Une nouvelle génération s'est installée aux commandes de l'équipe de Zambie et elle ne manque pas d'ambition ! Surfant sur une vague de succès et d'enthousiasme, les Chipolopolo ("balles de cuivre") se verraient bien décrocher la couronne continentale à l'issue de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de la CAF.
Isaac Chansa, milieu de terrain de devoir, est de ceux là. Pour lui, l'objectif est ainsi de convertir les récentes bonnes performances de l'équipe nationale en succès tangibles, afin de participer au grand rendez-vous du football africain organisé en Guinée Équatoriale et au Gabon.
Dans cette optique, les Zambiens auraient tout intérêt à battre le Mozambique dès la reprise des qualifications, le 27 mars prochain à Maputo. Après deux journées, Chansa et ses partenaires affichent un bilan mitigé : une victoire sur les Comores et une défaite contre la Libye. Pour assurer une onzième participation à l'épreuve reine africaine sur les douze dernières éditions, la Zambie doit donc impérativement ramener un résultat positif de son déplacement dans la capitale mozambicaine.
Une nouvelle génération
La tâche s'annonce difficile, d'autant que ce Groupe C très équilibré laisse peu de marge de manœuvre aux différentes équipes en lice. Pour faire la différence, le milieu de terrain zambien mise avant tout sur son expérience. "C'est une bonne équipe. Nous avions affronté le Mozambique juste avant de disputer la CAN en Angola. Nos adversaires vont sans doute essayer de nous poser des problèmes, mais nous irons là-bas avec une attitude résolument positive", prévient Chansa.
La Zambie fait partie des vieux habitués de la CAN, mais les joueurs éprouvent aujourd'hui le besoin de quitter leurs habits de simples figurants pour se lancer à la conquête du titre continental. L'an passé, les Chipolopolo avaient atteint les quarts de finale, avant de chuter aux tirs au but devant le Nigeria. La défaite a laissé un goût amer aux supporters, enhardis par la qualification au premier tour devant des formations comme le Cameroun, le Gabon et la Tunisie.
Depuis la troisième place conquise de haute lutte en Afrique du Sud en 1996, la Zambie n'avait plus passé le premier tour. Fort de ses trois participations à la CAN, Chansa ne croit pas s'avancer en annonçant que la nouvelle génération possède toutes les qualités requises pour monter sur la plus haute marche du podium. "Cela fait maintenant trois ou quatre ans que le groupe vit ensemble. Nous avons donc progressé au fil du temps. Nous sommes aujourd'hui plus forts qu'il y a deux ans. Dans un premier temps, il faut évidemment penser à assurer notre qualification. Lorsque ce sera chose faite, nous pourrons commencer à viser plus haut car il faudra faire encore mieux qu'en Angola."
Du potentiel
Des joueurs comme Chris Katongo, Collins Mbesuma, Joseph Musonda et Jacob Mulenga fréquentent depuis maintenant près de dix ans les rangs de l'équipe nationale. Chansa, qui évolue aujourd'hui aux Orlando Pirates, est international depuis 2004. "Nous avons le potentiel pour devenir champions d'Afrique. Récemment, nous avons fait jeu égal avec le Cameroun et l'Égypte, qui ont remporté la compétition ces dernières années. Je pense qu'avec le football offensif que nous pratiquons, tous les espoirs sont permis", poursuit-il.
À l'issue d'Angola 2010, le technicien italien Dario Bonetti a pris la succession du Français Hervé Renard. Ancien international, l'ex-défenseur de la Juventus se distinguait sur le terrain par sa hargne légendaire. Pourtant, sous son impulsion, la Zambie s'est taillé la réputation d'une équipe résolument tournée vers l'offensive. "Il connaît parfaitement son métier. Il nous parle beaucoup à l'entraînement. Il nous demande souvent de ne pas ménager nos efforts et de jouer le football qui nous est le plus naturel. La qualité de passe reste notre point fort et il n'a pas hésité à s'appuyer là-dessus", confirme Chansa.
Jusqu'à présent, la Zambie a souvent été victime de préparations désastreuses à l'heure d'aborder les grandes échéances. La période apaisée qui a précédé le voyage en Angola a donc fort logiquement porté ses fruits. Avec l'arrivée à sa tête de l'ancien Joueur africain de l'année Kalusha Bwalya, la Fédération zambienne de football a adopté une approche beaucoup plus professionnelle. Désormais, toutes les conditions semblent réunies pour que les Chipolopolo exploitent pleinement leur énorme potentiel.
Les qualifications pour la CAN reprendront le week-end du 25 mars et se poursuivront en octobre. Le vainqueur de chaque groupe, ainsi que les trois meilleurs deuxièmes, disputeront la phase finale, dont le coup d'envoi sera donné en début d'année prochaine.
