Alain Giresse, sélectionneur du Mali, et Gernot Rohr, sélectionneur du Gabon, qui s'affrontent en quarts de finale de la CAN-2012, ont partagé le même vestiaire pendant 10 ans à Bordeaux avant d'être rivaux voire ennemis, puis de normaliser leurs relations.

"On a fait beaucoup des batailles ensemble mais là, ce sera l'un contre l'autre", résume Rohr alors que Giresse préfère ne pas évoquer ses relations avec son ancien coéquipier avant le quart de finale: "Je parle de Mali-Gabon".

Cela a commencé par une idylle. Le défenseur allemand arrive aux Girondins de Bordeaux en 1977 où évolue déjà Giresse. L'année suivante, Claude Bez prend en mains les destinées du club pour construire "une équipe extraordinaire coachée par Aimé Jacquet", avec comme le rappelle Rohr: "Bernard Lacombe, René Girard, Marius Tresor au début, Patrick Battiston Leonard Specht, Dieter Muller... Gigi était le créateur et buteur".

"Cela a été dix années magnifiques. On a vécu les grandes heures des Girondins. J'étais plutôt le porteur d'eau", se souvient Rohr. Les titres s'enchainent mais l'appétit de Bez, qui veut faire de Bordeaux le premier club à remporter une Coupe d'Europe, est insatiable.

Et à force de faire venir de nouveaux joueurs, il délaisse la perle Giresse qui signe en 1986 à Marseille chez Bernard Tapie, qui commence à faire de l'ombre aux Girondins.

"Il m'a donné des tuyaux"
Selon la presse de l'époque, le président bordelais prend le transfert comme une trahison. Et, lors du retour à Bordeaux, c'est Rohr qui prend Giresse au marquage. Un marquage serré qui conduira à l'exclusion de l'Allemand pour une empoignade avec Abdoulaye Diallo, venu défendre "Gigi", après de multiples fautes du défenseur.

"Comme je n'ai jamais voulu faire de cadeaux, je n'ai pas fait de cadeaux à Gigi quand on m'a demandé de le marquer, et après, il y a eu un petit froid. Et après, on s'est réconcilié, c'est une belle histoire", résume Rohr.

"Ce sont les aléas du football. Lorsqu'on est gagneur, il peut y avoir des étincelles. C'est ce qu'il y a eu ! Mais ce qui fait le charme du football, c'est de pouvoir se réconcilier après. Il m'a donné des tuyaux quand je suis arrivé ici", se souvient Rohr.

"Je n'ai pas de problème avec lui, je lui souhaite bonne chance", avait affirmé Giresse après son éviction du poste de sélectionneur du Gabon après la CAN-2010, Rohr prenant la suite.

"On a des relations amicales. On s'est croisé à Franceville. Ils (les Maliens) prenaient l'avion duquel nous descendions, c'était sympa", ajoute Rohr, qui s'en réfère au passé quand on lui demande l'issue du quart de finale: "Jamais 2 sans 3. On a éliminé deux coaches ex-Marseillais (Eric Gerets/Maroc, Rolland Courbis/Niger). On aimerait en éliminer un troisième".