Entré en jeu samedi avec la Tunisie contre les Seychelles (5-0), le Niçois Chaouki Ben Saada rêve de fouler mardi pour la première fois de sa jeune carrière la pelouse du Stade de France face aux Bleus, un "gros match" que "tout le monde a envie de jouer".

Plus encore que les autres Aigles de Carthage, titulaires de la double nationalité et évoluant dans le championnat hexagonal, le gaucher né à le 1er juillet 1984 à Bastia aborde cette rencontre amicale face à la France avec beaucoup d'émotions contrastées.

"C'est un peu bizarre. Non seulement il y a ce stade énorme et magnifique où l'on ne se déplace que pour les finales et dans lequel je n'ai été qu'une seule fois. C'était comme spectateur mais ce sera également la première fois que je serai dans le camp adverse, en face de copains, Ribéry et Sinama-Pongolle", avoue le milieu très offensif.

Sous la tunique frappée du coq dans toutes les catégories de jeunes jusqu'aux Espoirs, avec notamment en poche un titre de champion du monde des moins de 17 ans en 2001, il est revenu vers ses racines familiales pour mieux avancer.

"Je savais que j'aurais plus de chance de percer avec l'équipe de Tunisie. C'est mon second pays", explique l'international (13 sélections avec les Bleuets, 12 avec les Aigles dont la Coupe du monde en Allemagne) qui parle un peu l'arabe et... le corse.

"La France reste la France"
Il avait cinq ans lorsque je l'ai eu à l'école du foot à Bastia", se souvient Frédéric Antonetti, l'entraîneur de Nice qui l'a fait venir au début de l'été pour un contrat de quatre ans.

"J'ai suivi ensuite son évolution dans le club jusqu'à mon départ en 2001. L'homme est exceptionnel de gentillesse, le footballeur possède une technique digne du haut niveau. Il doit prendre conscience de ses possibilités et muscler son jeu", explique-t-il.

Connu dans le vestiaire pour sa générosité et ses aptitudes de boute-en-train, plus discret hors du rectangle de jeu, le néo-Niçois peut continuer à s'adonner aux joies de la pêche qu'il pratiquait en Corse.

Il avait ferré du très gros à la fin de l'automne 2002 lorsque du haut de ses 18 ans et d'une petite demi-douzaine de matches de L1, il était apparu en cours de jeu à Furiani devant l'OM et avait planté deux buts retentissants.

La suite a été plus dans la norme avec au total 83 matches en Ligue 1 (92 en L2 avec Bastia) dont 5 entrées en jeu avec l'OGCN, et 7 buts dans l'élite.

"Je me sens de mieux en mieux à Nice, je commence à m'adapter au jeu. Je ne demande plus qu'à progresser et répondre aux attentes du coach", assure-t-il.

Tout aussi disponible aux desiderata du successeur de Roger Lemerre, le Portugais et ancien défenseur du PSG, Humberto Coelho, Ben Saada ne regimbera pas s'il lui est demandé de retourner au turbin devant les Bleus peu de temps après avoir décroché le billet pour le troisième tour des éliminatoires de la zone Afrique.

"Je ne sais pas si notre sélectionneur va faire tourner. On en a discuté dans le groupe, tout le monde a envie de jouer ce gros match. La France reste la France. Au retour du stade du 7-novembre, on a vu sa seconde période devant la Roumanie. Elle n'est peut-être pas en pleine confiance, mais elle a montré un superbe visage pour remonter deux buts", conclut-il.