Arrêt Cardiaque

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© FIFA.com

Qu’est-ce qu’un arrêt cardiaque ?

Un arrêt cardiaque survient lorsque le cœur cesse soudainement d’alimenter en sang les organes vitaux. Tout un chacun peut y être confronté, généralement sans aucun signe avant-coureur, et ce à n’importe quel moment ou endroit et même si la personne semble en bonne santé.

Après le décès tragique du joueur camerounais Marc-Vivien Foé, victime d’un arrêt cardiaque lors d’un match de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2003, l’instance dirigeante a décidé de mettre en place une série d’initiatives visant à prévenir et sensibiliser les joueurs à ce sujet. En 2006, la FIFA a ainsi mis à jour les examens médicaux d’avant compétition afin d’y introduire l’identification d’anomalies cardiovasculaires. Elle dispense également des formations aux mesures d’urgence à l’intention des arbitres, des scientifiques spécialisés dans le sport, des joueurs et des employés de la FIFA, les intégrant aux séminaires médicaux organisés dans le cadre des compétitions de la FIFA. En 2016, la FIFA a aussi créé un Diplôme en médecine du football – en ligne et gratuit –, permettant aux médecins d’apprendre, d’échanger, de rechercher et de sensibiliser. Deux des modules du diplôme sont consacrés aux arrêts cardiaques et à la réanimation cardio-pulmonaire. En 2018, la FIFA a par ailleurs lancé une campagne sur les arrêts cardiaques composée d’une affiche didactique, de présentations et de séminaires, s’appuyant sur la popularité du football pour sensibiliser le public à cet important sujet afin de sauver des vies sur le terrain comme en dehors

Quelles sont les causes d’un arrêt cardiaque ?

Les causes d’un arrêt cardiaque sont nombreuses. Elles vont ainsi de maladies ou anomalies du cœur dès la naissance à des infections virales des voies respiratoires supérieures, telles que la grippe, qui provoquent une inflammation du muscle du cœur pendant trois à cinq jours lorsqu’elles sont associées à un exercice intense au cours de cette période. Le recours à des médicaments ou des stimulants entraîne également un risque accru d’arrêt cardiaque dans le cadre d’une activité physique. Une autre cause, mais qui reste très rare, peut être l’impact d’un objet, tel qu’un ballon, sur la partie centrale du thorax à un moment particulièrement vulnérable du cycle cardiaque.

Symptômes d’un arrêt cardiaque

  • Effondrement sans contact
    • Tout joueur qui s’effondre sans qu’il n’y ait eu de contact avec un autre joueur, un ballon ou tout autre élément doit être considéré comme étant victime d’un arrêt cardiaque jusqu’à preuve du contraire. Toute personne (joueurs, arbitres, délégation de l’équipe, équipe médicale, etc.) se trouvant sur le terrain ou au niveau de la ligne de touche doit être attentive à ce type de situation.
  • Perte de connaissance et absence de réaction

    • Le joueur ne réagit à aucun stimulus, qu’il soit physique ou verbal.
  • Respiration anormale ou inexistante

    • Les joueurs victimes d’un arrêt cardiaque présenteront une respiration rapide mais normale pendant 90 secondes avant qu’elle ne devienne anormale et haletante, pour finir par cesser complètement (apnée). Si la respiration du joueur est normale, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne se trouve pas en arrêt cardiaque.
  • Convulsions ou mouvements myocloniques

    • Ces mouvements lents et involontaires ne doivent pas être confondus ou traités initialement comme s’il s’agissait de convulsions, le diagnostic et la réanimation risquant alors d’arriver trop tardivement.

Mesures d’urgence en cas d’arrêt cardiaque

  • Si un joueur ou un arbitre s’écroule sur le terrain malgré l’absence de contact avec une autre personne, le ballon ou un autre élément, rendez-vous immédiatement auprès de lui et n’oubliez pas que chaque seconde compte
  • Évaluez alors si la personne réagit
  • Mettez-la sur le dos, en manipulant sa nuque avec précaution
  • Appelez les secours à l’aide du numéro d’urgence local et demandez une assistance immédiate en l’absence de personnes en mesure de prodiguer les soins adéquats
  • Un défibrillateur externe automatique devrait en principe toujours se trouver sur le site d’entraînement ou les stades. Toutefois, si aucun défibrillateur n’est disponible à proximité, demandez en immédiatement
  • Pendant qu’une personne est allée chercher le défibrillateur ou est en train de contacter les services d’urgences, commencez la réanimation au moyen de compressions thoraciques. N’interrompez l’exercice sous aucun prétexte car c’est ce qui maintient le patient en vie
  • Une fois en possession du défibrillateur, allumez-le et suivez les instructions sonores : https://www.youtube.com/watch?v=lbXoJzE9oRg
  • N’oubliez pas d’appeler immédiatement les services médicaux d’urgence
  • Ceux-ci sont en mesure de fournir des soins avancés en matière d’arrêt cardiaque. Dans beaucoup de compétitions, l’équipe médicale présente sur la ligne de touche se chargera de toutes les procédures susmentionnées

Comment prévenir les arrêts cardiaques

  • Soumettre chaque année tous les joueurs à une évaluation médicale
  • Définir un plan d’action médical qui doit être connu de tous les secouristes et prestataires de santé pour chaque match et séance d’entraînement
  • Connaître les techniques de réanimation en cas d’arrêt cardiaque
  • Disposer d’un défibrillateur externe automatique à proximité et en connaître l’emplacement
  • Suivre une formation en réanimation cardio-pulmonaire
  • Formations – il est recommandé aux joueurs, officiels, arbitres et personnels rattachés à un stade ou à un site d’entraînement de suivre une formation de base sur les techniques de réanimation cardio-pulmonaire et l’utilisation du défibrillateur externe automatique

Le personnel médical doit suivre de près la santé d’un joueur atteint d’un virus
ou d’une infection et prendre les mesures appropriées.

Évaluations médicales de tous les joueurs et examens médicaux réguliers

En 2006, la FIFA a introduit un examen médical d’avant-compétition obligatoire, qui inclut un électrocardiogramme ainsi qu’un échocardiogramme, si nécessaire. Elle cherche ainsi à mieux détecter toute maladie génétique ou problème cardiaque. Cet examen nécessite l’obtention des antécédents médicaux du joueur et de sa famille ainsi que la réalisation d’un examen d’aptitude à l’activité physique et d’un électrocardiogramme. Certaines anomalies cardiaques graves peuvent toutefois ne pas être détectées lors de l’examen médical d’avant-compétition. La présence de personnel formé aux arrêts cardiaques et capable de réaliser une réanimation cardio-pulmonaire ainsi que d’utiliser un défibrillateur externe automatique est par conséquent obligatoire lors de tous les entraînements et matches dans le cadre d’une compétition de la FIFA.

Qu’est-ce qu’un plan d’action médical ?

Chaque école, club et organisation dans lequel le football est pratiqué doit être en mesure de gérer tout problème cardiaque d’un joueur. Il est essentiel de définir un plan d’urgence pour les arrêts cardiaques avec des mesures simples qui assurent une réponse efficace et structurée. Ce plan doit être simulé au moins une fois par an. Il comprend en outre une formation régulière des officiels et des membres de l’équipe et doit inclure les éléments suivants :

  • identification des arrêts cardiaques ;
  • comportement à adopter sur le terrain ;
  • utilisation de la réanimation cardio-pulmonaire et du défibrillateur externe automatique (réanimation) ;
  • demande d’aide et appel des services médicaux d’urgence ;
  • déplacement du joueur hors du terrain de manière sûre et efficace
  • Une ambulance avec un personnel qualifié ainsi qu’un équipement médical complet doivent se trouver dans le stade lors de tous les matches.

Bon à savoir

  • Pour sauver des vies, il est essentiel d’agir vite. Par ailleurs, il serait possible de doubler voire tripler le taux de survie si davantage de personnes connaissaient les gestes de premiers secours.
  • Au cours des dix dernières années, un footballeur meurt tous les mois à la suite d’un arrêt cardiaque.
  • En réalisant une défibrillation dans les deux minutes après la chute du joueur, ses chances de survie peuvent être de 100%.
  • Disponible en plusieurs langues et en téléchargement gratuit, l’application CPR11 fournit des instructions claires et précises sur les techniques de réanimation cardio-pulmonaire, l’utilisation du défibrillateur et le transport du joueur.

Pour de plus amples informations à ce sujet, consultez la rubrique relative aux arrêts cardiaques sur le site Internet du Diplôme de la FIFA en médecine du football ( http://fifamedicinediploma.com/courses/sudden-cardiac-arrest/) ou contactez votre fédération ou un centre médical.

Check-list pour les clubs et les joueurs

  • Soumettez-vous tous vos joueurs à une évaluation médicale ?

  • Connaissez-vous les techniques de réanimation en cas d’arrêt cardiaque ? Avez-vous suivi la formation obligatoire concernant la réanimation cardio-pulmonaire et l’utilisation d’un défibrillateur ?

  • Disposez-vous d’un plan d’urgence ?

  • Les rôles et responsabilités de chacun sont-ils clairement définis dans le plan d’urgence ?

  • Simulez-vous le plan d’urgence au moins une fois par an ?

  • Ce plan inclut-il le déplacement du joueur hors du terrain ?

  • Disposez-vous d’un défibrillateur externe automatique ? Si oui, où se trouve-t-il ? Veillez à ce qu’il soit à proximité du terrain et facile à trouver.

  • Savez-vous réaliser une réanimation cardio-pulmonaire et utiliser un défibrillateur externe automatique ? Pensez à suivre une formation pour agir du mieux possible en cas d’urgence.

  • Disposez-vous du personnel et de l’équipement adéquats ?

Liens utiles

Module sur la réanimation cardio-pulmonaire du Diplôme de la FIFA en médecine du football : http://fifamedicinediploma.com/lessons/sca-cpr/

Module sur les arrêts cardiaques du Diplôme de la FIFA en médecine du football : http://fifamedicinediploma.com/courses/sudden-cardiac-arrest/

https://www.youtube.com/watch?v=lbXoJzE9oRg

L’ensemble des recommandations ci-dessus sont uniquement destinées à être suivies lors des compétitions de la FIFA et ne constituent donc pas ni ne visent à constituer une norme en matière de soins. Outre le fait qu’elles n’ont pas pour but de remplacer l’avis clinique du personnel médical, ces recommandations doivent être considérées sur la base des besoins individuels du patient et des faits et circonstances spécifiques.

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