Tuvalu, minuscule archipel de 26 kilomètres carrés et quelque 12 000 habitants, est indépendant depuis 1978. Au cœur d'une région pourtant dominée par le rugby, le football est roi à Tuvalu. Une incongruité qui explique l'acharnement avec lequel M.Tapugao Falefou, Président de la Fédération de football, appuyé par le Premier Ministre ilien Apisai Ielemia, souhaitent pour être membre de la FIFA. FIFA.com a rencontré les deux hommes, en visite à la FIFA.

M. le Premier Ministre, M. le Président, expliquez-nous les raisons de votre visite à la FIFA ?
Apisai Ielemia (AI) : Je suis venu à Bruxelles pour ouvrir une mission à l'Union Européenne, j'en ai profité pour faire un crochet à Zurich pour accompagner M.Tapugao Falefou à la FIFA.

Tapugao Falefou (TF) : nous sommes ici pour évoquer notre candidature pour devenir membre de la FIFA et c'est une grande chance d'avoir le Premier Ministre avec nous. Nous sommes membre associé à l'OFC depuis l'an passé, la prochaine étape est donc d'intégrer la FIFA.

Parlez-nous du football à Tuvalu...
TF : Tout d'abord, c'est le sport numéro 1, tout le monde ou presque y joue ! La saison se déroule entre février et octobre. La "Premier League" comprend neuf clubs. Nous avons commencé cette année à recenser le nombre de joueurs, mais c'est un travail fastidieux et il faut comprendre que notre fédération est basée sur le volontariat uniquement. Nous aurions bien besoin de quelques employés à plein temps...

AI : En terme d'équipe nationale, nous avons joué les qualifications pour les Jeux du Pacifique Sud, qui faisaient également office de premier tour de qualification pour la Coupe du Monde 2010. Nous apprenons, mais nous pouvons être satisfaits de nos résultats : nous avons très mal commencé contre les Fidji (16 :0), mais après, nous nous sommes inclinés 1:0 contre la Nouvelle-Calédonie après avoir résisté une mi-temps, puis nous avons arraché un nul contre Tahiti (1:1). Ce sont deux équipes fortes du Pacifique, c'est de bon augure.

En quoi une adhésion à la FIFA vous aiderait ?
TF : nous pourrions professionnaliser notre football. Par exemple, nous ne pouvons pas payer un sélectionneur pour l'équipe nationale. Si nous en avions un, je suis sûr que nous progresserions beaucoup.

AI : Nous souhaitons faire partie de la FIFA depuis 1987. Nous sommes membre des Nations Unies depuis septembre 2000. En un sens l'étape suivante est de faire partie de la grande famille du football.