A première vue, on pourrait penser que le football slovène a tout pour réussir. En effet, les joueurs locaux possèdent tous cette redoutable habileté balle au pied qui semble être la marque de fabrique des footballeurs des Balkans. Mais les Slovènes ont également été très influencés par un jeu plus physique, qui leur a sans doute été inspiré par leurs voisins d'Europe centrale. Malheureusement, la Slovénie reste un petit pays, peuplé de moins de deux millions d'habitants. Avec un réservoir de talent aussi limité, mettre sur pied une sélection nationale compétitive relève de l'exploit.
Ceci explique sans doute qu'un joueur comme Zlatko Zahovič, qui a porté les couleurs de quelques grands noms du football européen comme le FC Porto, le Benfica Lisbonne, l'Olympiakos le Pirée ou le Valence CF, reste encore aujourd'hui une véritable icône parmi les supporters slovènes. En outre, l'élimination prématurée de l'équipe nationale de la course à la qualification pour l'Euro 2008 n'a pas vraiment contribué à leur rendre le sourire. A trois journées de la fin des éliminatoires, la Slovénie compte dix points de retard sur le duo de tête, composé de la Roumanie et des Pays-Bas.
Deux victoires qui changent tout
En revanche, les deux succès consécutifs remportés
par l'équipe de Slovénie ont largement contribué à dissiper les
nuages qui s'étaient amoncelés dans le ciel de la sélection.
Les plus optimistes évoquent déjà les plus beaux souvenirs de la
jeune histoire du football slovène, à savoir les qualifications
successives pour l'Euro 2000 et la Coupe du Monde de la FIFA
2002. D'autres préfèrent parler d'une possible
qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud
2010. C'est en tout cas l'objectif ambitieux que Matjaž
Kek, le sélectionneur national, a fixé à ses hommes.
En marquant l'unique but de la victoire slovène sur le Belarus à Celje à la mi-septembre, Klemen Lavrič est devenu un véritable héros national. D'autant que, quatre jours auparavant, la Slovénie avait signé un succès convaincant (3:0) devant le Luxembourg. Un doublé de l'attaquant du MSV Duisburg, accompagné d'un but de Milivoje Novakovič (FC Cologne), avait suffi à assurer le triomphe des hommes de Kek. La réussite de Lavrič allait rapidement déclencher les rumeurs les plus folles, certaines faisant même état de l'intérêt du Real Madrid pour le buteur de la sélection slovène.
"Construire, cela prend du temps"
Les deux hommes symbolisent désormais à eux seuls
le renouveau du football slovène. Sur un plan plus pratique, ils
ont en tout cas permis à leur équipe d'effectuer une belle
remontée au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. En effet, la
Slovénie enregistre une progression de 72 points et 19 places au
dernier pointage. Elle occupe désormais le 75ème rang du classement
avec 429 points. Certes, les Slovènes ont déjà connu meilleur
classement en février (71èmes) et en mars (72èmes) mais,
entre-temps, l'équipe a connu une terrible descente aux enfers
jusqu'à la 94ème position.
La Fédération slovène de football (NZS) reste en tout cas très loin du meilleur classement de son histoire, une 25ème place décrochée au mois de décembre 2001. Pourtant, Kek se dit résolument optimiste. D'après lui, son équipe a les moyens de rejoindre la "génération dorée" des années 2000 au panthéon du football slovène. "Dans un premier temps, nous avons dû bâtir une nouvelle équipe. Cela ne se fait pas du jour au lendemain", explique Kek, aux commandes de la sélection nationale depuis janvier 2007.
Nouvel état d'esprit, nouvel élan
L'ancien défenseur de Graz (Autriche) s'est
fixé deux objectifs prioritaires. Tout d'abord, il souhaite
insuffler un nouvel esprit à la sélection nationale. Parallèlement,
il travaille à abaisser la moyenne d'âge. Kek a ainsi eu
l'occasion de lancer plusieurs jeunes espoirs face au
Luxembourg et au Belarus et, pour l'heure, les résultats
semblent lui donner raison.
Mais, pour confirmer cette nouvelle tendance, la Slovénie devra impérativement s'imposer le week-end prochain, sur le terrain de l'Albanie. Ensuite, il sera temps de préparer le choc face aux Pays-Bas. Et si cette rencontre, qui n'était au départ qu'un match sans enjeu face à une équipe réputée largement supérieure, s'avérait être la première étape vers le long chemin qui mène au cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud ?
