La belle escalade des Azkals
© AFP

Les progrès constants des Philippines se sont traduits par l’accession à leur rang le plus élevé au Classement Mondial FIFA/Coca Cola, où la sélection a gravi quatre échelons pour occuper la 143ème place en novembre. Son dernier bond est attribuable à de solides prestations en amical, notamment une victoire 3:1 sur Chinese Taipei et un match nul avec Bahreïn.

L’ascension des Azkals peut paraître modeste par rapport à celle du Myanmar, qui a signé la meilleure progression de l’AFC en montant 28 marches jusqu’à la 156ème place. Mais la réussite des Philippins reflète le travail de fond effectué sous la houlette du sélectionneur Michael Weiss. Depuis que le technicien allemand a pris les rênes en janvier 2011, l’équipe nationale enchaîne les résultats convaincants. De bon augure avant l'imminente Suzuki Cup, le Championnat d’Asie du Sud-Est.

Des résultats qui comptent
Le mandat de Weiss à la tête des Azkals a débuté par la qualification pour l'AFC Challenge Cup en mars 2012. Pour assurer leur première participation à la compétition réunissant les nations secondaires de l’AFC, les Philippines ont remporté leur double confrontation face à la Mongolie en barrage, avant de devancer le Bangladesh et le Myanmar.

Galvanisés par cet exploit, les protégés de Weiss ont réalisé un parcours ravageur, écartant des sélections comme le Tadjikistan ou l’Inde, tenante du titre, sur la route d’une improbable qualification pour le dernier carré. Défaits 2:1 par le Turkménistan en demi-finale, ils ont tout de même pris le bronze à la faveur de leur haletant succès 4:3 sur la Palestine.

Cette épopée en forme de révélation sur la scène asiatique a permis de mettre en lumière de nombreux talents. Basé en Espagne, le défenseur Juan Luis Guirado a fait valoir sa présence rassurante à l’arrière, tandis qu’Emelio Caligdong a excellé dans son double rôle de capitaine et de créateur.

Mais la vedette est revenue aux deux frères Younghusband nés en Angleterre. James, l’aîné, a impressionné par son abattage dans l'entrejeu, et Phil a terminé meilleur buteur de la compétition avec six buts.

Ambitions régionales
Stimulés par leurs belles prestations à l’AFC Challenge Cup, les Philippins abordent la Suzuki Cup avec des ambitions logiquement élevée. Lors de la dernière édition, en 2010, ils étaient sortis de nulle part pour accéder au dernier carré, où ils s’étaient inclinés de justesse face à l’Indonésie. L’expérimenté Cristian Gonzales avait alors marqué l’unique but de chacune des manches.

Cette fois, l’équipe philippine aborde l'épreuve avec des attentes et un statut différents. Elle est du reste considérée comme l’une des grandes candidates au titre, ce qui ne manque pas de réjouir le manager de la sélection, Dan Palami : "En 2010, nous avions surpris tout le monde. Maintenant, nous ne sommes plus considérés comme des outsiders et toutes les équipes s’attendent à souffrir contre nous. Nous devons nous montrer à la hauteur de nos attentes, non seulement pour nos supporters mais aussi pour les autres équipes."

Ce discours plein de confiance s'appuie sur une préparation convaincante. Les Azkals ont disputé huit matches sans en perdre un seul entre mai et octobre, remportant au passage la première édition de la Philippines Peace Cup après un parcours impeccable. C’est donc en tant que tête de série numéro 2 derrière le Viêt-Nam, qui partage leur groupe, que les Philippines abordent la compétition. Une étiquette à laquelle elles ne sont pas habituées.

Toutefois, l’expérimenté Weiss met en garde ses joueurs contre tout excès de confiance dans un groupe par ailleurs composé des coorganisateurs, la Thaïlande et le Myanmar. "L'important, ce n’est pas notre rang au Classement FIFA, mais notre niveau de performance sur le terrain", annonce l'Allemand. "Ce qui compte, c’est la façon dont nous allons nous préparer pour les matches et bâtir la confiance de l’équipe. Cette compétition va être très disputée et il ne faudra négliger aucun adversaire."