Né à Gornji Sepak en octobre 1984, Sejad Salihovic se retrouve contraint de fuir la Bosnie-Herzégovine pendant la guerre. A l'âge de sept ans, il s'installe avec ses parents à Berlin, où il ne tarde pas à renouer avec la pratique du football.

En 2000, ce milieu de terrain à la technique irréprochable rejoint le centre de formation du Hertha Berlin. Promu au sein de l'équipe amateur, il intègre rapidement le groupe professionnel et fait ses grands débuts en Bundesliga en septembre 2004. Il peine cependant à s'imposer dans la capitale, ce qui le pousse à répondre favorablement aux avances du 1899 Hoffenheim deux ans plus tard.

En l'espace de quatre ans, il mène son équipe de la troisième division à l'élite du football allemand. Ses performances étincelantes dans l'entrejeu ne passent pas inaperçues et lui ouvrent rapidement les portes de la sélection nationale.

FIFA.com est allé à la rencontre de l'artificier en chef de l'actuel leader du championnat pour évoquer en sa compagnie la progression de son club, l'échec de la Bosnie-Herzégovine dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010 et ses objectifs à l'approche du coup d'envoi de la compétition préliminaire de l'UEFA EURO 2012.

Sejad Salihovic, 1899 Hoffenheim pointe à la première place de la Bundesliga après deux journées. Vous attendiez-vous à un tel départ ?
En tout cas, nous avons réussi de bons matches de préparation. Dans un premier temps, notre objectif est de nous imposer parmi les équipes qui comptent dans ce championnat.

L'effectif a très peu changé par rapport à la saison dernière. Que peut-on attendre de votre équipe en 2010/11 ?
Effectivement, le groupe est resté stable. Dans l'ensemble, les joueurs qui nous ont quittés n'étaient pas des titulaires indiscutables, à l'exception de Carlos Eduardo. Il règne une très bonne ambiance dans l'équipe et nous avons déjà prouvé que nous étions capables de réussir des coups. Si nous restons unis, tous les espoirs sont permis.

La saison dernière, vous avez terminé à la onzième place. Quelles sont vos ambitions, cette année ?
Difficile de se prononcer après seulement deux journées ! Ce qui est sûr, c'est que nous aurons à cœur de faire mieux que l'an passé. Une qualification européenne serait évidemment un plus. Personnellement, c'est le but que je me suis fixé. Nous sommes bien partis mais il faut prendre les matches les uns après les autres.

Vous êtes arrivé à Hoffenheim en 2006, alors que le club évoluait en troisième division. Quel regard portez-vous sur les progrès accomplis par votre équipe en si peu de temps ?
Nous avons progressé à une vitesse folle. Ça tient du miracle. Maintenant, il faut franchir un nouveau palier en nous imposant comme l'une des valeurs sûres de la Bundesliga. Nous en sommes capables.

En tant qu'ancien capitaine, quel est votre rôle au sein du groupe ?
Je préfère montrer l'exemple sur le terrain. J'essaye de répondre présent à chaque fois que l'équipe a besoin de moi. C'est tout ce qui m'intéresse.

Depuis 2007, vous êtes régulièrement appelé en équipe de Bosnie-Herzégovine. C'est quelque chose qui compte pour vous ?
Oui. C'est important pour moi de représenter mon pays. J'étais fou de joie à l'époque de ma première sélection et je participe toujours avec beaucoup de plaisir aux rassemblements. C'est un rêve de jouer à ce niveau. En plus, c'est un plaisir d'évoluer au sein d'une telle équipe.

La Bosnie-Herzégovine a-t-elle digéré la déception née de son échec en barrage de la Coupe du Monde de la FIFA contre le Portugal ?
Il le faut. Evidemment, nous étions très touchés sur le moment mais nous devons nous tourner vers l'avenir. Notre équipe est jeune et elle a du talent. Nous allons maintenant tout faire pour nous qualifier pour l'Euro 2012. Ce serait vraiment un exploit historique.

Cet été, Safet Susic a succédé à Miroslav Blazevic. Quel genre d'entraîneur est-il ?
C'était un joueur exceptionnel. Il connaît parfaitement le football et il fait montre de beaucoup de patience dans ses relations avec nous. J'ai énormément de respect pour lui. Pour l'instant, il souhaite effectuer quelques modifications afin de nous aider à progresser. J'espère qu'il restera longtemps à ce poste car il a un rôle important à jouer dans le développement du football bosnien.

Vous restez sur un nul 1:1 contre le Qatar. Dans quel état d'esprit la Bosnie-Herzégovine aborde-t-elle les qualifications pour l'EURO ?
Il faut savoir que nous étions encore en pleine préparation d'avant-saison. Le match s'est bien passé. Nous étions tous un peu fatigués et nous ne voulions surtout pas nous blesser. Maintenant que les différents championnats européens sont lancés, nous allons pouvoir nous concentrer sur les prochaines échéances internationales.

Vous vous apprêtez à affronter l'Albanie, la France, le Luxembourg, la Roumanie et le Belarus dans la course à la qualification. Que pensez-vous de vos futurs adversaires ?
La France partira favorite mais nous sommes capables de battre n'importe qui. Quand l'effectif est au complet, nous avons vraiment un groupe de qualité. Quoi qu'il en soit, nous n'avons peur de personne et nous abordons cette compétition avec optimisme.

Quels joueurs pourraient faire la différence dans ces qualifications ?
Nous avons beaucoup de bons joueurs. Je pense par exemple à Miralem Pjanic (Lyon). Mais il n'y a pas de stars dans notre équipe. Ici, tout le monde sait d'où il vient. De toute façon, notre succès ne dépendra pas d'un ou deux hommes. Si nous gagnons, ce sera avant tout grâce à notre collectif.