Une demi-finale de Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2002, une nouvelle qualification pour l’édition 2004, la formation U20 qualifiée pour le rendez-vous mondial cette année... Le Mali se porte bien ! Et pourtant, c’est au moment où tout semble aller le mieux que l’on chamboule tout. Christian Dalger, entraîneur de l’équipe nationale, l’a appris à ses dépens. A la fin du mois d’août, le Français a été remercié et aussitôt remplacé par un autre Français, Henri Stambouli. Explications.

Le 5 juillet dernier, après une ultime victoire contre les Seychelles (2 :0), le Mali se qualifie pour la Coupe d’Afrique des Nations, en terminant premier du Groupe 6. Moins de deux mois plus tard, l’homme qui a permis ce succès, l’entraîneur Christian Dalger, est remercié. Il avait signé un contrat de deux ans, en juillet 2002, avec le double objectif de qualifier l’équipe pour la CAN 2004 et la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006. Un challenge qui ne l’effrayait guère. "Je me sens apte à entraîner le Mali et à aider l'équipe à atteindre ses objectifs. Je pense que je vais réussir ici", affirmait-il à son arrivée...

Malgré les victoires, Dalger ne fait pas l’unanimité, ni dans la presse, ni auprès des joueurs, ni au sein de la Fédération. Il remplace alors Henryk Kasperczack, reparti en Pologne pour entraîner le Wisla Cracovie, dont la popularité avait été assurée par sa demi-finale de CAN 2002. Difficile de faire mieux...

Le "manque d’autorité" de Christian Dalger est évoqué. "L’indiscipline commençait à s’installer, les joueurs lui manquaient de respect, certains ne se gênaient pas pour le dire", explique-t-on à la Fédération malienne. Autant de griefs qui lui ont coûté sa place. "Nous nous sommes qualifiés, certes, mais dans une poule qui devait être facile, nous avons tremblé jusqu’au bout. Ce n’est pas satisfaisant".

Recommandé par Tigana
Pour le remplacer, la Fédération malienne a fait appel au Français Henri Stambouli. "Pour la CAN, nous voulions un homme à poigne, qui tienne l’équipe", explique la Fédération. Entraîneur de Sedan, en première division française, jusqu’en janvier dernier, il est passé par Marseille, Strasbourg (France) et le FC Sion (Suisse). Il a également vécu une expérience auprès de l’équipe nationale de Guinée quelques mois en 2002. La Fédération malienne a proposé la place d’adjoint à Cheick Fantamady Diallo, un homme du cru. Celui-là même qui avait démissionné du poste d’entraîneur de l’équipe U-20 au printemps, ne se sentant pas "soutenu par ses pairs"...

Stambouli a également été recommandé par Jean Tigana. L’illustre milieu de terrain de l’équipe de France des années 80, originaire du Mali, avait croisé sa route à Marseille. "Nous avons reçu plusieurs candidatures. Jean Tigana, qui ne pouvait pas prendre les rênes, nous a donné des noms. Nous avons opté pour M.Stambouli", précise-t-on de source fédérale.

Il reste à Henri Stambouli à réussir la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, Tunisie 2004. C’est à dire faire au moins aussi bien qu’en 2002, où les Aigles avaient terminé à la quatrième place. Mais même en cas de réussite, rien ne dit que Stambouli sera maintenu. Son prédécesseur ne dira pas le contraire...