Dès qu'il évoque les espoirs du FC Lucerne, Markus Babbel s'emballe. Les Suisses sont décidés à défendre leur titre dans le Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars. Aujourd'hui âgé de 43 ans, l'ancien défenseur international allemand a remporté l'UEFA EURO 1996. Mais l'actuel entraîneur des pros du FC Lucerne a également participé à cette prestigieuse compétition de jeunes en 1990, 1991 et 1992, sous les couleurs du Bayern Munich. Au micro de FIFA.com, Babbel évoque ses souvenirs du début des années 90 et les difficultés liées à la formation.  

Markus, l'an dernier, le FC Lucerne a créé la surprise en remportant le Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars. Cette nouvelle génération est-elle prête à prendre la relève en équipe première ?  
Nous avons remporté un magnifique succès l'an dernier. J'étais très heureux pour les joueurs et pour leur entraîneur, Gerardo Seoane. Le Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars est une compétition importante. Pour un petit club comme le FC Lucerne, c'est formidable d'inscrire son nom au palmarès. Ça prouve que nous avons de bonnes idées en matière de formation. Maintenant, nous espérons que quelques-uns de ces joueurs parviendront à s'imposer en équipe première. Remo Arnold est l'exemple à suivre. Il s'entraîne déjà avec le groupe professionnel et il a même fait quelques apparitions en Super League. Quatre ou cinq vainqueurs de ce tournoi s'entraînent toujours chez nous. Nous souhaitons les voir passer professionnels. Nous croyons en eux et nous allons tout faire pour les y aider.  

Vous avez vous-même participé à trois reprises au Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars, en 1990, 1991 et 1992, sous les couleurs du Bayern Munich. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je ne me rappelle pas du moindre détail, car ça remonte tout de même assez loin ! Mais à l'époque, ce tournoi bénéficiait déjà d'une belle réputation et on trouvait quelques noms ronflants parmi la liste des participants. Malheureusement, nous n'avons jamais réussi à remporter cette compétition (3ème en 1990, 4ème en 1991 et au-delà de la 4ème place en 1992). Le niveau était excellent, déjà à l'époque. Pour les jeunes joueurs que nous étions, c'était une belle opportunité d'affronter des clubs comme Manchester United et l'Inter Milan ou des formations brésiliennes. Le casting du Tournoi Juniors FIFA/Blue Stars faisait toujours rêver et nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir y prendre part.    

Ce tournoi attire par ailleurs de nombreux recruteurs. Aviez-vous conscience de la possibilité de vous faire un nom en livrant de bonnes performances à Zurich ?
Non. En tant que joueur, on pense avant tout à gagner. C'est le plus important. Quand on participe à un tournoi, c'est pour essayer d'aller au bout. Toujours ! Pour ça, il faut évoluer à son meilleur niveau. Parfois, la réussite est au rendez-vous, d'autres fois non. Mais j'ai toujours essayé de donner le maximum. Peu importe qui se trouvait en tribune. Je voulais gagner avec mon équipe.

Quel regard portez-vous sur la formation ? Avez-vous le sentiment que l'on en fait trop ou trop peu pour les jeunes joueurs ?
Il faut faire attention. Je constate une évolution qui, selon moi, pourrait devenir problématique. Prenons l'exemple des sélections de jeunes, ça représente beaucoup de matches en plus. Il y a d'un côté les obligations en club et, de l'autre, les convocations en sélection. On oublie souvent que ces jeunes sont encore à l'école ou en formation professionnelle. À cause du football, ils manquent des cours ou des heures de travail en entreprise. En Suisse, un jeune qui a du talent peut rapidement passer professionnel. Maintenant, faisons la liste de toutes ces obligations : matches en club, matches en sélection, un entraînement plus exigeant en équipe première, l'école ou la formation… avec tout ça, il arrive que les performances d'un jeune varient énormément, d'autant qu'il faut aussi prendre en compte les blessures. Je me demande parfois si tout ça ne fait pas un peu trop. Il faut trouver le bon équilibre. Il me semble également très important que les différents entraîneurs communiquent entre eux. Nous devons protéger les joueurs. Néanmoins, il ne fait aucun doute qu'un jeune joueur a beaucoup plus d'opportunités que je n'en avais à mon époque. Les jeunes d'aujourd'hui bénéficient d'une formation de très grande qualité.