Eyjólfur Sverrisson, le sélectionneur national de l'Islande, ne tarissait pas d'éloges pour ses joueurs au terme du dernier exploit de son équipe. "Chacun de nos joueurs est capable de rivaliser avec n'importe qui", a fièrement lancé Sverrisson après la remarquable victoire de l'Islande sur l'Irlande du Nord (2:1) dans le cadre des qualifications pour l'Euro 2008 de l'UEFA. L'ancien joueur professionnel, qui a notamment évolué dans les clubs allemands du VfB Stuttgart et du Hertha BSC Berlin, ne manque effectivement pas de raisons de se montrer optimiste pour l'avenir.
"Jolly", tel qu'il était surnommé pendant sa carrière de joueur, a succédé à Ásgeir Sigurvinsson au poste de sélectionneur national il y a un peu moins de deux ans, le 1er novembre 2005. Depuis, la Fédération islandaise de football peut se targuer de quelques résultats exceptionnels. Le premier signe annonciateur remonte au mois d'août de l'année dernière. Au lendemain de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, l'Islande réalise un partage 0:0 à Reykjavik contre l'Espagne, huitième de finaliste de la compétition. Et lorsque l'équipe remporte son premier match qualificatif pour l'Euro 2008 contre l'Irlande du Nord à Belfast (0:3), l'euphorie s'empare du deuxième Etat insulaire d'Europe. "Il s'agissait de notre plus belle victoire sous ma direction. Nous avons vraiment bien joué ce jour-là. L'équipe était très soudée et le résultat a surpris plus d'un observateur", se souvient Eyjólfur Sverrisson lors d'un entretien avec FIFA.com.
Retombée les pieds sur terre après deux défaites sévères contre le Danemark (0:2) et la Lettonie (0:4), l'équipe islandaise confirme toutefois ses bonnes dispositions lors de la rencontre suivante face à la Suède. Battus 1:2 par des Scandinaves largement favoris sur le papier, les hommes de Sverrisson accueillent ce résultat pratiquement comme une victoire. Les représentants de la plus grande île volcanique du monde entament d'ailleurs plutôt bien la campagne 2007 en s'inclinant avec les honneurs contre l'Espagne à Palma de Majorque (0:1).
La nouvelle mouture de l'équipe nationale est également
capable d'encaisser les coups. En juin de cette année, elle
n'obtient qu'un piètre match nul à domicile contre le
Liechtenstein (1:1) avant de s'incliner lourdement en
déplacement en Suède (0:5). "L'Islande ne compte que 300
000 habitants. C'est la raison de notre relative faiblesse sur
la scène internationale. Mais le football est un jeu simple et
n'importe quelle équipe peut réaliser de bons résultats. Notre
équipe peut rivaliser avec les meilleurs, elle l'a prouvé par
le passé", explique le sélectionneur national qui, malgré la
large défaite, s'efforce de remotiver ses joueurs et de
positiver pour les tâches à venir.
A deux doigts de la sensation
Cette philosophie a été adoptée par l'équipe articulée
autour de l'attaquant vedette du FC Barcelone Eidur Gudjohnsen,
comme en attestent les résultats des deux derniers mois. La
formation nordique n'a plus peur de personne. Le nul 1:1
réalisé à domicile contre le Canada a démontré une nouvelle fois
que l'Islande pouvait rivaliser avec des équipes mieux classées
et même leur mettre quelques bâtons dans les roues. Les rencontres
préliminaires pour le Championnat d'Europe disputées en
septembre devraient d'ailleurs faire taire leurs derniers
détracteurs.
En effet, il a manqué quatre minutes à l'équipe du
sélectionneur Sverrisson pour créer la plus grosse sensation de
l'histoire de la fédération islandaise. Opposée à l'Espagne
dans le cadre des qualifications pour l'Euro 2008,
l'Islande prend l'avantage par Emil Hallfredsson avant de
se faire rejoindre à la 86ème minute sur un but d'Andrés
Iniesta. Malgré la déception légitime d'être passés si proches
de l'exploit, les Islandais semblent avoir retiré une bonne
dose de confiance de cette confrontation face aux Ibères. Quatre
jours plus tard, ils infligent une nouvelle défaite à l'Irlande
du Nord. Déjà vainqueurs 3:0 à Belfast en 2006, les insulaires ont
engrangé leur deuxième victoire dans cette campagne qualificative
en s'imposant 2:1 à Reykjavik.
Quatre points lors des deux dernières rencontres de
qualification, voilà un bilan positif que les Islandais ont la
possibilité d'enrichir dans les semaines à venir. Dès la
mi-octobre, l'Islande remettra l'ouvrage sur le métier face
à la Lettonie et au Liechtenstein. Le sélectionneur ne fait pas
mystère de ses objectifs. "Je veux stabiliser l'équipe. La
sélection nationale islandaise a traversé une petite crise au cours
des quatre à cinq dernières années. Nous commençons à en sortir.
Beaucoup de nouveaux joueurs ont intégré le groupe et nous nous
efforçons à présent de renforcer notre stabilité et nos
prestations. Les résultats suivront", confie Sverrisson à
FIFA.com.
A 39 ans, Sverrisson a toutefois une vision à long terme et
regarde au-delà de cette fin de campagne qualificative. "Nous
serons prêts pour les rencontres préliminaires de la Coupe du Monde
2010. Les Islandais sont ambitieux par nature. Une qualification
pour un grand tournoi reste notre objectif. Nous y croyons
fermement. Dans combien de temps ? L'avenir nous le
dira."
