Une victoire contre le Yémen à la fin du mois de février a permis à la Malaisie d'atteindre le 146ème rang du Classement mondial FIFA/Coca-Cola, gagnant ainsi 13 places. Les Malayan Tigers enregistrent ainsi la meilleure progression à l'échelle mondiale derrière le Tadjikistan, qui a gagné 20 places jusqu'à la 128ème position, à la faveur de son accession au dernier carré de la dernière Challenge Cup de l'AFC.

Au stade national de Bukit Jalil, la Malaisie a dominé la rencontre de bout en bout, Baddrol Bakhtiar inscrivant le seul but du match dix minutes après la pause. Résultat d'autant plus honorable que son adversaire du jour était classé 39 échelons plus haut au tableau mondial. Pour le football malaisien, ce succès arrive comme une bouffée d'oxygène après l'élimination subie en qualifications pour la Coupe d'Asie de l'AFC 2011.

Le sélectionneur K. Rajagobal veut considérer le résultat comme un tremplin avant d'aborder la préparation pour les Jeux Asiatiques qui auront lieu à Guangzhou, en RP Chine, en novembre prochain, suivis en décembre de la Suzuki Cup, l'ancienne Tiger Cup, de la Fédération de football de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est). "Il y a eu des signes positifs dans le match contre le Yémen, mais j'ai besoin de voir plus de matches pour savoir qui a vraiment sa place dans cette équipe", reconnaît l'ancien attaquant international malaisien. "Ces joueurs doivent progresser et surtout ne pas se reposer sur cette victoire."

Les temps changent
Les années 1960 et 1970 ont été une période faste pour le football malaisien. La sélection nationale faisait alors partie des meilleures équipes asiatiques. La Malaisie s'était qualifiée pour les Jeux Olympiques 1972 en Allemagne, où elle avait été éliminée par les États-Unis (0:3). Elle avait ensuite participé aux phases finales de la Coupe d'Asie de l'AFC en 1976 et 1980.

Mais les temps ont changé et le statut de la Malaisie sur la scène continentale aussi. Si les Malayan Tigers ont participé à toutes les Tiger Cups depuis 1996, ils n'ont toutefois jamais réussi à la remporter. En 2007, lors de la dernière édition de la Coupe d'Asie de l'AFC, les Malaisiens comptaient bien montrer au reste du continent l'étendue de leurs progrès. Co-organisateurs de l'épreuve avec le Viêt-Nam, ils ont échoué dès le premier tour alors que leur voisin se qualifiait haut la main pour les quarts de finale. La Malaisie a quitté le tournoi avec un lourd bilan de trois défaites consécutives.

Le pari de la jeunesse
Cet échec synonyme de dur retour à la réalité pour l'équipe de Malaisie a décidé les autorités nationales du football à adopter une politique de développement à long terme. Suite à une campagne ratée dans la dernière Suzuki Cup en 2008 et à une défaite 0:5 contre les Émirats Arabes Unis dans le premier match de qualifications pour la Coupe d'Asie de l'AFC, un nouveau sélectionneur est arrivé à la tête de l'équipe début 2009, en la personne de Rajagobal.

Âgé de 53 ans, le technicien a mis fin à une pénurie de titres qui durait depuis 20 ans en conduisant les U-23 malaisiens à la victoire dans les Jeux d'Asie du Sud-Est, en décembre dernier au Laos. Pour cela, la Malaisie a dû se défaire de la Thaïlande et du Viêt-Nam. Son objectif est désormais de faire bonne figure aux Jeux Asiatiques 2010 et de remporter l'édition inaugurale de la Suzuki Cup.

Pour le développement footballistique du pays, Rajagobal va probablement continuer à faire confiance aux jeunes dans ses futures compositions d'équipe. L'ancien attaquant du PKNS FC a ainsi prévu plusieurs rencontres amicales afin que ses ouailles gagnent en condition physique et en expérience. "Nous avons besoin de jouer des matches amicaux pour que tout le monde reste mobilisé", explique Rajagobal. "Le stage commence le 22 mars et cinq jours plus tard, nous allons à Bangkok pour affronter la Thaïlande. Ce sera notre premier vrai test."