous mêmes face au Champion d'Europe".
Dans la manche des Bleus, l'atout numéro un pourrait être Franck Ribéry, trop longtemps écarté de la Maison Bleue par des pépins physiques (dernière sélection en septembre 2009). Mais attention à la "furia Roja": L'Espagne compte 15 victoires en 16 matches en 2009.
Et le match de mercredi n'aura rien d'amical pour les hommes de Vicente del Bosque. Son attaquant vedette Fernando Torres, auteur du but de la victoire en finale de l'Euro-2008, a déclaré lundi que l'Espagne était "toujours très motivée contre la France", surtout depuis l'élimination de la "Roja" par les Bleus en 8e de finale du Mondial-2006.
L'ambiance sera sans doute encore chargée autour de Raymond Domenech. Son sort est déjà scellé. Quoiqu'il arrive mercredi, il restera en poste jusqu'au Mondial, la dernière de ses missions. Mais un revers pour celui que les supporters français adorent détester pesèrait encore un peu plus sur ses épaules, alors que le processus de désignation de son successeur enclenché par le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes parasite déjà l'atmosphère autour des Bleus.
