Il y a plus de dix ans, les Qataris avaient bien failli se qualifier pour la première Coupe du Monde de la FIFA de leur histoire. Aujourd'hui, ils espèrent bien ne pas laisser passer leur chance de représenter l'Asie lors de la prochaine édition de cet événement majeur.
Minuscule Etat du Golfe dont la population locale est inférieure à la main d'œuvre expatriée, le Qatar a profité du 3ème tour des éliminatoires de la Zone Asie, en juin dernier, pour afficher les progrès réalisés ces dernières années. Dans ce qui constituait certainement le groupe le plus difficile de cette phase, les Qataris ont marqué 7 points en quatre matches et se sont ainsi qualifiés pour le dernier tour. Cette performance, cristallisée par la victoire décisive sur l'Irak dans le dernier match (1:0), leur a permis d'atteindre le 80ème rang au Classement mondial FIFA/Coca-Cola (+3 places).
En août, l'ascension s'est prolongée pour les protégés de Jorge Fossati, qui ont disposé de la Palestine sur le plus petit score lors du match d'ouverture du championnat de la WAFF (l'Asie de l'Ouest), un résultat qui leur a permis d'atteindre le 71ème rang mondial.
Une expérience payante
Le 12 novembre 1997, avant d'affronter l'Arabie Saoudite à Doha, le Qatar n'était qu'à 3 petits points d'une qualification historique pour la Coupe du Monde de la FIFA 1998. Une victoire aurait permis aux Qataris de décrocher leur billet pour la France. Malheureusement pour eux, les Fils du désert allaient s'imposer 1:0 et se qualifier aux dépens des locaux.
La leçon a bien été retenue. Le Qatar, qui avait la réputation de manquer ses grands rendez-vous, a changé de visage sous la houlette de l'Uruguayen Fossati. Malgré une défaite décevante en février dernier lors du premier match face à l'Australie (0:3), les Qataris ont bien réagi un mois plus tard, en venant à bout des Irakiens, champions d'Asie en titre (2:0).
En juin, un match nul et une victoire sur la Chine leur ont permis d'ajouter 4 points au compteur, avant de concéder une nouvelle défaite face aux Socceroos. Tout devait donc se jouer lors du dernier match. Mais cette fois-ci, les hommes de Fossati n'ont pas craqué : terrassant à nouveau l'Irak, ils ont gagné leur place pour le dernier tour éliminatoire.
Ravi de cette progression inattendue, Fossati explique que ses joueurs ont progressé mentalement : "L'équipe a été très disciplinée et nous avons parfaitement géré la pression, a-t-il déclaré aux journalistes après la victoire sur l'Irak. Dans ce match capital, nous n'avons eu qu'une seule chance et nous avons su la saisir".
Mission possible ?
La prochaine étape du Qatar s'annonce difficile : dans le Groupe A du dernier tour de ces éliminatoires asiatiques, il devra en découdre avec deux valeurs sûres du continent (l'Australie et le Japon), mais aussi avec l'Ouzbékistan et Bahreïn, son voisin et rival. Malgré la qualité de ses prochains adversaires, Fossati, qui a pris les rênes de la sélection qatarie au début 2007, vise l'une des deux premières places du groupe, directement qualificatives pour Afrique du Sud 2010.
"Nous devons prendre 12 points sur 12 possibles à domicile, et réussir ensuite quelques bons résultats à l'extérieur", confie l'ancien entraîneur de l'Uruguay.
Mais, comme en attestent les piètres résultats de son équipe lors des matches préparatoires, Fossati a encore du pain sur la planche avant le 6 septembre et la première rencontre du tour, face à l'Ouzbékistan : défaits 2:1 par l'Espanyol Barcelone en match amical le 3 août dernier, les Qataris ont ensuite subi deux revers embarrassants face à l'Iran (6:1) et la Jordanie (3:0).
Imperturbable, Fossati minimise la portée de ces résultats : "Notre objectif consiste à faire tourner au maximum notre effectif afin d'évaluer la condition physique de nos joueurs. D'autre part, dans ce dernier tour des éliminatoires, nous ne craignons personne".
