Les entraîneurs néerlandais n'ont pas attendu l'Euro 2008 pour se faire une réputation à travers toute l'Europe. Toutefois, la compétition austro-suisse a une nouvelle fois confirmé la bonne santé du football oranje dans ce domaine, puisqu'ils étaient trois à participer au tournoi : Marco van Basten, bien entendu, le sélectionneur des Pays-Bas, mais aussi Leo Beenhakker aux commandes de la Pologne et Guus Hiddink à la tête de la Russie. Le jeu à base de passes courtes, tout en vivacité, a fait la renommée des techniciens néerlandais un peu partout dans le monde et même... jusqu'en Albanie. Depuis le début de l'année, Arie Haan réussit des miracles dans les Balkans.

L'ancien sélectionneur de la RP Chine porte désormais sur ses épaules les espoirs de quelque 3,2 millions d'Albanais et, pour le moment, les choses se passent plutôt bien. Haan est en effet devenu récemment le premier entraîneur à enchaîner deux matches sans défaite à la tête de la sélection albanaise dans les éliminatoires d'une grande compétition internationale. Après le match nul 0:0 arraché à Tirana face à la Suède et la belle victoire 3:0 obtenue aux dépens de Malte quatre jours plus tard, on se disait que les Albanais avaient mangé leur pain blanc. L'impression allait se confirmer le mois suivant avec la sévère défaite 0:2 des hommes de Haan en Hongrie. Mais, ceux qui s'imaginaient que l'Albanie allait tranquillement rentrer dans le rang en ont été pour leurs frais : pour la quatrième journée, Haan et son équipe se sont offert un véritable coup d'éclat en obtenant un superbe match nul (0:0) au Portugal.

Retour dans le Top 100
Le message est clair, l'Albanie ne veut plus se contenter de son rôle de faire-valoir sur la scène européenne. "Ce n'est qu'un début, mais il y a là quelque chose sur lequel nous pourrons construire à l'avenir", note Haan avec satisfaction. Il faut dire que le dernier Classement mondial FIFA/Coca-Cola a de quoi réjouir les supporters albanais : leur équipe vient de réaliser un bond de 19 places et occupe désormais le 83ème rang, laissant derrière elle des sélections comme le Togo, qui avait disputé la dernière Coupe du Monde de la FIFA.

Les Albanais enregistrent une progression de 64 points par rapport au mois de septembre, ce qui leur permet accessoirement de faire leur grand retour dans le Top 100. Depuis le mois de juillet dernier et sa chute spectaculaire de la 82ème à la 100ème place, l'équipe d'Albanie s'était en effet habituée à naviguer en eaux troubles. Au cours des mois suivants, elle connaîtra même ses plus mauvais classements depuis dix ans, échouant en 101ème puis en 102ème position. Cette remontée spectaculaire n'est cependant pas la plus rapide de l'histoire du football albanais, habitué de longue date aux montagnes russes. En juillet 2006, la sélection balkanique avait progressé de 20 rangs d'un coup.   

Un outsider qui s'assume
Malgré ces bonnes nouvelles, la perspective d'une qualification pour une grande compétition internationale comme Afrique du Sud 2010 paraît encore lointaine. C'est du moins l'opinion du milieu de terrain Ervin Skela, qui confiait récemment, lors d'un entretien exclusif accordé à FIFA.com : "Evidemment, nous manquons encore de qualité et d'expérience. Exister au niveau international et se qualifier pour un tournoi important sont deux choses bien différentes. La plupart de nos internationaux ne jouent pas dans de grands championnats européens. Les pays habitués à jouer les premiers rôles sont tous représentés dans ces compétitions".   

Lui-même sait de quoi il parle, puisqu'il a la chance d'évoluer régulièrement au plus haut niveau. Après avoir porté les couleurs du 1.FC Kaiserslautern et d'Ascoli, Skela joue aujourd'hui à l'Energie Cottbus, en Bundesliga. A 31 ans, l'international albanais sait aussi qu'une qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA permettrait à son pays de changer de changer de statut. "Pour le moment, nous sommes de simples outsiders... et cela nous convient parfaitement", estime l'homme aux 55 sélections.   

Pour Skela, Arie Haan est l'homme qu'il fallait à l'Albanie : "Nous travaillons beaucoup à l'entraînement et il sait nous mettre en confiance". Alors, qui sait si l'expérimenté technicien néerlandais ne nous réserve pas encore d'autres surprises sur la route qui mène à l'Afrique du Sud ? Pour le moment, son équipe devance le Portugal de deux points au classement du Groupe 1 des éliminatoires européennes. La Coupe du Monde de la FIFA est encore loin, mais Haan ne serait pas le premier sélectionneur néerlandais à tenter et à réussir un pari impossible...