Le Costa Rica, place forte du football centraméricain, connaît en ce moment un retour en grâce avec l'arrivée de Rodrigo Kenton sur le banc. En janvier, les Ticos ont grimpé de 6 places au Classement mondial FIFA/Coca-Cola, du 53ème au 47ème rang, toujours devancés dans leur confédération par les Etats-Unis, le Mexique et le Honduras,  trois formations qu'ils retrouveront à l'occasion du dernier tour qualificatif pour Afrique du Sud 2010.

Champion d'Amérique centrale à six reprises - un record - et actuel tenant du titre UNCAF, le Costa Rica a débuté sa campagne 2009 par une victoire 3:0 face à Panama, avec deux buts d'Andy Furtado, et un succès 3:1 contre le Guatemala, validant ainsi son ticket pour l'épreuve majeure de la CONCACAF, la Gold Cup. Mais après avoir remporté leur demi-finale sur tapis vert face au Salvador à Tegucigalpa, suite à l'arrêt de la rencontre à la 60ème minute, les Ticos, décimés, se sont effondrés en finale contre Panama, s'inclinant 3:5 aux tirs au but après avoir terminé la partie sur le score de 0:0.

Malgré cet échec dans leur quête de quadruplé, les Ticos font toujours figure de gros poissons dans la zone CONCACAF. Fort de son effectif équilibré, composé de stars montantes évoluant à l'étranger et de cadres sédentaires, le Costa Rica pourrait bien accompagner les Etats-Unis et le Mexique en Afrique du Sud pour sa troisième participation consécutive à l'épreuve reine. Le tournoi hexagonal final débutera le 11 février prochain.

Le travail porte ses fruits
La bonne forme actuelle du Costa Rica est l'aboutissement d'un travail de sept mois. Tout a commencé au lendemain du match nul 2:2 face à la modeste sélection de Grenade, en deuxième phase du marathon qualificatif continental. Le sélectionneur Hernan Medford a été remercié et c'est Rodrigo Kenton, ancien sociétaire du Deportivo Saprissa et formateur très apprécié de la jeune génération, qui a hérité de son poste.

La première chose était de changer l'attitude de l'équipe, amorcer une dynamique positive et remettre l'attaque à l'honneur
Rodrigo Kenton, nouveau sélectionneur du Costa Rica

En pleine sinistrose sportive et médiatique, le nouveau technicien n'avait pas trente-six solutions. "La première chose était de changer l'attitude de l'équipe. Je savais qu'après avoir amorcé une dynamique positive et remis l'attaque à l'honneur, les fans suivraient", a déclaré Kenton, ancien adjoint de Bora Milutinovic lors de la première aventure mondialiste des Ticos, en 1990.

L'arrivée de Kenton s'est avérée être le détonateur dont l'équipe avait besoin. En s'entourant de jeunes loups expatriés et de cadres confirmés, le technicien a trouvé le bon équilibre. En témoigne le carton plein des Costaricains pendant la troisième phase des éliminatoires : six matches et autant de victoires contre le Salvador, Suriname et Haïti, avec un bilan de 20 buts inscrits contre seulement trois encaissés. A la clé, une qualification confortable pour le dernier tour qualificatif pour Afrique du Sud 2010. Cerise sur le gâteau, le Costa Rica a progressé de 32 places au classement mondial.

La réussite de Kenton n'est pas advenue par hasard : en tant qu'ancien mentor de la sélection olympique costaricaine il y a quelques années, le technicien avait remarqué une brochette de joueurs talentueux mais désespérément négligés. Froylan Ledezma (Admira Wacker, Autriche), Junior Diaz et Gabriel Badilla (New England Revolution, USA) ne sont que quelques exemples de ces laissés-pour-compte. Mais le plus beau coup de Kenton reste sans doute la convocation de Bryan Ruiz (Gent, Belgique), lequel s'entend à merveille avec le meneur de jeu Celso Borges, fils de l'ancienne légende costaricaine Alexandre Guimaraes.

Les Ticos auront à cœur de prolonger leur état de grâce lors de la venue du Honduras au stade Saprissa, le 11 février prochain.