Le rideau s'est baissé sur la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2012, après le couronnement historique de la Zambie. Une page se tourne puisque l'Egypte, avec sa ribambelle de stars, avait battu tous les records en remportant les trois dernières éditions de cette compétition.

Plus largement, le couronnement des Chipolopolos sonne le glas de la domination des équipes arabes, qui ont gagné les huit dernières éditions de la plus prestigieuse compétition du Continent Mère. La Tunisie avait ouvert la marche en remportant la CAN 2004 chez elle, avant que l'Egypte ne s'impose en 2006, 2008 et 2010.

Les équipes arabes n'ont pas seulement cédé le trophée, elles sont aussi absentes du dernier carré, une première depuis 2002 après la défaite (0:1) de l'Egypte face au Cameroun en quart de finale. La qualification de la Libye et l'arrivée du Soudan en quart de finale pour la première fois depuis 1970 font toutefois figure d'éclaircies dans le ciel ténébreux du ballon rond arabe.

FIFA.com fait  le point sur les performances de la Tunisie, du Soudan, du Maroc et de la Libye à la CAN 2012.

La Tunisie paye ses erreurs
La Tunisie est entrée dans la compétition avec de grandes ambitions ayant remporté le Championnat d'Afrique des Nations de la CAF sous la direction de Sami Trabelsi. Ce dernier avait fait appel pour la CAN 2012 aux stars des championnats européens, aux vainqueurs du CHAN 2011 et aux joueurs de l'Espérance de Tunis ayant participé à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2011.

Au top de leur préparation technique et physique, les Aigles de Carthage ont été au rendez-vous pour leur match d'ouverture face au Maroc. Mais leur niveau de jeu s'est écroulé dans le deuxième match face au Niger, un but dans les dernières minutes leur permettant tout de même d'arracher la victoire. Les Tunisiens ont retrouvé leurs moyens face au Gabon, mais une bourde défensive leur a coûté la première place du groupe. Ils ont ainsi dû affronter le Ghana en quart de finale et, malgré un match héroïque contre les Black Stars, une faute de main du gardien Aymen Mathlouthi dans le temps additionnel leur a été fatale.

Malgré leur élimination, le sélectionneur Sami Trabelsi s'est déclaré globalement satisfait de ses troupes : "Nous méritions mieux que ça. Les joueurs ont donné le maximum et ont dominé le Ghana. Nous devions aller plus loin".

Le Soudan comblé
Peu de monde voyait le Soudan atteindre les quarts de finale, mais les Faucons de Jediane ont pris tout le monde à contre-pied. Après avoir vendu chèrement sa peau (0:1) face à la Côte d'Ivoire, le Soudan a obtenu un point important face à l'Angola, grâce à un doublé d'Ahmed Al Basha, ouvrant le compteur de son pays bloqué depuis 1976. Il a ensuite obtenu une victoire précieuse (2:1) face au Burkina Faso, la première depuis 1970, année où les Soudanais ont décroché le titre à domicile, avant de perdre en quart face à une Zambie future championne.

En trouvant place dans le grand huit africain, les protégés de Mohammed Abdullah Mazda ont pleinement rempli leur objectif. "Je suis très heureux. Nous avons bien joué, avec une équipe jeune, qui est entrée dans l'histoire", résumait ainsi le sélectionneur. "Nous avons prouvé que nous pouvions tenir la dragée haute aux grandes équipes. Il nous faut désormais engranger de l'expérience afin d'être plus décisif dans la prochaine compétition".

La révolution libyenne
Les Libyens se sont qualifiés pour la grande fête du football africain sur le fil du rasoir et ont eu tout le mal du monde à se préparer correctement pour la compétition. Compte tenu des circonstances extra-footballistiques, ils n'auront pas à rougir de leurs performances à la CAN 2012. Toutefois, le manque de préparation et le peu d'expérience leur ont été fatals, les empêchant d'obtenir leur sésame pour les quarts.

La Libye a résisté à la pression de la Guinée Équatoriale, portée par des supporters assoiffés de victoire, et n'a cédé qu'après une erreur dans les dernières minutes. Mais l'équipe s'est bien reprise face à la Zambie, concédant un nul (2:2) après avoir mené au score. Elle a ensuite écrit une des plus belles pages du football libyen en s'imposant (2:1) face au Sénégal, décrochant ainsi sa première victoire depuis la CAN 1982.

"Je suis soulagé par le niveau de l'équipe, qui est montée en puissance au cours de la compétition", analysait après coup le sélectionneur brésilien Marcos Paqueta. "J'espère que les circonstances nous seront plus favorable dans le futur, après cette performance prometteuse, et que nous participerons à la prochaine CAN".

Cruelle désillusion pour le Maroc
La sortie du Maroc dès le premier tour et la seconde journée est une des plus grandes surprises de cette CAN. Les Lions de l'Atlas sont entrés dans la compétition en toute confiance après leurs résultats remarquables obtenus en qualifications, dont la victoire fleuve face à l'Algérie. La stabilité de leur staff et leur arsenal de stars évoluant en Europe semblaient aussi jouer en leur faveur, mais leurs rêves sont vite partis en fumée.

Les Marocains étaient bien conscients de l'importance de leur duel face aux Tunisiens dans leur premier match, mais ils se sont inclinés (1:2). Ils n'avaient alors plus droit à l'erreur face au Gabon, mais ont pourtant perdu (2:3), se faisant ainsi sortir prématurément, avant de sauver l'honneur (1:0) face au Niger.

Après avoir perdu en finale face à la Tunisie en 2004, le Maroc s'est fait sortir dès le premier tour lors de ses deux dernières participations à la CAN, en 2006 et 2008, et ne s'est même pas qualifié pour Angola 2010.

Les dirigeants comptaient sur Éric Gerets, l'expérimenté technicien belge, pour faire l'amalgame entre ses individualités. Après des qualifications brillantes, le Lion de Rekem a échoué en phase finale, mais assume : "Je ferai face à la colère du public comme il se doit. Tout le monde attendait beaucoup de nous dans cette compétition mais nous avons commis des erreurs individuelles, nous avons gâché des occasions et nous avons payé le prix fort. Nous devons nous concentrer maintenant sur les qualifications pour la Coupe du Monde et la prochaine CAN, et tout faire pour retrouver notre rang".