Dans bien des cultures, le sept est un chiffre magique. Il est considéré comme le chiffre parfait, symbole de la relation entre le divin et l'humain. Création du monde, jours de la semaine, couleurs de l'arc-en-ciel, péchés capitaux. Le sept est omniprésent.

Prenez ce chiffre magique, floquez-le sur un maillot rouge et emmenez le tout dans un stade de football. L'ensemble sera synonyme de prolixité offensive... Car dans l'histoire de la sélection espagnole, les porteurs de ce chiffre sacré ont toujours été de redoutables chasseurs de buts. FIFA.com revient sur quelques-uns des célèbres numéros 7 de la Furia Roja.

Villa, Raúl et Morientes
Commençons par l'abonné actuel, David Villa. Vainqueur de l'UEFA Euro 2008 dont il a été le meilleur buteur, l'attaquant de Valence occupe actuellement la tête du classement des artilleurs de la Liga en compagnie de Samuel Eto'o. Il est également le joueur le plus prolifique des qualifications européennes pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, avec Wesley Sonck et Wayne Rooney. Un CV impressionnant.

Par son sens du but, son indéniable talent, son envie et son investissement de tous les instants sous la tunique nationale, el Guaje s'est assuré le soutien inconditionnel des aficionados. Et pourtant, la partie n'était pas gagnée, sachant que l'ancien locataire du numéro 7 n'était autre que Raúl.

L'attaquant du Real Madrid a porté le 7 de la Furia à l'UEFA Euro 2004 ainsi qu'aux Coupes du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 et Corée/Japon 2002. Il est actuellement le meilleur buteur de l'histoire de la sélection espagnole, avec 44 unités en 102 capes. Du reste, cette série n'est peut-être pas close. Car si Luis Aragones ne comptait pas sur le Merengue, son successeur Vicente del Bosque n'a pas écarté de le rappeler sous les drapeaux. Cependant, on voit mal Villa restituer à Raúl son numéro fétiche.

Mais ce détail n'est sûrement pas de nature à inquiéter ce grand monsieur, qui a déjà porté d'autres numéros en équipe nationale. Ainsi à France 1998, c'est son coéquipier Fernando Morientes qui portait le mythique numéro 7. Le troisième meilleur buteur de l'histoire de la Furia (27 réalisations en 47 matches) a roulé sa bosse puisqu'il est passé par Albacete, Saragosse, le Real Madrid, Monaco, Liverpool et Valence. Considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tête du football ibérique, el Moro a disputé son dernier match international en mars 2007. Aujourd'hui, il partage le vestiaire valencien avec Villa.

Juanito, 7 de légende
Julio Salinas à l'UEFA Euro 1988, Andoni Goicoetxea à la Coupe du Monde de la FIFA, Etats-Unis 1994, Miguel Pardeza à Italie 1990 et Juan Señor à Mexique 1986 ; tous ont porté le siete rojo. Mais les deux derniers cités étaient devancés dans la hiérarchie des avants-centres par le grand Emilio Butragueño, porteur du numéro 9.

Mais restons sur le sept. Un chiffre également lié au grand Juanito, qui l'avait dans le dos à Espagne 1982. Le début de carrière de Juan Gómez n'est pas sans rappeler celui de Raúl. Après avoir fait ses armes à l'Atlético de Madrid, cet attaquant au talent pur et au caractère brut est devenu une idole des supporters du Real. Malgré un tempérament qui lui a valu quelques ennuis, ce joueur hors du commun s'est forgé un palmarès long comme le bras : cinq Ligas, deux Coupes du Roi, deux Coupes de l'UEFA, un trophée de pichichi (meilleur buteur du championnat), sans compter une finale de Coupe d'Europe (en 1981, Liverpool 1:0 Real Madrid).

Juanito a perdu la vie lors d'un accident de la circulation en 1992, alors qu'il venait d'assister à un match de Coupe de l'UEFA entre le Real Madrid et le Torino. La disparition de l'ancien numéro 7 merengue a profondément marqué les supporters madridistas, qui lui rendent hommage à la septième minute de chaque match en scandant : "illa, illa, illa, Juanito maravilla".

Profitons de ce tour d'horizon pour évoquer une autre anecdote liée au 7. Lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1966, ce numéro est attribué à José Armando Ufarte. Le jeune joueur de l'Atlético de Madrid ne disputera que la rencontre contre l'Argentine, l'Espagne étant sortie dès la phase de groupes. Ce nom ne vous rappelle rien ? 42 ans plus tard, notre homme a pris quelques kilos et cheveux blancs, mais il n'a pas quitté la Furia. Adjoint d'Aragones, il figure ainsi sur la photo souvenir de l'Ernst Happel de Vienne, théâtre de la finale remportée par l'Espagne. Ufarte connaît bien les internationaux. Depuis son arrivée à la fédération en 1997 en tant qu'entraîneur des sélections de jeunes, il a travaillé avec la majorité d'entre eux, décrochant au passage quatre titres européens chez les U-16 et U-19.

Pour finir, dépoussiérons quelques photos en noir et blanc d'un autre triomphe espagnol. Lors du titre européen de 1964, le numéro 7 avait un autre illustre propriétaire : Amancio Amaro, par ailleurs vainqueur de la sixième Coupe d'Europe du Real Madrid en 1966. A son palmarès, ce monument compte également neuf Ligas, trois Coupes d'Espagne et deux titres de meilleur buteur du championnat.

Tous ces buteurs de légende ont préféré la magie du numéro 7 à la tradition du 10 ou du 9... Lequel préférez-vous ?