Pour deux sélections centraméricaines coutumières des lourdes défaites, l'année 2008 a fait exception à la règle. Grâce à son premier sacre en Coupe des Nations de l'UNCAF (Union centraméricaine de football), où il a battu le Costa Rica et ses trois participations à la Coupe du Monde de la FIFA en finale, le Panamá fait un bond gullivérien de 33 places au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Dans le même temps, le Nicaragua, lui aussi habitué à faire figure de lilliputien dans le monde du ballon rond, a gagné 50 rangs au tableau mondial, à la faveur de son excellente prestation, une cinquième place, dans le tournoi régional.
Lors de la Coupe de l'UNCAF qui s'est déroulée au Honduras fin janvier et début février, le Panamá n'a inscrit que deux buts en quatre matches. Maigre total, mais suffisant pour signer un triomphe historique dans l'épreuve centraméricaine. Les Canaleros ont d'abord écarté le Guatemala, a priori favori. En demi-finale, ils ont fait tomber l'hôte hondurien, une nouvelle fois contre toute attente. Et que dire de l'exploit réalisé en finale, où les hommes emmenés par Gary Stempel, anglais d'origine et ancien entraîneur des équipes de jeunes, ont battu aux tirs au but le Costa Rica, six fois vainqueur de la compétition et que tout le monde pensait voir conquérir un septième titre ?
Sortis des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 par le Salvador, les Panaméens n'en demeurent pas moins en net progrès depuis 2005. Cette année-là, ils signent à Boston une performance historique en atteignant la finale de la Gold Cup de la CONCACAF. Ils seront finalement coiffés sur le fil par les Etats-Unis, difficiles vainqueurs - aux tirs au but - du tournoi qu'ils organisaient. Parmi les principaux acteurs de ce renouveau panaméen : le vétéran Ricardo Phillips, auteur du but victorieux face au Honduras, le sensationnel gardien Jaime Penedo, Nelson Barahona et le jeune Armando Gun.
Progrès et détermination
Le Nicaragua, quant à lui, brille en général par son absence dans les phases finales des grandes compétitions centraméricaines et internationales. Avec ses cinq millions d'habitants et une sélection qui ne s'est jamais qualifiée pour la Coupe du Monde de la FIFA, le petit pays tropical fait rarement la une de la presse footballistique. Mais lors de la dernière Coupe des Nations de l'UNCAF, les Pinoleros ont impressionné à la fois par leur détermination et par les progrès réalisés. En phase de groupes, ils ont successivement tenu en échec Belize et le Salvador, à la plus grande joie de leurs supporters, qui ont pu ainsi oublier l'élimination précoce dans la course à la qualification pour Afrique du Sud 2010.
Fort de ses 169 points inscrits, le Panamá gagne 33 échelons et occupe désormais le 50ème rang, son meilleur classement de tous les temps. Mieux que la Colombie, la Belgique, l'Arabie saoudite ou encore la Norvège. Au niveau régional, la Roja pointe aujourd'hui en quatrième position, devant des cadors comme la Jamaïque et Trinité-et-Tobago. De son côté, le Nicaragua remporte la palme de la meilleure progression du mois : 50 places gagnées, pour une ascension vertigineuse du 182ème au 132ème rang.
En tant que vainqueur de la Coupe des Nations de l'UNCAF 2009, le Panamá est automatiquement qualifié pour la Gold Cup de la CONCACAF 2009, dont la date et le lieu ne sont pas encore connus. Tombeur-surprise du Guatemala dans le match pour la cinquième place, la dernière qualificative en Amérique centrale pour la Gold Cup de la CONCACAF, le Nicaragua participera à l'épreuve dorée pour la première fois de son histoire. Dans le camp albiazul, la portée de l'exploit n'a échappé à personne, surtout pas à Otoniel Olivas : "Pour une équipe comme le Nicaragua, c'est quelque chose de tout simplement incroyable. C'est exactement comme si nous nous étions qualifiés pour la Coupe du Monde", commente le sélectionneur comblé.
