Marcel Koller occupe les fonctions de sélectionneur de l'Autriche depuis maintenant trois mois. Le Suisse de 51 ans a pris la succession de Dietmar Constantini avec la ferme intention de mener le 71ème du Classement mondial FIFA/Coca-Cola en phase finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Pour cela, le nouvel homme fort du football autrichien a un programme simple : agir !
Dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com, l'ancien entraîneur du FC Wil, de St. Gall, des Grasshoppers Zurich, du FC Cologne et du VfL Bochum évoque ses projets, ses espoirs et ses ambitions.
Marcel Koller, comment avez-vous vécu ces premiers mois à la tête de la sélection autrichienne ?
Je suis officiellement en poste depuis le 1er novembre mais, dans les faits, j'ai commencé à travailler dès l'annonce de ma nomination, début octobre. J'ai le sentiment de vivre une grande et belle aventure. Il s'agit de quelque chose de tout à fait nouveau pour moi, car je n'avais jusqu'ici entraîné qu'en club. L'Autriche dispose aujourd'hui d'une équipe jeune et talentueuse. Plusieurs internationaux se sont déjà fait un nom en Allemagne.
Quel souvenir gardez-vous de votre premier match en tant que sélectionneur à la mi-novembre, contre l'Ukraine ?
J'avais hâte de rentrer dans le vif du sujet. J'ai vécu la préparation de ce match de manière très intense. Il m'a également fallu désigner mes collaborateurs. J'ai maintenant la chance d'avoir à mes côtés une équipe formidable, qui connaît les exigences du niveau international. La première semaine de travail avec les joueurs s'est très bien passée. Je suis satisfait de ce que nous avons pu mettre en place. Bien entendu, on ne peut pas tout changer en si peu de temps mais dans l'ensemble, je suis très content. Seul le résultat du match me chagrine. Sur le plan technique, l'équipe a réalisé quelques séquences intéressantes, inspirées de ce que nous avions mis en place à l'entraînement. Nous avons tenu la dragée haute à un adversaire de renom et nous nous sommes procuré de nombreuses occasions. Ces points positifs ne doivent cependant pas nous faire oublier que nous avons concédé un but décisif (1:2) en fin de partie, alors que nous étions en supériorité numérique.
Les critiques qui ont accompagné votre nomination vous ont-elles touché ?
Cela fait partie du jeu. J'ai traité cette situation très tranquillement. Évidemment, j'aurais préféré que l'on évite d'attaquer mon travail avant même que je m'attelle à la tâche mais j'aborde cette nouvelle étape de ma carrière avec beaucoup d'humilité. Je suis prêt à faire face aux critiques. Toutefois, j'ai le sentiment que les commentaires sont beaucoup plus positifs aujourd'hui, aussi bien dans la presse que parmi les supporters.
L'Autriche se prépare à affronter l'Allemagne, la Suède, la République d'Irlande, les îles Féroé et le Kazakhstan dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA 2014™. Quel regard portez-vous sur vos prochains adversaires ?
Nous étions dans le quatrième chapeau et nous sommes tombés sur trois nations qualifiées pour l'UEFA EURO 2012. Dans ces conditions, nous ne figurerons certainement pas parmi les favoris. L'Allemagne fait partie des trois meilleures équipes du monde à l'heure actuelle. La Suède et l'Irlande ont montré de quoi elles étaient capables dans les qualifications pour l'Euro. Néanmoins, nous ne voulons pas nous contenter de participer. Nous allons tout faire pour nous mêler à la lutte pour l'une des deux premières places. Cette qualification, nous en rêvons tous !
Où en est le football autrichien aujourd'hui ? A-t-il progressé ces dernières années ?
Le nombre de joueurs autrichiens qui évoluent à l'étranger témoigne de la qualité du travail réalisé dans ce pays. Le championnat est beaucoup plus équilibré et, depuis quelques années, on retrouve régulièrement entre deux et quatre clubs autrichiens en phase de groupes de l'UEFA Europa League. En 2008, l'équipe nationale a réalisé des performances intéressantes pendant l'Euro, lesquelles n'ont malheureusement pas été récompensées par une victoire. La suite a été un peu plus compliquée. C'est pour cette raison que je me retrouve aujourd'hui aux commandes.
L'Autriche a participé à la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2011 en Colombie. Elle avait atteint les demi-finales de l'édition 2007, disputée au Canada. Peut-on dire que la formation constitue l'un des points forts du football autrichien ?
J'ai eu l'occasion de visiter le centre de formation de l'Austria Vienne et je dois dire que j'ai été impressionné par la qualité des installations. Depuis un certain temps, l'Autriche figure régulièrement en phase finale des grandes compétitions internationales dans les catégories de jeunes. Tout cela n'aurait pas été possible sans l'excellent travail réalisé dans les centres de formation. C'est au cours des premières années qu'un footballeur apprend les bases qui lui serviront tout au long de sa carrière. La Fédération autrichienne a fait un pas dans la bonne direction en lançant il y a quelques années Projekt12, un programme de détection des jeunes.
Quel style de jeu voulez-vous imprimer à votre équipe ?
Dans l'idéal, une équipe devrait toujours agir pour ne pas avoir à réagir. Bien entendu, on ne peut pas tout contrôler pendant toute la rencontre mais la maîtrise du ballon reste un élément essentiel. Mes joueurs peuvent et doivent prendre davantage de risques sur le plan offensif. Mais dans un premier temps, je veux qu'ils restent concentrés et motivés du début à la fin.
Quel est l'aspect de votre métier que vous appréciez le plus ?
Depuis que je suis tout petit, le football est ma passion. J'ai eu la chance d'en faire mon métier. J'ai d'abord vécu cette passion en tant que footballeur. Assez rapidement, j'ai décidé de devenir entraîneur. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu à regretter mes choix.
Et quels sont les mauvais côtés ?
(rires) Je vois toujours le verre à moitié plein !
