Thierry Henry, auteur d'un doublé dont un but somptueux contre la Tunisie (3-1), mardi au Stade de France, a prouvé qu'il restait, malgré le poids des ans, l'arme fatale N.1 d'une équipe de France toujours dépendante de son efficacité et qui peine à lui trouver un équivalent en attaque.

Que feraient les Tricolores sans leur N.12 fétiche? Les saisons passent, les candidats à sa succession se pressent aux portes de la sélection mais, à 31 ans et après 107 sélections, Henry est bel et bien irremplaçable et personne ne semble encore en mesure de contester sérieusement son hégémonie.

Benzema, la fusée de la Ligue 1 et auteur du 3e but français (son 5e en 18 sélections), manque encore de régularité sur le plan international et le sélectionneur préfère même miser sur l'expérience d'Anelka, ménagé mardi, comme samedi face à la Roumanie (2-2).

Henry peut agacer par son attitude sur le terrain, les statistiques parlent d'elles-mêmes. Avec 48 buts inscrits en équipe de France, "Titi" n'est plus qu'à deux unités de la barre symbolique des 50 réalisations. Le légendaire Michel Platini est déjà relégué très loin (41 buts).

Epanoui à gauche
Le joueur du FC Barcelone, dernier rescapé (avec Vieira, blessé) de la génération 98, n'a pas fait les choses à moitié, sa première frappe des 20 mètres en pleine lucarne à la suite d'un relais avec Gourcuff étant de toute beauté (40e). Un but qui est arrivé au meilleur moment pour les Bleus, alors que la défense avait encore une fois chancelé, le malheureux Boumsong étant fautif sur l'ouverture du score de la Tunisie signée Jemâa (30e).

C'est donc logiquement avec le visage fermé et les poings serrés que Henry a fêté cette égalisation. Les difficultés des Français sur le terrain en première période ne se prêtaient certainement pas à une effusion de joie trop visible.

Son 2e but, bien plus facile à inscrire (seul au second poteau à 5 mètres de la ligne), lui a en revanche redonné le sourire comme à toute l'équipe de France, soulagée de prendre l'avantage face à un adversaire accrocheur mais limité (48e).

Paradoxalement, Henry s'épanouit à un poste de milieu gauche qui l'avait bridé la saison dernière au Barça. Cette fois, l'efficacité est au rendez-vous puisqu'il vient d'inscrire quatre buts lors de ses quatre dernières sorties, toutes compétitions confondues. Bien qu'exilé, il n'arrête pas de flamber.

"Je n'ai jamais dit que je n'aimais pas jouer à gauche, j'ai dit que je préférais l'axe", a-t-il expliqué dimanche à Clairefontaine.

Au vu de ses statistiques actuelles, la différence ne saute pas aux yeux.