La France a terminé la saison 2006-07 en confortant sa place en tête du groupe B des éliminatoires de l'Euro-2008, avec une victoire laborieuse (1-0) face à la modeste Géorgie, dans un match qui a permis à Nasri, 19 ans, de briller avec un premier but pour sa 3e sélection.

Les Bleus ont donc rendu avec les honneurs leurs devoirs de vacances et n'ont plus qu'à prendre du repos en vue d'une rentrée chargée, avec un examen crucial dans l'optique de l'Euro, le 8 septembre en Italie.

Raymond Domenech a remis une copie presque parfaite dans les éliminatoires avec 6 succès sur 7 matches (et 1 défaite).

Le sélectionneur pourra aussi se targuer d'un après-Zidane bien géré, avec 9 victoires sur 11 matches post-Mondial (et 2 défaites), amicaux et qualificatifs à l'Euro confondus.

En privilégiant la continuité et en reconduisant son 4-2-3-1 vainqueur contre l'Ukraine samedi dernier (2-0), Domenech a permis à son jeune et brillant élève Nasri d'honorer sa 3e sélection, sous l'oeil bienveillant de Thuram, qui fêtait sa 130e cape à Auxerre, lui le passeur de savoir entre les générations bleues.

Frustration
La titularisation du "minot" s'est faite aux dépens de Djibril Cissé, dont le passé glorieux à l'AJA n'a pas suffi pour convaincre le sélectionneur de passer à un 4-4-2 qui aurait permis à l'attaquant tatoué et peroxydé de débuter la rencontre. Cissé est finalement rentré à la 65e minute.

Le seul changement par rapport au début de match contre les Ukrainiens a été la 5e sélection attendue de Landreau à la place de Coupet, blessé et forfait depuis dimanche.

L'autre différence avec le match de samedi dernier est que les Géorgiens n'ont jamais vraiment gêné les vice-champions du monde. Dès le coup d'envoi la rencontre a été à sens unique, souvent frustrante pour les spectateurs de l'Abbé-Deschamps qui auraient voulu voir leurs chouchous marquer plus vite et davantage dans cette parodie d'attaque-défense. La fatigue a toutefois pesé dans les jambes françaises après la pause, permettant aux joueurs de Toppmöller de sortir de leur camp sur quelques contres.

Les congés devraient permettre de refaire le plein d'énergie et de ne plus voir le florilège d'occasions françaises manquées en fin de match à Auxerre.

Ribéry en jambes
Sans doute soulagé par un transfert quasiment bouclé au Bayern Munich, Ribéry a été étincelant dès le début, cherchant les belles combinaisons avec Nasri, qu'il ne côtoiera plus en club à l'OM mais retrouvera sans doute souvent à ses côtés chez les Bleus.

Le but de Nasri (1-0, 33e) découle d'ailleurs de la percussion de "FerraRibéry". En revanche, l'entente Nasri-Anelka doit encore être peaufinée, les deux hommes se trouvant rarement dans les bonnes conditions.

La fusion est au contraire presque parfaite avec le duo des milieux récupérateurs. En l'absence de Vieira, blessé, Toulalan (4e sélection) a encore abattu un travail énorme et avalé les kilomètres aux côtés de Makelele, toujours aussi affûté. Le milieu de l'OL a même fait apprécier sa puissance de frappe, en vain.

Toulalan a parfois aussi été épaulé par... Nasri, joueur complet qui se plie avec générosité aux tâches défensives.

Avec le retour attendu des cadres blessés (Sagnol, Vieira, Henry), une réserve de jeunes talents (Nasri, Toulalan et Benzema rentré en fin de match pour sa 2e sélection) et un précieux joker (Anelka), la France peut se préparer à une rentrée studieuse face à l'Italie, l'autre fort en thème du groupe B.