Aux Etats-Unis, on recense plus de 25 millions de Mexicains, auxquels viennent s'ajouter les nombreux Américains issus de l'immigration aztèque. Ainsi, Los Angeles affiche la deuxième plus grosse population aztèque du monde, devant des villes comme Guadalajara et Monterrey.
Dans cet exode massif, le football est à l'origine d'un micro-phénomène opposé. Ces dernières années, la puissance économique du championnat mexicain et l'efficacité du système de détection mis en place par les clubs ont conduit nombre de joueurs d'origine aztèque à tenter l'aventure au pays de leurs ancêtres.
L'histoire d'Edgar
L'exemple le plus représentatif est celui d'Edgar
Castillo. Né à Las Cruces, au Nouveau Mexique, il est très tôt
repéré sur les terrains de l'Unión Americana. Cet attaquant
très rapide devient ensuite la vedette de la Mayfield High School
de Las Cruces, puis du Strikers FC, un club amateur.
Les observateurs lui prédisent un avenir brillant au sein des sélections de jeunes américaines, mais son destin prend soudain une autre tournure. Pratiquement tous les clubs de première division mexicaine possèdent des centres de formation et des détecteurs dans les villes américaines présentant une importante communauté mexicaine. C'est ainsi que Santos Laguna découvre cette petite merveille.
Reconverti en arrière gauche, Castillo prend peu à peu du galon dans le club de Torreón, jusqu'à devenir un titulaire indiscutable du club, actuel leader du classement. Mais ce n'est pas tout puisque ses grandes qualités lui ont déjà valu de figurer dans le onze de départ de l'équipe nationale face à la Colombie. Une telle progression fait figure d'exploit pour un joueur à peine âgé de 21 ans.
Il n'est pas le seul
L'histoire de Castillo n'est pas isolée. Son frère
cadet Noel, un milieu créatif, a été repéré en même temps que
Édgar. Enchaînant les bonnes prestations en troisième division,
il espère avoir sa chance en première à Santos Laguna.
Michael Orozco présente un parcours similaire. Né à Orange, en Californie, ce défenseur central puissant et aguerri a lui aussi été détecté par le club de Torreón. Pourtant, contrairement à Edgar Castillo, il n'a pas convaincu l'entraîneur de l'équipe première. Il a donc été transféré à San Luis, où il s'est imposé dans le onze de départ à tout juste 21 ans. Bilingue, il s'est parfaitement intégré dans la cité, où il assiste régulièrement aux matches de l'équipe de basket locale. Histoire de retrouver un parfum d'Etats-Unis...
De son côté, Sonny Guadarrama a suivi la même voie que les trois joueurs précédents, à la différence près qu'il n'a pas encore choisi les couleurs qu'il défendra au niveau international. Si les Castillo et Orozco ont officiellement déclaré leur attachement à la Tricolor, ce milieu offensif né à Austin, au Texas, hésite encore.
Agé de 19 ans, il faisait partie des pré-sélections des deux pays pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Canada 2007. Au final, il n'a pas fait le déplacement au pays à la feuille d'érable, si bien que sa décision a été reportée.
La situation de Guadarrama reflète en tout cas le dilemme qui se pose aux enfants d'immigrés mexicains. Ainsi, d'autres joueurs, très nombreux aussi, ont décidé de rester dans leur pays natal et d'évoluer en Major League Soccer. Sans aller plus loin, citons Carlos Bocanegra, aujourd'hui capitaine du club anglais de Fulham, et le talentueux latéral Jonathan Bornstein, rouage essentiel de la sélection américaine. Ces deux-là ont du sang aztèque dans les veines et ils pourraient très bien être aujourd'hui sous les ordres de Hugo Sánchez.
En tout cas, il ne fait aucun doute que la communauté latino-américaine des Etats-Unis ne manque pas de talent footballistique. D'ailleurs, le sélectionneur de l'équipe nationale, Bob Bradley, espère bien voir ces bons joueurs choisir la bannière étoilée plutôt que le maillot tricolor : "Nous avons évoqué le cas de Castillo, mais il était déjà trop tard. C'était difficile car il évolue en première division mexicaine. J'espère qu'à l'avenir, nous saurons anticiper et garder les talents dans notre pays".
