Wadie Jary n’a pas 40 ans et il est le nouveau Président de la Fédération tunisienne de football (FTF), depuis le 31 mars dernier. Il faut dire que l’homme est pressé. "J’ai été Président de club dès mes 28 ans, le CS Ben Guerdane, proche de la frontière libyenne. Le club était alors en cinquième division et depuis, il y a eu une accession chaque saison. J’ai laissé le club en Ligue 2 à un niveau professionnel. Je suis également membre fédéral depuis mes 33 ans, j’ai appartenu à de nombreuses commissions, la Commission des équipes de jeunes, la Commission de l’équipe nationale, etc.", détaille-t-il lors de sa visite au Siège de la FIFA, vendredi 11 mai.

Lui-même ancien joueur du CS Ben Guerdane, il a pu parler football avec le Président Joseph S. Blatter. Mais aussi, et surtout, des projets de la Fédération. "Nous avons discuté de notre programme de travail pour le cycle 2012-2016 en particulier ce qui concerne la Direction technique et nous avons aussi évoqué les échéances de l’équipe nationale".

Mais ce n’est pas tout. Car on vous le dit, l’homme veut aller vite, et bien. "En termes de développement, nous avons plusieurs projets. D’abord la Maison des Arbitres, un projet Goal que nous espérons commencer très prochainement et qui pourrait être prêt en 18 mois. Nous voulons aussi réaménager les bâtiments de la Direction Technique nationale. Et puis à plus long terme nous souhaiterions mettre en place un hôtel d’une soixantaine de chambres pour les équipes nationales."

Nous voulons mieux aider le football amateur, notre but étant d’aller vers la gratuité totale d’accès, pour pousser à la pratique

Les ambitions de Wadie Jary

Tout un programme
Le printemps arabe de 2011, dont le vent de liberté a touché la Tunisie en tout premier, est toujours présent dans les esprits. Et semble donner des ailes à Jary. "Nous voulons mieux aider le football amateur, notre but étant d’aller vers la gratuité totale d’accès, pour pousser à la pratique, en particulier des disciplines comme le Futsal et le football féminin. Nous voulons faciliter la tâche des clubs. Nous voulons aussi recruter des techniciens qualifiés pour le football féminin et le Futsal, des préparateurs physiques et techniques pour les arbitres. Nous voulons baisser l’âge de recrutement des arbitres, pour qu’ils acquièrent plus d’expérience afin d’être prêts pour les grands tournois comme la CAN ou la Coupe du Monde de la FIFA". Tout un programme, en somme.

Le but est de relancer le football par la base, mais aussi de redorer le blason des équipes nationales. Car les équipes de jeunes ont eu du mal à percer depuis quelques années. "Depuis 2007, quand nos moins de 17 ans ont passé le premier tour de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA en Corée - un exploit inégalé pour nos équipes nationales -, il est vrai que nos formations de jeunes ont eu plus de mal. Mais j’espère bien que notre centre de formation nationale à Tunis va nous permettre d’avoir des équipes cadettes et juniors performantes très bientôt", espère Jary, qui fonde de grands espoirs dans l’équipe nationale, qui va entamer fin juin sa campagne de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2014.

Prudent mais ambitieux
Mais il sait aussi rester prudent, malgré un groupe à la portée des Aigles de Carthage (Cap-Vert, Guinée Equatoriale, Sierra Leone). "Nous devons bien préparer notre équipe nationale. Aucune équipe ne peut être considérée comme facile, ce type de raisonnement nous a parfois joué des tours dans le passé. Nous allons tout mettre en œuvre pour nous qualifier pour 2014."

Le football est avant tout un spectacle qui génère des émotions. Et c’est bien triste dans un stade vide

Jary sur le huis-clos

Reste que pour le moment, les matches du championnat se jouent à huis-clos, pour des raisons de sécurité. Une situation qui n’est pas propice à développer la passion du ballon rond. Ce que Jary sait bien. "Nous venons d’envoyer aux autorités une suggestion pour permettre au public de revenir. Car le football est avant tout un spectacle qui génère des émotions. Et c’est bien triste dans un stade vide", résume-t-il. Avant de nous saluer pour repartir travailler. Vite. Et bien.