A 20 ans, la plupart des footballeurs font à peine leurs premiers pas dans le professionnalisme. Lionel Messi, lui, a brûlé les étapes. Idole d'un des plus grands clubs de la planète, il est champion d'Espagne, il a disputé une Coupe du Monde de la FIFA et tous les observateurs s'accordent à le placer dans le cercle des meilleurs joueurs du monde.
Malgré tout, "Leo" ne perd pas la simplicité propre aux jeunes gens de son âge. Doté d'un culot monstre sur le terrain, il se montre aimable et posé dès qu'il quitte le rectangle vert. Alors que sa réputation et son avenir radieux pourraient lui faire perdre les pédales, la jeune star argentine a répondu aux questions de FIFA.com en toute humilité.
La nouvelle perle du football mondial s'est prêtée au jeu sans retenue, évoquant tour à tour le haletant sprint final de la Liga, son avenir en Catalogne et l'élimination de l'Argentine à Allemagne 2006. Messi n'a pas non plus caché son admiration pour son coéquipier Ronaldinho, qu'il considère comme le meilleur joueur du monde.
Lionel, à deux journées de la fin de la Liga, le Barça est
au coude à coude avec le Real Madrid et le FC Séville pour le
titre. Quelles sont vos impressions ?
Oui, cette fin de saison est très serrée. Les trois
clubs ont de bonnes chances de l'emporter. C'est vrai que
le Real a l'avantage pour le moment, mais je fais confiance à
l'équipe. Nous avons les moyens de décrocher le titre, ce qui
serait une joie immense.
D'autant plus qu'à un moment donné, l'écart
creusé par le FC Barcelone semblait impossible à combler...
C'est vrai, mais ce n'est pas facile de
maintenir le même rythme pendant toute la saison. Et puis, il ne
faut pas oublier qu'au début de l'année, nous avons été
handicapés par plusieurs blessures. De son côté, le Real a connu
une bonne passe, ce qui a resserré le classement en tête de la
Liga. Mais ces dernières semaines, nous avons retrouvé notre niveau
de jeu, ce qui nous rassure pour la suite des événements.
La finale de la Ligue des Champions a été disputée il y a
deux semaines. Avez-vous la sensation que vous auriez pu être à
Athènes pour défendre votre titre ?
Oui, bien sûr. Nous avons été très tristes
d'être éliminés si tôt dans la compétition par Liverpool et de
voir les Anglais jouer la finale. Mais l'an prochain, nous
serons de nouveau là, avec une nouvelle occasion de remporter ce
titre.
Ce serait l'occasion pour vous de disputer votre
première finale dans cette épreuve puisque l'an dernier, vous
étiez forfait sur blessure...
Ça fait partie de mes rêves : être sur le terrain
et remporter cette compétition. Même si je n'ai pas pu jouer
l'an dernier, j'ai beaucoup apprécié la façon dont nos
avons gagné l'an dernier.
Il s'est passé beaucoup de choses depuis.
Aujourd'hui, vous faites partie des meilleurs joueurs du monde.
Certains de vos coéquipiers, dont Zambrotta et Saviola, vous
considèrent même comme
le meilleur...
Non, non (
rires). Je ne crois pas être arrivé à ce stade. C'est
un honneur qu'ils disent ça de moi. J'essaie de bien jouer
à tous les matches et d'aider mon équipe, mais je ne suis pas
le meilleur joueur du monde.
Pourtant, le but que vous mettez contre Getafe (ndlr: un
slalom éblouissant qui rappelait étrangement le but de Maradona
lors du quart de finale de Mexique 86 contre l'Angleterre), il
n'est pas donné à n'importe qui... Comment le voyez-vous
avec deux mois de recul ?
C'est super de marquer un but comme ça ; je ne
sais pas si je pourrai en remettre un comme ça un jour. Ça me fait
déjà plaisir à chaque fois que j'y repense. Je m'en
souviendrai toute ma vie.
Si ce n'est pas vous, qui est alors le meilleur joueur
du monde ?
Je l'ai toujours dit, c'est Ronaldinho.
C'est un joueur impressionnant, capable d'inverser le cours
d'une rencontre à n'importe quel moment. Depuis que nous
jouons ensemble, j'essaie d'apprendre un maximum de choses
à son contact. En plus, c'est un grand ami.
Et quand viendra l'heure de Messi ?
Je ne sais pas si j'arriverai un jour à ce
niveau. Pour l'instant, je vis un rêve et je veux le prolonger
aussi longtemps que possible.
En tout cas, vous êtes devenu une véritable icône à
Barcelone, à tel point que les rumeurs de transfert à votre sujet
semble s'être évaporées...
Oui, heureusement, on n'entend plus parler de
ça. A Barcelone, je suis chez moi. Quand je suis arrivé, les gens
se sont très bien occupés de moi, je n'ai aucune intention de
partir. Je veux encore gagner beaucoup de titres avec ce club.
Une fois la Liga terminée, un autre défi vous attend : la
Copa América. Etes-vous motivé pour la disputer ?
Oui, très. C'est une motivation énorme pour moi
de jouer avec la sélection argentine. C'est clair : je veux
jouer la Copa América et intégrer le groupe qui se rendra au
Venezuela.
De façon générale, les Argentins semblent plus motivés que
les autres joueurs pour disputer cette compétition. C'est vrai
?
Oui, nous sommes tous très motivés, mais je
comprends tout à fait la position de joueurs comme Ronaldinho ou
Kaká, qui ont décidé de faire l'impasse. La saison européenne
est épuisante. Ils ont besoin de se reposer et c'est bien
normal.
Lionel Messi va-t-il remporter son premier titre avec les A
à Venezuela 2007 ?
J'espère. Dans un premier temps, je veux
intégrer le groupe, après, être titulaire et ensuite, faire de
bonnes performances. Nous voulons tous gagner, après l'immense
déception de la dernière Copa América, que nous avions perdue à la
dernière minute.
Il y a quasiment un an, vous étiez à Allemagne 2006. Ça
vous a fait mal de ne pas disputer le match décisif contre
l'Allemagne ?
Non, ce qui m'a fait le plus mal, c'est
l'élimination, car nous étions décidés à aller plus loin. Bien
sûr que j'aurais eu envie d'aider l'équipe sur ce
match, mais le sélectionneur a choisi ses joueurs et je le
respecte. De toute façon, j'étais déjà très heureux d'être
à la Coupe du Monde.
A tout juste 20 ans, vous jouez au FC Barcelone et vous
faites partie du gratin mondial. Que demander de plus ?
Gagner une Coupe du Monde avec l'Argentine et
plusieurs Ligues des Champions avec le Barça ! (
rires)
(*) Lionel Messi a parlé à fifa.com lors d'un événement de promotion de la Coupe du Monde de Beach Soccer (2-11 novembre 2007, Rio) de la FIFA auquel il participait.




