Les fratries constituent un thème récurrent du football international. La 28ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF ne fait pas exception à la règle. En marge des quatre fratries représentées sur la ligne de départ, on a suivi intérêt le passage de témoin entre pères et fils, au sein des différentes sélections.

FIFA.com fait le point sur les affaires de famille au Gabon et en Guinée équatoriale.

Présentée comme l'une des formations les plus ambitieuses de la compétition, la Côte d'Ivoire dispose de l'une des meilleures doublettes du moment. Kolo Touré et son jeune frère Yaya Touré, qui évoluent ensemble à Manchester City, ont délaissé les joutes de Premier League dans l'espoir de ramener un trophée à Abidjan. Les deux hommes ont été sacrés champions de Côte d'Ivoire dans leur jeunesse mais n'ont rien gagné depuis en sélection ou avec les Citizens. En effet, l'ancien défenseur d'Arsenal purgeait une suspension de six mois au moment où son club a remporté la FA Cup.  

"Ce serait fabuleux de soulever le trophée. Yaya et moi, nous avons très envie de remporter cette Coupe d'Afrique", confie Kolo. Sans surprise, l'aîné se dit ravi d'évoluer aux côtés de son frère. "C'est une chance pour moi de jouer dans la même équipe que lui. De toute façon, il règne une magnifique ambiance dans ce groupe. J'espère vraiment que nous allons gagner", précisait-il avant le début de la compétition.

Malgré son statut d'aîné, Kolo profite souvent des bons conseils de son cadet, récemment sacré Footballeur africain de l'année. "J'essaye de l'aider mais, franchement, je ne peux pas faire grand-chose pour lui. Il a plus d'expérience que moi dans le football. Il a joué à Barcelone, la meilleure équipe du monde, et il a gagné la Ligue des champions. Je n'ai pas à me plaindre, j'ai eu une belle carrière. Mais quand je vois ce que mon frère est en train de réussir, il n'y a pas de comparaison possible."   

Tel père, tels fils
Les Ghanéens André et Jordan Ayew doivent quant à eux assumer un lourd héritage. En effet, leur père n'est autre que le célèbre Abedi Pelé, champion d'Afrique 1982 et finaliste malheureux dix ans plus tard avec les Black Stars. Tous deux évoluent à l'Olympique de Marseille, le club où leur père a construit sa renommée. Jordan (20 ans) est un attaquant de formation, tandis qu'André (22 ans) est plus à l'aise dans l'entrejeu. Leur frère aîné Abdul avait été appelé pour disputer la CAN 2010 en Angola mais Goran Stevanovic a choisi de se passer de ses services cette fois-ci.

Auteur du but de la victoire contre la Tunisie en quart de finale, André apprécie particulièrement la compagnie de son frère : "C'est toujours particulier de jouer avec Jordan". En revanche, le Marseillais n'a pu que regretter l'absence d'Abdul. "C'est pourtant un très bon joueur. Je suis sûr qu'il sera bientôt de retour en sélection."

Ce serait fabuleux de soulever le trophée. Yaya et moi, nous avons très envie de remporter cette Coupe d'Afrique.
Kolo Touré, défenseur ivoirien



Les Ayew ne sont pas les seuls descendants d'illustres footballeurs présents au Gabon et en Guinée équatoriale. Le Stéphanois Pierre-Emmerick Aubameyang, qui a manqué sa tentative lors de la séance de tirs au but contre le Mali, en quart de finale, a été consolé par son père Pierre Aubameyang, lui-même ancien capitaine des Panthères et vétéran des éditions 1994 et 1996 de l'épreuve continentale.

Un de chute
Le capitaine zambien Christopher Katongo évolue aux côtés de son jeune frère Felix. Le premier, attaquant de Henan Construction, a déjà trouvé le chemin des filets à trois reprises. Le second, sous contrat avec les Green Buffaloes, déploie toute son énergie au milieu de terrain.

Trois des quatre fratries sur la ligne de départ sont encore en course. Seuls les Traoré du Burkina Faso manquent à l'appel. Mis à l'essai l'année dernière par Chelsea, le jeune Bertrand Traoré (16 ans) est devenu le troisième plus jeune joueur de l'histoire de la compétition, à l'occasion du troisième et dernier match des Étalons. Comme son aîné, l'Auxerrois Alain, Bertrand est un milieu de terrain. Pour lui, cette première aventure continentale était avant tout l'occasion d'accumuler de l'expérience. "J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je suis très reconnaissant au sélectionneur de m'avoir appelé pour ce tournoi. J'ai franchi un nouveau palier en participant à mon premier match."