Le défenseur central de Montpellier Emir Spahic sera le capitaine déterminé de l'équipe de Bosnie-Herzégovine, à laquelle il est viscéralement attaché, qui accueille la France mardi à Sarajevo lors de la deuxième journée des éliminatoires de l'Euro-2012.
"Jouer en club et avec la sélection, ce n'est pas la même chose. Quand je joue pour la Bosnie, je suis toujours à 150% car je joue avec mon coeur. En tant que capitaine, j'ai plus de responsabilités ", plaide-t-il.
Forte d'une génération exceptionnelle (Dzeko, Pjanic, Ibisevic, Misimovic...), la Bosnie-Herzégovine, reconnue par l'UEFA depuis 1998, semble plus proche que jamais d'une historique première qualification pour une grande compétition internationale, après être déjà passée tout près du Mondial-2010. "Dans notre groupe, il peut y avoir des surprises car tout le monde peut gagner contre tout le monde. Il n'est ni très difficile, ni facile non plus. Nous avons une équipe jeune et pleine d'ambition", jugeait Spahic avant même la première journée.
Or, les Bosniaques se sont installés en tête du groupe D dès vendredi, à la faveur de leur victoire au Luxembourg (3-0) et des débuts ratés de la Roumanie (1-1 contre l'Albanie) et surtout de la France (défaite 1-0 contre le Bélarus). "Je n'ai pas peur de la France, que je respecte. Elle possède de grands joueurs qui évoluent dans de grands clubs et peut compter sur un grand réservoir", glissait-il encore en référence aux suspensions de Ribéry, Evra, Toulalan et Anelka, suite à la grève de Knysna.
"Je ne veux pas me mêler des affaires de l'équipe de France. De toute façon je suis du côté des joueurs", ajoutait le capitaine, au caractère bien trempé.
Promouvoir les jeunes
Il est surtout du côté de sa sélection et de son pays, encore marqué par la guerre (1992-95). "Ce n'est pas un match ordinaire. Tous les matchs avec la Bosnie sont exceptionnels pour moi", remarque le défenseur central, né à Dubrovnik (Croatie) il y a 30 ans mais bosniaque par sa mère et vrai porte-drapeau de son pays.
Blessé dans son amour propre, il s'est ainsi insurgé face aux mesures de sécurité prises par les Bleus pour ce déplacement à Sarajevo. "J'ai l'impression que les Français viennent dans un pays en guerre, comme il y a 15 ans. Je ne comprends pas pourquoi il y a une telle sécurité autour de la France, je ne comprends pas pourquoi elle est entourée par une petite armée. Je suis attristé que les Français nous prennent pour une bande de sauvages. La seule crainte qu'ils ont à avoir c'est l'ambiance dans le stade. Une ambiance comme à la Paillade", s'agace-t-il.
Spahic s'attache aussi à favoriser la reconnaissance et l'éclosion des joueurs bosniaques à travers la sélection. "Je me bats pour que la Bosnie progresse. Je me bats pour promouvoir les jeunes joueurs en Europe", explique celui qui a débuté sa carrière en Croatie avant de s'exiler en Russie, où il a passé cinq ans, puis de rejoindre Montpellier où il s'est immédiatement imposé.
Après un début de saison perturbé par ses contacts avec Arsenal, le joueur est revenu à son meilleur niveau et a oublié ses envies de départ. "L'histoire avec Arsenal est terminée. Je me consacre désormais à Montpellier où j'ai resigné pour quatre ans."
