La défaite du Portugal, samedi face à l'Allemagne (1-0) lors de son entrée en lice dans de l'Euro-2012 (groupe B) à Lviv, représente un mauvais départ mais l'équipe de Paulo Bento, qu'on savait limitée, peut néanmoins s'appuyer sur des enseignements porteurs d'espoir.
Le mot "malchance" résonnait en portugais dans les travées du stade après le match. "On a eu beaucoup de malchance", a dit le sélectionneur; "on n'a pas eu de chance, alors qu'on a eu plus d'occasions, en tout cas plus nettes que l'Allemagne", a développé Cristiano Ronaldo.
Le capitaine faisait référence aux deux actions sur lesquelles Pepe trouvait la barre puis le poteau, juste avant la pause, et quand le centre-tir de Nani venait mourir sur la transversale en toute fin de partie. Deux occasions très nettes, quand l'Allemagne manquait systématiquement le cadre.
"C'est injuste, estimait Ronaldo. Mais si nous jouons comme ça, on aura l'occasion de battre n'importe qui". Avant d'ajouter: "J'ai vu Jose Mourinho, il nous a complimentés, il a dit qu'il avait une grande confiance en nous et nous a souhaité bonne chance. Pour lui, si on joue comme ça, on gagnera".
Il faut dire que le Portugal joue avec ce qu'il a dans le secteur offensif, c'est-à-dire pas grand-chose hormis les ailiers Ronaldo et Nani. Helder Postiga, titularisé en pointe, a fait de la figuration, aussi maladroit comme point de fixation que dans ses appels.
Son concurrent Hugo Almeida n'est guère plus efficace, et Nelson Oliveira, entré en fin de match quand Almeida cirait encore le banc, semble encore un peu juste (il n'a que 20 ans et a très peu joué à Benfica cette saison).
Coentrao renaît
Bousculée lors d'une préparation médiocre (nuls 0-0 contre Pologne et Macédoine et défaite 3-1 face à la Turquie), la Selecçao s'est rassurée défensivement en tenant tête au secteur offensif allemand: les trois attaquants de la Nationalmannschaft, Müller, Gomez et Podolski, n'ont quasiment pas pu s'exprimer. Et Özil fut plutôt discret, hormis en début de seconde période. Gomez aura marqué sur son unique occasion.
"Le Portugal a bien résisté, a constaté Özil. C'est une équipe très forte, avec beaucoup de qualités et elle nous a rendu le match difficile". Son adversaire direct Miguel Veloso, quoique lent dans la relance, lui a effectivement posé des problèmes et s'est un peu rassuré après son naufrage contre la Turquie.
Le Portugal savait de toute façon qu'il lui serait difficile d'imprimer son propre rythme face au vice-champion d'Europe. "L'Allemagne a eu plus la balle, l'a mieux fait circuler et contrôlé le jeu, mais on a bien défendu", s'est félicité Paulo Bento.
Le sélectionneur peut s'appuyer sur d'autres bonnes nouvelles: Coentrao a retrouvé son niveau "benfiquiste", loin de ses prestations moyennes affichées avec le Real Madrid, et Moutinho a pris le jeu à son compte avec quelques remontées de balle intéressantes (compensant l'étrange transparence de Raul Meireles).
Ronaldo et Nani ont quant à eux fait preuve d'une montée en puissance durant la partie: de bon augure pour le prochain, mercredi contre le Danemark à Lviv?
