Dans une atmosphère de crise, la Fédération algérienne de football (FAF) a chargé un vieux routier du sport-roi, Rabah Saâdane, de préparer l'équipe nationale aux qualifications pour le Mondial-2010 après la deuxième élimination d'affilée en Coupe d'Afrique des Nations (CAN).

Passionné de football, le public algérien a reçu cette deuxième absence consécutive pour l'évènement continental au Ghana, en janvier prochain, comme une douche froide et en a attribué la responsabilité à l'ex-entraîneur français Jean-Michel Cavalli.

"La feuille de route de Saâdane est de qualifier les +Fennecs+ à la CAN-2010 en Angola et à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud", selon le président de la FAF, Hamid Hadadj.

"Saâdane et la FAF sont assurés d'obtenir tous les moyens pour s'acquitter de leur mission", ajoute M. Hadadj. Nous avons tenu à préserver le noyau de l'équipe nationale actuelle. Mais nous sommes toujours à la recherche d'un bon avant-centre et d'un animateur de jeu au milieu du terrain."

Saâdane, cinquième
L'équipe nationale algérienne compte actuellement une majorité de joueurs professionnels évoluant en Championnat de France, notamment le milieu offensif de l'Olympique de Marseille Karim Ziani et le défenseur de l'Olympique lyonnais Nadir Belhadj.

L'option d'un tandem Saâdane-Cavalli à la tête de la formation algérienne, envisagée un temps, a été finalement abandonnée. "Les deux se considèrent comme des patrons et il ne peut y avoir deux patrons à la tête de l'équipe nationale", explique un proche du dossier.

"Collaborer avec Rabah Saâdane impliquait une autre politique et dans la mesure où la FAF ne me permettait plus de travailler dans la continuité, j'ai préféré mettre un terme à cette collaboration. (...)", précise pour sa part Cavalli, recruté en octobre 2006 pour préparer l'équipe à la CAN 2008 au Ghana.

Rabah Saâdane, 61 ans, nommé le 17 octobre 2007, retrouve l'équipe nationale pour la cinquième fois: il en avait été l'entraîneur en 1981, avant le Mondial-1982 en Espagne, puis en 1986, 1999, et enfin en 2004.

Le football algérien, qui dominait l'Afrique durant les années 1980-1990 (finaliste de la CAN en 1980, demi-finaliste en 82, 84 et 88, quart de finaliste en 1986, avant de remporter le trophée en 1990), grâce une palette de joueurs de talent comme l'ancien stratège du FC Porto Rabah Madjer, a depuis perdu beaucoup de terrain sur le continent.

L'exploit de 1982 contre l'Allemagne
En 1992, l'Algérie tenante du titre, a fait piètre figure et fut éliminé de la compétition dès le premier tour. Absente de l'édition suivante, elle n'arrive pas à franchir le cap des quarts de finales en 1994 avant de faire naufrage en 1998, en quittant la compétition avec zéro point.

Lors des éliminatoires de la CAN-2008, les Algériens ont sombré dans leur groupe, avec notamment une débâcle (0-2) à domicile contre la Guinée, qui avait ruiné ses chances de qualifications.

En Ligue des champions, la plus prestigieuse des compétions de clubs en Afrique, les représentants algériens peinent également à s'imposer. Le dernier trophée remporté remonte à 1990, par la JS Kabylie.

En coupe du monde, enfin, l'heure de gloire de l'Algérie est également loin derrière, puisque sa dernière participation remonte à 1986 au Mexique, quatre ans après sa toute première apparition sur la scène mondiale, en Espagne, marquée par la victoire 2 à 1 conte l'Allemagne de l'époque (ex-RFA).

Un exploit resté dans toutes les mémoires, dont devra s'inspirer Rabah Saâdane lors des prochaines échéances continentale et internationale pour redonner à l'Algérie de sa superbe.