Klaus Toppmöller, le sélectionneur de la Géorgie, est un homme heureux. Et pourquoi ne le serait-il pas ? Après tout, son équipe vient de réussir l'un des exploits de l'année en dominant l'Ecosse dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2008. Ce succès retentissant a notamment permis à la sélection géorgienne de gagner plusieurs places au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Comme il l'annonce lui-même fièrement au micro de FIFA.com, "Ici, en Géorgie, c'est l'euphorie générale !"
La victoire (2:0) acquise la semaine dernière à Tiflis aux dépens de l'Ecosse a effectivement de quoi marquer les esprits. En effet, jusqu'alors, les Ecossais s'étaient imposés comme l'équipe surprise du Groupe B des éliminatoires de l'Euro 2008. L'équipe d'Alex McLeish, qui occupe toujours la deuxième place du classement, n'a visiblement nourri aucun complexe face à l'Italie, championne du monde en titre, et à la France, vice championne du monde.
Pari gagnant
Dans ce contexte, la victoire des hommes de Toppmöller change
complètement la donne. Désormais, les deux finalistes de la
dernière Coupe du Monde de la FIFA sont à nouveau en position de
force dans la course à la qualification pour l'Euro 2008. En
revanche, du côté de l'Ecosse, ce rendez-vous manqué dans la
capitale géorgienne pourrait bien s'avérer lourd de
conséquences. Et la Géorgie dans tout ça ? L'ancienne
république soviétique n'a certes plus aucune chance
d'arracher un billet pour l'Autriche et la Suisse, mais ses
récents résultats sur la scène internationale laissent à penser que
cette sélection méconnue mérite mieux que la place de sixième
qu'elle occupe actuellement au classement du Groupe B.
"Contre l'Ecosse, nous avons aligné un gardien de 17 ans [Georgi Makaridze], un attaquant de 17 ans [Levan Mchedlidze] et un milieu de terrain de 16 ans [Levan Kenia]. Ca n'est pas rien ! Trop de gens ignorent que nous avons réalisé un véritable exploit, rappelle Toppmöller au micro de FIFA.com. Pourtant, des milliers de supporters sont sortis dans les rues pour fêter notre victoire." L'ancien entraîneur de l'Eintracht Francfort, du VfL Bochum, du Bayer Leverkusen et du Hambourg SV a toutes les raisons d'être fier de ses joueurs. Considéré comme une véritable idole dans son pays d'adoption, il a su rendre sa fierté au football géorgien.
Une progression de 33 places
Pour preuve de l'excellent travail accompli par
le sélectionneur national, la Géorgie a gagné 33 places au dernier
Classement mondial FIFA/Coca-Cola, en passant de la 104
ème à la 71
ème position. Certes, ce petit pays de cinq millions
d'habitants reste encore bien loin de la 42
ème place, le meilleur classement de son histoire,
obtenu en septembre 1998, mais depuis l'arrivée de Toppmöller
aux commandes, tous les indicateurs sont au vert. Autre motif de
satisfaction, la Géorgie se trouve actuellement près de 15 places
au-dessus de son classement moyen, qui se situe aux alentours du 83
ème rang.
Avec 447 points au compteur, la sélection géorgienne affiche une progression de 120 points, due essentiellement à la victoire contre l'Ecosse, qui occupait alors la 13 ème place du classement. Toutefois, force est de constater que, sous l'ère Toppmöller, l'équipe nationale est en constant progrès. Le technicien allemand a notamment su donner sa chance à une nouvelle génération de footballeurs géorgiens, une décision qui s'est avérée payante.
Toppmöller pense déjà à l'Afrique du Sud
"Ici, je suis plus qu'un simple
entraîneur, assure Toppmöller, qui travaille depuis trois mois avec
tout son staff en Géorgie. Nous nous occupons également des
sélections U-17, U-19 et U-21, afin de veiller à ce que nos jeunes
soient bien formés. Et l'ancienne star de Kaiserslautern ne
manque jamais une occasion de vanter les mérites des meilleurs
espoirs géorgiens. "Nous avons quelques joueurs très
prometteurs. Notre objectif est de les intégrer progressivement au
sein de l'équipe nationale."
Le sélectionneur national espère pouvoir construire son équipe autour de joueurs comme Kakha Kaladze (Milan AC) et Levan Kobiashvili (Schalke 04). Mais, curieusement, les deux hommes étaient justement absents contre l'Ecosse. "Notre victoire n'en est que plus surprenante, admet Toppmöller. Pourtant, lorsque tout le monde est là, nous disposons d'un groupe de qualité." Et, déjà, les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 se profilent à l'horizon : "Tout dépendra du tirage au sort, mais je pense sincèrement que nous avons une bonne carte à jouer".