Dans la liste des sélectionneurs des quatre demi-finalistes de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2012, François Zahoui a des allures d'intrus. Seul technicien africain encore en lice, il se trouve à la tête de la sélection donnée grandissime favorite.
Pour autant, Zahoui se considère-t-il comme le représentant de la corporation des entraîneurs africains ? "Il est vrai que mes collègues africains n'ont pas toujours été placés dans les meilleures conditions", temporise au micro de FIFA.com un Zahoui qui a troqué ses dreadlocks contre un crâne rasé. "Les Européens expatriés en Afrique se voient généralement offrir davantage de moyens. Toutefois, la question n'est pas de savoir s'il vaut mieux choisir un entraîneur africain ou européen. Tout est une question de confiance. Mes dirigeants m'ont accordé la leur et ils me laissent toute latitude pour mener à bien ma mission. De plus, j'ai la chance d'avoir à ma disposition un groupe de qualité. Ce sont des paramètres importants."
Pionnier dans l'âme, Zahoui était déjà entré dans l'histoire en devenant le premier international africain à évoluer en Serie A italienne. Mercredi 8 février 2012, l'ancien milieu de terrain trouvera face à lui le Français Alain Giresse, actuel sélectionneur du Mali. Les deux joueurs ont eu l'occasion de se mesurer à l'époque où ils évoluaient dans le championnat de France. "C'était un magicien balle au pied", se souvient Giresse, qui ne manquait lui-même pas de talent.
Malgré le respect qui semble exister entre les deux sélectionneurs, il y a fort à parier que la Côte d'Ivoire et le Mali ne se feront aucun cadeau. Il faut dire que l'enjeu est de taille : à l'issue de la demi-finale disputée au stade de l'Amitié de Libreville, les Éléphants ou les Aigles devront dire adieu à leurs rêves de gloire continentale.
Être les meilleurs d'Afrique
Zahoui espère offrir à la Côte d'Ivoire un nouveau titre continental, 20 ans après le premier triomphe. Les Éléphants sont donnés favoris, ce qui n'est pas forcément pour plaire à leur sélectionneur. "Ce n'est pas un statut évident à assumer, surtout lorsque vous jouez contre une équipe qui n'a rien à perdre", estime-t-il. "Nous savons que les Maliens vont tout donner. Dans ces conditions, les pronostics ne pèsent pas bien lourd. Notre objectif n'a pas changé. Nous voulons toujours être les meilleurs en Afrique. Si nous restons concentrés et déterminés, nous pouvons les battre."
De son côté, Giresse répète à l'envi que les Ivoiriens sont aujourd'hui les "Brésiliens de l'Afrique". Le Mali se trouve donc face à un défi de taille. Vainqueurs du Gabon aux tirs au but dimanche dernier, les Aigles ont beaucoup souffert physiquement. Pour contrer les effets de la fatigue, le Français a donc été contraint de réduire sa préparation au strict minimum. "La motivation ne sera certainement pas un problème", reconnaît l'ancien Bordelais, avant d'aborder le principal atout offensif adverse. "Je n'ai pas de plan anti-Didier Drogba, mes défenseurs connaissent Drogba aussi bien que moi. Ils savent ce qu'ils ont à faire. En revanche, j'ai un plan anti-Côte d'Ivoire..."
Mais Giresse a d'ores et déjà promis que son équipe ne se contenterait pas de défendre. "Ce sera un match très disputé. Si vous avez peur avant même que le match commence, ce n'est pas la peine de venir au stade. Nous sommes conscients de l'ampleur du défi qui nous attend mais nous ne laisserons pas l'appréhension nous dicter nos actes."
