Aujourd'hui encore, le triomphe de la Grèce en finale de l'Euro 2004 reste gravée dans la mémoire de tous les passionnés de football. A force de courage, d'abnégation et de volonté, cette équipe, que personne n'attendait à pareille fête, a réussi à se hisser sur le toit de l'Europe. Longtemps considérés comme quantité négligeable sur la scène internationale, les Grecs ont profité de cette édition portugaise pour se faire un nom. Quatre ans après ce succès historique, la sélection nationale n'a rien perdu de ce qui faisait sa force, si ce n'est son statut d'outsider !

L'équipe qui jouera l'Euro 2008 sera probablement l'une des meilleures que nous ayons jamais eues
Stelios Giannakopoulos, le milieu de terrain de la Grèce

Alors que l'Euro 2008 approche à grands pas, l'équipe de Grèce n'a jamais semblé aussi forte. A l'heure d'aborder ces nouvelles joutes continentales, qui se dérouleront du 7 au 29 juin en Suisse et en Autriche, la formation hellène n'apparaît pas seulement comme la tenante du titre, mais aussi comme l'une des favorites à sa propre succession. " ", estime Stelios Giannakopoulos, le milieu de terrain des Bolton Wanderers.

Cette belle assurance est l'une des marques de fabrique de cette sélection. De fait, il faut bien reconnaître que cette confiance n'est pas infondée. L'équipe entraînée par Otto Rehhagel avait gagné ses lettres de noblesse en dominant par deux fois le Portugal, lors du match d'ouverture (2:1) puis en finale de l'Euro 2004 (1:0). Les deux équipes se sont retrouvées fin mars à Düsseldorf pour disputer la belle et les Grecs ont confirmé leur supériorité en remportant une troisième victoire consécutive (2:1), grâce à un doublé de Georgios Karagounis.

Une progression impressionnante
"Les Portugais ont battu le Brésil par deux fois, ce qui en dit long sur leurs capacités", soulignait Karagounis à l'issue du match. Le milieu de terrain du Panathinaikos a sans doute eu raison de revenir sur l'importance de ce résultat, acquis face à l'un des nombreux prétendants au titre de champion d'Europe. Mais cette excellente performance a également eu des conséquences sur un plan beaucoup plus pratique.

La dernière édition du Classement mondial FIFA/Coca-Cola fait état d'une nette progression de la Grèce. Les hommes de Rehhagel devancent désormais le Portugal et les Pays-Bas, et s'adjugent donc la huitième place. L'exploit est d'autant plus remarquable que les Oranjes n'ont pas démérité, obtenant notamment un probant succès 4:3 en Autriche. Jamais les Grecs n'avaient été aussi bien cotés depuis l'introduction de ce classement.

La star, c'est l'équipe
Le football hellène avait déjà franchi un palier important en s'invitant dans le Top 10 en février dernier, pour la première fois de son histoire. Deux mois plus tard, la Grèce affiche encore une progression de 27 points, ce qui lui permet de se hisser au sixième rang européen.

Nous formons avant tout une équipe parfaitement organisée, dans laquelle chacun est prêt à se sacrifier pour les autres
Stelios Giannakopoulos, le milieu de terrain des Bolton Wanderers

En somme, tout indique que Karagounis et ses partenaires sont actuellement sur une pente ascendante. " ", explique Giannakopoulos. Effectivement, depuis l'arrivée de Rehhagel aux commandes en août 2001, la Grèce a réalisé d'énormes progrès sur le plan de la cohésion. Le succès en finale de l'Euro 2004 a, en outre, créé une véritable dynamique interne au sein du groupe. Le sélectionneur ne dispose certes pas de grandes individualités pour composer son équipe, mais il peut en revanche compter sur un collectif parfaitement huilé et capable de suivre chacune de ses consignes à la lettre.

Tout cela n'a cependant pas empêché Rehhagel de connaître des hauts et des bas. Ainsi, l'échec dans les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 avait-il soulevé de sérieux doutes sur le véritable niveau du champion d'Europe. Pourtant, lors d'une récente interview accordée à FIFA.com, le technicien allemand affirmait : "Cet échec nous a rendus encore plus forts !"

43 victoires, 18 nuls et 19 défaites, tel est l'impressionnant bilan du "Roi Otto" depuis son arrivée à la tête de la sélection. A l'issue de la victoire contre le Portugal à Düsseldorf, Rehhagel et ses dirigeants n'ont eu besoin que de 25 minutes pour se mettre d'accord sur une prolongation de contrat jusqu'en 2010. Une telle simplicité en dit long sur l'estime dont jouit l'entraîneur allemand dans ce pays de 10,7 millions d'habitants, qui compte pratiquement autant de passionnés de football.

A quelques semaines du coup d'envoi de l'Euro 2008, tous les regards se tournent vers la Grèce. Les champions d'Europe en titre ont déjà prouvé qu'ils étaient capables de déjouer les pronostics. De leurs trois adversaires du premier tour (Russie, Espagne, Suède), seuls les Espagnols occupent une meilleure place au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Cependant, les Grecs vont maintenant devoir apprendre à gérer leur statut de favoris. Pour le moment, les joueurs eux-mêmes préfèrent ignorer cette pression supplémentaire : "Nous allons passer de bons moments en Autriche et en Suisse, c'est le plus important", affirme Karagounis. Une déclaration qui ne devrait suffire à endormir la méfiance de ses futurs adversaires.