Cuauhtémoc Blanco, Kasey Keller, Paulo César Wanchope, Dwight Yorke... : ces noms, les amateurs du beau jeu de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes les connaissent depuis toujours. Car pendant des années, le Mexicain, l'Américain, le Costaricain et le Trinidadien ont avec quelques autres talents fait la une de tous les journaux et réjoui leur pays par leurs exploits.

Mais nul n'est éternel. Heureusement, la Gold Cup 2007 a marqué l'émergence d'une nouvelle génération prête à prendre le relais de ses prédécesseurs et à ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire de la CONCACAF.

Les géants du Nord
Lors d'une finale palpitante, les Etats-Unis, menés au score pendant toute la première période, sont parvenus à s'imposer 2:1 face au Mexique. Rénovée, la sélection à la bannière étoilée a ainsi consolidé la supériorité qu'elle affiche depuis quelques temps face à son grand rival de la zone et composté son billet pour la Coupe des Confédérations de la FIFA, Afrique du Sud 2009.

Au coeur du dispositif de Bob Bradley, de jeunes joueurs d'expérience comme Landon Donovan et DaMarcus Beasley étaient associés à d'autres talents appelés à devenir les modèles des générations futures.

C'est le cas de Jonathan Bornstein, le remarquable latéral des Chivas USA, qui disputait là sa première grande compétition internationale. Ou encore du gardien de but Tim Howard, qui a prouvé son aplomb après avoir attendu si longtemps une titularisation dans l'ombre de Brad Friedel et Kasey Keller. Enfin, les défenseurs Oguchi Onyewu et Carlos Bocanegra ont répondu aux attentes après leur prometteuse apparition lors de la dernière Coupe du Monde de la FIFA.

Certains vice-champions ont aussi fait parler d'eux. Cette édition de la Gold Cup a en effet permis au Mexique de présenter à la planète Nery Castillo. L'infatigable attaquant de l'Olympiakos est devenu la vedette de la sélection aztèque, un statut qu'il confirme actuellement au Venezuela à l'occasion de la Copa América. Castillo et Andrés Guardado, autres grandes révélations de la compétition, sont les figures de proue d'une formation qui rêve déjà de la "génération 2010", dont font partie les U-20 Giovani dos Santos et Carlos Vela.

La renaissance canadienne et le mystère caribéen
Les demi-finalistes ne sont pas en reste. L'une des grandes nouvelles de la compétition est venue du Canada, en pleine renaissance après quelques années difficiles. Emmenée par le talentueux milieu de terrain du Deportivo La Corogne Julián DeGuzmán, l'ancienne puissance nord-américaine s'est montrée capable de retrouver le devant de la scène continentale.

Toujours sous le maillot canuck, Ali Gerba et Atiba Hutchinson ont captivé les amateurs du ballon rond. Après les avoir vus sur le terrain, on comprend ce qui les a poussés à quitter leur pays très tôt pour chercher fortune dans des championnats de plus haut niveau. A 24 ans, les pensionnaires du club suédois de l'IFK Gotëborg et du club danois de Copenhague sont promis à un bel avenir.

Grande débutante de la compétition, la surprenante Guadeloupe ne manquait pas pour autant de talents. Si ses grandes figures - Jocelyn Angloma, Richard Socrier et David Sommeil - ont déjà beaucoup d'heures de vol derrière elles, les autres éléments de la sélection sont bien partis pour continuer à poser problème à leurs adversaires. C'est notamment le cas de l'attaquant Loïc Loval et du milieu de terrain Stéphane Auvray.

Les promesses centraméricaines
Si les autres équipes n'ont pas eu la chance de se glisser dans le dernier carré, elles n'en ont pas moins exhibé leurs jeunes virtuoses en terres américaines. Impossible de ne pas mentionner le phénomène panaméen Blas Pérez, un redoutable attaquant qui devrait jouer un rôle de protagoniste dans la tentative des Canaleros de se qualifier pour la première Coupe du Monde de la FIFA de leur histoire à l'occasion d'Afrique du Sud 2010.

Que dire aussi de Carlos Costly, surnommé Boniek, comme l'ancienne icône polonaise des années 80 ? A en croire ce qu'il a montré aux Etats-Unis, l'attaquant hondurien ne devrait pas tarder à marcher sur les pas de son homonyme et quitter le championnat polonais pour un autre plus exigeant.

Dans les rangs du Guatemala, c'est José Contreras qui, du haut de ses vingt ans, a attiré les projeteurs, alors que le Salvador révélait au monde Dennis Alas, tout juste âgé d'un an de plus. Même Cuba, sans doute la moins connue de toutes ces sélections, a réservé quelques surprises avec Reynier Alcántara, les frères Jaime et Jael Colomé et surtout l'inusable milieu de terrain Oswaldo Alonso.

Voici donc un petit aperçu de la nouvelle génération de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. Autant de prénoms et noms à retenir en attendant de les voir faire les gros titres à la place des vedettes de toujours, ce en toute légitimité. Un événement qui pourrait arriver plus vite qu'on ne le pense...