Les Aigles de Carthage reprennent de la hauteur
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Bien que la Tunisie fasse preuve de constance sur la scène internationale, depuis quelque temps, les résultats ne suivent plus. Après avoir participé à trois Coupes du Monde de la FIFA™ consécutives (1998, 2002 et 2006), les Aigles de Carthage n'ont pas réussi à se qualifier en 2010. Absents du Top 40 du classement mondial FIFA/Coca-Cola depuis septembre 2007, ils sont même descendus à une historique 65ème place en juillet 2010. Mais dans la foulée d’une bonne Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2012, la Tunisie a débuté les qualifications pour Brésil 2014™ pied au plancher. Après un gain de 10 places, elle pointe désormais au 46ème échelon mondial.

L'échec dans la course à la qualification pour Afrique du Sud 2010 reste un souvenir douloureux pour les Aigles. Humberto Coelho, Faouzi Benzarti et Bertrand Marchand se sont succédé sur le banc, sans succès. En mars 2011, Sami Trabelsi, ancien international, s’est installé aux commandes de l’équipe nationale et l’a remise dans le droit chemin.

Des mois charnières
Le nouveau venu, qui a participé à France 1998, a d’abord remporté le Championnat d’Afrique des Nations de la CAF 2011. Cette compétition réservée aux footballeurs évoluant au pays a permis de former la base d'un groupe qui a ensuite pu se qualifier pour la CAN 2012. L'élimination après prolongation, en quart de finale face au Ghana, a été perçue comme encourageante. "Nous voulons nous qualifier pour la CAN 2013, bien sûr, mais aussi et surtout pour la Coupe du Monde 2014", explique le sélectionneur. "En 2010, la Tunisie était absente et cet échec a été un grand traumatisme pour tous nos supporters."

Les mois à venir seront donc très importants pour Trabelsi et ses hommes. Mais peu importe ce qu’il se passera lors des qualifications continentales puis lors de la CAN de janvier 2013, la Tunisie disposera d’une petite avance lorsque les qualifications pour Brésil 2014 reprendront en mars prochain. Elle est, avec l’Égypte, la seule nation à avoir remporté ses deux premiers matches. Début juin, elle s’est toutefois retrouvée menée à domicile par la Guinée Équatoriale. Mais Trabelsi a trouvé les mots justes à la pause et ses joueurs ont inscrit trois buts en seconde mi-temps. Une semaine plus tard, les Aigles de Carthage sont sortis victorieux de leur déplacement périlleux au Cap-Vert. Grâce à ces deux succès, Ils disposent de deux points d’avance sur la Sierra Leone, qu’ils affronteront en mars.

Un noyau solide
Actuellement septième nation du continent entre la Zambie, récente championne d’Afrique, et l’Égypte, sacrée à sept reprises, la Tunisie est parvenue à se maintenir en haut de la hiérarchie principalement grâce à son organisation, à la puissance de son championnat et à son important réservoir de talents, qui permet aux meilleurs d’entre eux de s’exporter en Europe.

Issam Jomaa demeure un élément essentiel. Malgré ses difficultés à s’imposer durablement en France, il a inscrit son 30ème but sous le maillot tunisien face au Cap-Vert. Saber Khelifa, prometteur attaquant qui évolue lui aussi en France, a également marqué contre les Requins bleus. Sami Allagui fait régulièrement parler de lui en Allemagne, où il est sous contrat avec Mayence, et Youssef Msakni est aujourd'hui le jeune le plus courtisé d’Afrique, après deux saisons prolifiques avec l’Espérance de Tunis, championne d’Afrique.

En défense, Ammar Jemal et Walid Hichri forment habituellement une arrière-garde solide aux côtés du vétéran Anis Boussaïdi, tandis qu’Aymen Mathlouthi compte parmi les meilleurs portiers d’Afrique. Trabelsi répète cependant que l’unité de son groupe prime sur toute autre considération. "Nous n’avons pas de stars comme dans d’autres pays d’Afrique. Notre force, c’est le collectif", disait-il récemment.

Un collectif tellement puissant qu’il se veut aujourd’hui résolument optimiste quant à son avenir, comme le résume Jomaa : "Notre groupe a l’air ouvert et je suis vraiment persuadé que nous avons une bonne chance de passer".