L'attaquant de la Juventus Turin, David Trezeguet, qui n'entrait plus depuis longtemps dans les plans de Raymond Domenech, a finalement annoncé sa retraite internationale mercredi, conséquence logique du maintien du sélectionneur après le fiasco de l'Euro-2008.

Du sort de Raymond Domenech dépendait inévitablement celui de Trezeguet (30 ans, 71 sélections, 34 buts marqués), qui a dû espérer très fort un limogeage du sélectioneur.

Mais une fois le maintien de Domenech acquis -malgré les résultats catastrophiques de l'équipe de France à l'Euro-2088- à l'issue du vote des membres du conseil fédéral de la Fédération française de football le 3 juillet, il ne faisait guère de doute que Trezeguet en tirerait rapidement les conséquences.

"Le mauvais Euro et la confirmation du sélectionneur m'ont poussé à prendre cette décision irréversible", a déclaré David Trezeguet.

L'éloignement progressif de l'équipe de France de Trezeguet avait été entériné peu avant cet Euro-2008 où il n'avait pas été convié.

Son absence de la liste élargie de 30 joueurs n'était pas une surprise, juste l'officialisation d'un divorce avec Domenech qui s'étendait depuis sa prise en main des Bleus.

"La confirmation de Domenech"
"L'Euro a été très négatif, mais ce qui m'a le plus ennuyé, c'est la confirmation de Domenech. Dans ces moments, les décisions qui sont prises sont plus politiques que footballistiques, et l'opinion publique, qui m'était favorable, n'a pas été respectée", a-t-il déclaré.

D'ailleurs, si Trezeguet n'avait pas pris sa retraite plus tôt, c'est qu'il pensait sans doute encore possible de poursuivre en Bleu si quelqu'un d'autre prenait la place de Domenech. Mais ce ne fut pas le cas.

Trezeguet avait eu suffisamment de signaux durant les deux dernières années pour ne pas rêver à l'impossible avec Domenech.

Des prestations insipides en tant que titulaire, notamment les trois défaites contre l'Ecosse (en 2006 et 2007 lors des éliminatoires de l'Euro) et l'Argentine (1-0 en amical en février 2007), ajoutées au retour au premier plan d'Anelka et à l'émergence du phénoménal Benzema, avaient singulièrement bouché son horizon.

En le rappelant in extremis en mars après six mois d'absence pour pallier une cascade de blessures contre l'Angleterre, Domenech avait joué franc-jeu avec Trezeguet lui signifiant qu'il n'était au mieux dans son esprit qu'un 5e ou 6e choix en attaque malgré sa place de leader au classement des buteurs du Championnat d'Italie.

"Préparé à renoncer"
En mars, le buteur de la Juventus avait expliqué se préparer à cette éventualité: "Dans n'importe quel groupe il est important d'avoir la confiance de l'entraîneur et je ne pense pas l'avoir en sélection, c'est pourquoi je me suis déjà préparé mentalement à renoncer."

Peu après l'annonce de la liste élargie de 30 joueurs joueurs retenus pour l'Euro-2008 par Domenech, Trezeguet avait dénoncé son éviction dans une diatribe qui transpirait le fatalisme.

"Ce qui m'est arrivé n'est pas acceptable, est inexplicable. Sur le terrain, j'ai démontré que je méritais ma place. Les choix faits sont incompréhensibles, je méritais l'Euro", avait-il dit.

Trezeguet restera comme le buteur en or victorieux face à l'Italie en finale de l'Euro-2000, mais aussi celui qui a avait manqué son penalty lors de la séance de tirs au but en finale du Mondial-2006.

Deux images antagonistes, mais deux moments qui ont marqué l'histoire des Bleus.