En validant son billet pour les demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2012, la Zambie a rempli l'objectif qu'elle s'était elle-même fixé. Toutefois, le sélectionneur Hervé Renard n'entend évidemment pas en rester là.  

Les Chipolopolo semblent prêts à renouer avec leur glorieux passé, comme en témoigne leur large victoire (3:0) sur le Soudan, samedi 4 février à Bata. À en croire le technicien français, la présence de la Zambie à ce niveau de la compétition n'a pourtant rien d'une surprise. Il faut dire que les buts inscrits par Stopilla Sunzu, le capitaine Chris Katongo et James Chamanga ont de quoi lui faire voir la vie en rose.

"Je crois que beaucoup de gens ne connaissent pas mon équipe", estime-t-il au micro de FIFA.com. "Personne ne parlait de nous pour le titre. Nous sommes passés inaperçus. "N'oubliez pas que nous n'avons pas manqué une phase finale depuis 2004. Certains participent à cette compétition pour la quatrième fois et ils ont beaucoup appris au fil des matches." Renard lui-même n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai, lui qui a déjà eu l'occasion de mener les Chipolopolo en phase finale du grand rendez-vous africain en 2010. "Nous n'avons pas eu de chance la dernière fois en quarts de finale. Nous sommes donc d'autant plus ravis d'avoir franchi ce cap."

L'ancien défenseur assure que ses joueurs ont tout à fait leur place en finale, le 12 février à Libreville. La Zambie n'a certes jamais remporté la prestigieuse épreuve continentale mais les Zambiens ont participé à 11 phases finales sur 12, ont atteint la finale à deux reprises, en 1974 et 1994, et se sont classés troisièmes par trois fois. Une constance au plus haut niveau qui fait de cette équipe l'une des valeurs sûres du football africain. "Les joueurs sont ensemble depuis longtemps. Il est vrai que nous n'avons pas de vedettes, contrairement à la plupart des autres formations. Ici, la star, c'est l'équipe", confie Renard. "C'est un gros avantage car nous n'avons pas peur des autres sélections."

Leçons retenues
Du coup, Renard a lancé un nouveau défi à ses joueurs : jouer la finale. "Nous sommes arrivés ici avec l'ambition d'accéder aux demi-finales", rappelle-t-il. "C'était un objectif relevé car le pays n'avait plus atteint ce niveau de la compétition depuis 1996. Si nous sommes présents dans le dernier carré aujourd'hui, c'est avant tout parce que nous avons su retenir les leçons de l'édition 2010", poursuit le sélectionneur, qui n'a visiblement pas oublié l'échec aux tirs au but contre le Nigeria. "Tout ce que nous avons vécu jusqu'à présent nous a servi à mieux gérer notre parcours."  

Toutefois, la victoire contre le Soudan n'a rien eu d'une promenade de santé, contrairement à ce que le score final pourrait laisser croire. "Comme nous nous y attendions, ce fut un match difficile", commente l'entraîneur après le large succès 3:0 des siens. "Les Soudanais ne sont pas très rapides mais ils possèdent une excellente technique individuelle. Nous avons entamé la seconde mi-temps sur un faux rythme mais, heureusement, Rainford Kalaba a obtenu un penalty au terme d'une superbe action individuelle. Nous avons eu un peu de réussite sur le deuxième but. À 2:0 et face à un adversaire réduit à dix, les choses sont devenues plus faciles."  

Dans l'euphorie du moment, le Français a ensuite amené tout son staff en conférence de presse, afin de présenter ses assistants aux médias. "Je ne travaille jamais seul. De nos jours, aucun entraîneur ne peut se le permettre. Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli. Maintenant, nous allons tout donner pour faire le voyage au Gabon le 12 février." Les Chipolopolo ont rendez-vous avec leur destin et avec le Ghana le 8 février à Bata.