Début 2010, au lendemain de la Coupe d’Afrique des Nations, la relation entre Mart Nooij et le Mozambique semblait bel et bien terminée. Pourtant, l’entraîneur néerlandais venait de qualifier le pays pour sa première phase finale continentale depuis 12 ans, mais l’élimination au premier tour avait eu raison du contrat qui les liait. Aujourd’hui, les deux parties ont décidé de retenter l’aventure.
En signant en juillet un contrat d’une durée de quatre ans, la fédération mozambicaine de football (FMF) a cédé à la pression des fans des Mambas, qui se sont pris d’affection pour ce technicien resté pendant trois ans à la tête de leur équipe nationale. La mission première de cet homme de 56 ans consiste aujourd’hui à organiser la qualification du Mozambique pour la CAN 2012. Les hostilités débuteront dès vendredi prochain, avec un déplacement en Libye qui donnera le coup d’envoi du Groupe C. Les autres membres de la poule sont la Zambie et les Comores.
Toutes proportions gardées, la formation du sud-est africain n’a plus vécu une période aussi faste depuis le milieu des années 1990. Dans les années 1960, les deux grandes stars mozambicaines Mario Coluna et Eusebio défendaient les couleurs du Portugal, qui avait colonisé le pays.
Nooij reconnaît volontiers qu’il n’est pas à la tête de la génération la plus douée de l’histoire des Mambas, mais il estime que la détermination de ses troupes peut permettre de récolter d’excellents résultats. "Notre envie de gagner n’est plus à démontrer", explique-t-il à FIFA.com. "Le football n’est pas seulement une affaire d’esthétique. Pour moi, les meilleurs joueurs sont ceux capables d’accepter qu’ils ont une mission à remplir sur le terrain et que rien n’est plus important que la victoire. Or, mon groupe compte plusieurs footballeurs de ce type, de vrais gagneurs."
Apprendre à voyager
Au cours des 18 derniers mois, le Mozambique a fait de son stade de Maputo une véritable forteresse imprenable. Après avoir tenu tête à la Côte d'Ivoire et au Nigeria en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, les Mambas ont mis un terme aux aspirations mondialistes de la Tunisie, dominée 1:0. "A domicile, nous sommes très difficiles à battre. Désormais, il va nous falloir apprendre à prendre des points loin de nos bases", annonce Nooij.
Le sélectionneur souligne cependant que le succès n’arrivera pas du jour au lendemain. "J’ai été engagé pour reconstruire l’équipe sur une période de quatre ans", signale-t-il au terme d’une séance d’entraînement avec l’équipe nationale U-23. "Nous prenons les problèmes un par un. C’est un processus très lent. Il ne faut pas s’attendre à voir des résultats au bout d’une semaine. D’abord, je vais devoir restructurer l’équipe nationale. Il y a pas mal de jeunes joueurs très prometteurs, mais quand on perd quelqu’un comme Tico-Tico, qui a porté le brassard de capitaine pendant de longues années, il faut beaucoup travailler pour le remplacer. Il faudra y aller petit à petit, tout en préservant la compétitivité du groupe."
Sur le plan sportif, le premier objectif reste la qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, qui se déroulera en Guinée Équatoriale et au Gabon. "Au sein de notre poule, il y a trois équipes de niveau très proche et une quatrième plus faible. Les résultats des deux matches contre les Comores risquent de faire la différence."
Pas de blocage, pas de bête noire
La Zambie est une sorte de bête noire pour le Mozambique depuis quelques années, mais Nooij refuse d’entrer dans ces considérations. "Il n’y a jamais eu de blocage, ni contre la Zambie ni contre n’importe quelle équipe", affirme-t-il. "Mon équipe n’a peur de personne et elle l’a démontré contre les Ivoiriens, les Nigérians et les Tunisiens. Donc, pourquoi avoir peur de la Zambie ? Ces choses-là, c’est dans la tête, pas sur le terrain. Je suis convaincu que si le sélectionneur ne s’intéresse pas à ce genre de choses, les joueurs abordent les matches normalement."
"Pour aller chercher la qualification, il faudra aligner six bons matches. Cela ne suffira pas de briller une seule fois. Lors de la dernière édition, nous nous sommes qualifiés à la dernière journée. C’était juste, mais ça cadre parfaitement avec le message que j’essaie de faire passer depuis 2007 : pas de panique, pas de précipitation. Maintenant, nous allons encore travailler dur pour essayer d’atteindre nos objectifs."
Les Jeux africains 2011, qui feront office d’éliminatoires pour le Tournoi Olympique de Football, Londres 2012, auront lieu à Maputo. En charge des U-23 locaux, Nooij nous livre sa vision de la compétition : "Ces Jeux constituent un tremplin pour le football mozambicain et notamment pour les jeunes joueurs, qui auront l’occasion de se battre pour un titre important. Nous allons inaugurer en décembre notre nouveau stade, qui pourra accueillir 60 000 spectateurs. Ceci va aider les joueurs à canaliser leur envie. J’ai hâte de vivre tous ces grands moments."

