Développement

GOAL - déjà dix ans de développement

President Blatter was inaugurating a Goal project in Japan, 13 September 2009
© Others

À l'origine du programme Goal, initié par le Président de la FIFA, Joseph S. Blatter, en 1999, il y avait avant tout une idée-force : donner aux fédérations nationales de football les moyens de se développer par elles-mêmes. Cette idée, qui à l'époque pouvait faire peur au vu de l'ampleur du projet, est devenue une réalité palpable dix ans plus tard. Ce sont aujourd'hui plus de trois cents projets qui ont été inaugurés ou sont en cours de réalisation.

Le 1er octobre 1999, les onze projets pilotes de ce tout nouveau programme de développement de la FIFA étaient approuvés. Au centre de cette initiative, une réflexion et une stratégie nées d'une question : comment aider les associations membres à grandir sans tomber dans le travers de l'assistanat ? Goal fut la réponse à cette préoccupation. L'objectif de cet extraordinaire plan d'action était simple : fournir aux associations membres les infrastructures nécessaires à leur développement sur le long terme.

Il y a dix ans, le cœur du problème semblait insurmontable pour des fédérations de pays défavorisés. Comment s'organiser, croître, se professionnaliser et enfin développer le football lorsqu'on n'a pas de bureaux, de terrain correct ni de vestiaires ? Au manque d'infrastructures venait bien sûr se greffer la question du financement de leur construction.

La FIFA, soucieuse de conserver son rôle de facilitatrice pour ses associations membres, se devait alors de réfléchir au concept même de développement. Depuis 1975, année de lancement du programme mondial de développement de la FIFA, l'instance dirigeante du football mondial cherchait à dynamiser les fédérations du monde entier en organisant des cours d'administration, d'entraînement ou encore d'arbitrage afin de dispenser les compétences nécessaires à tout développement. Mais ces initiatives ne pouvaient que difficilement porter leurs fruits dans des pays manquant cruellement de moyens et d'infrastructures pour appliquer ces principes. De là est notamment née l'idée de la « Maison du Football », un des piliers du programme. Le Président de la FIFA entendait ainsi doter chaque association membre d'un complexe réunissant les fonctions de siège administratif et de centre technique, qui deviendrait alors le centre névralgique du développement du football.

Soutenu par la Commission Technique de la FIFA, le Président Blatter lançait alors en 1999 le programme Goal, avec un premier budget de cent millions de francs suisses à répartir sur cent fédérations en trois ans.

L'histoire du projet Goal, programme de développement phare de la FIFA depuis dix ans, ne peut se résumer par de simples chiffres. Toutefois, ceux-ci sont impressionnants : Goal, c'est à l'heure actuelle 386 projets achevés ou en cours de réalisation ; 127 638 596* *dollars pour le financement des projets, sans compter les apports des fédérations, du Programme d'Assistance Financière de la FIFA, ou d'autres contributions exceptionnelles notamment de la part des gouvernements. Goal, c'est aussi 76 terrains artificiels, 97 sièges administratifs, ou encore 176 centres techniques de football...

Pour les pays les plus dynamiques, le projet en est à sa troisième, voire dans certains cas, dans sa quatrième phase.

L'objectif fixé en 1999 n'a donc pas seulement été atteint. Dix ans plus tard, il a été largement dépassé, notamment grâce à l'engouement dont ont fait preuve les associations membres pour ce programme. Aujourd'hui, seules dix-neuf d'entre elles n'ont pas encore reçu ou proposé de projet. Ce qui signifie qu'un projet Goal au moins a été lancé dans 189 fédérations.

Citons l'exemple de la Géorgie où les synergies entre la FIFA, l'UEFA et le gouvernement local ont permis de grandes avancées. En 2001, le Bureau Goal approuvait un premier projet qui prévoyait la construction, à Tbilissi, d'un centre technique national comprenant un complexe d'hébergement, plusieurs terrains de jeu, des vestiaires ainsi que des bureaux. Deux ans après l'inauguration du centre technique en 2003, c'était au tour du projet Goal II de permettre l'installation, en 2005, du tout premier terrain en gazon artificiel dans le pays, faisant du centre technique une infrastructure exploitable fréquemment et tout au long de l'année. Aujourd'hui, la Géorgie en est à son troisième projet Goal qui vise la mise en place d'un programme de développement à l'attention des jeunes du pays. Le centre est donc prêt à accueillir toutes les sélections du pays, qu'il s'agisse de football féminin, masculin ou juniors, sans oublier bien sûr la sélection « A ».

Tel est donc le modèle de base des projets Goal que l'on retrouve un peu partout dans le monde, comme en témoignent d'autres pays tels que la Jordanie (construction d'un centre technique et d'un terrain en gazon artificiel), le Bangladesh et le Cap-Vert (siège administratif et centre technique, terrain en gazon artificiel), ou encore le Nicaragua (centre technique et terrain en gazon naturel).

Ailleurs, certaines associations membres ont fait appel au programme Goal pour développer le futsal et le beach soccer en faisant construire des installations adaptées à ces disciplines au sein de leurs centres techniques. C'est le cas de la fédération argentine qui a fait le choix de miser sur le futsal et le beach soccer en se dotant d'infrastructures spécifiques tels qu'une salle de futsal, des bureaux administratifs, une unité médicale, un éclairage pour le terrain de beach soccer.

Goal a ainsi donné une base indispensable - pourtant encore difficilement concevable il y a quelques années - au développement du football. Qui aurait cru qu'en 2009, un instructeur de la FIFA se rendrait à Ramallah, pendant dix jours pour donner un cours d'entraînement à des instructeurs palestiniens, et ce sur un terrain en gazon artificiel flambant neuf ? L'exemple de la Palestine en est un parmi tant d'autres.

Reynald Temarii, président de l'OFC et membre du Bureau Goal, n'a pas manqué d'expliquer à FIFA World les répercussions de ce programme sur sa confédération : « Aujourd'hui, grâce à Goal chacune des onze associations membres de l'OFC dispose d'un véritable centre technique et d'un siège administratif, ce qui est une première dans l'histoire du sport en Océanie. Ces infrastructures permettent ainsi de lancer et de consolider les programmes de développement, de renforcer l'autonomie des associations membres, de découvrir et de former les jeunes talents dans toute la région du Pacifique. Ces installations ont favorisé la préparation et la qualification historique des Îles Salomon pour la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2008 et la Coupe du Monde de Beach soccer de la FIFA 2009, ainsi que de Tahiti pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2009.

Le programme Goal prévoit de se concentrer, au cours de ces dix prochaines années, sur l'animation des centres de football et des clubs en collaborant notamment avec les pouvoirs publics et le secteur privé. Il est également prévu de renforcer la formation de personnes locales en gestion, en management et en encadrement technique. »

*Une norme incontournable pour l'avenir *Désormais, c'est l'ensemble des domaines du développement du football qui peuvent prendre de nouvelles dimensions : professionnalisation des structures administratives du football, formation des dirigeants et des arbitres, meilleures conditions de préparation des sélections nationales, découverte de talents et formation des jeunes, prise en charge médicale... La première étape est donc franchie, et c'est maintenant au tour de la base du football, à savoir les clubs et les jeunes, de prendre le relais en se servant de l'élan insufflé par Goal.

Le succès d'un programme d'une telle envergure renforce ainsi la FIFA et ses associations membres dans leur volonté de collaborer étroitement et de créer de nouvelles mesures de développement du football dans le monde. Qu'il s'agisse du Président Blatter, du Bureau Goal, chargé de sélectionner et d'approuver les projets, ou des fédérations participantes, tous les acteurs impliqués dans ce programme ont su concrétiser ce qui, il y a dix ans, s'apparentait à une véritable entreprise herculéenne.

Goal a profondément bouleversé la vision du développement du football de la FIFA et de l'ensemble de la famille du football. Il représente désormais une norme incontournable pour les futurs projets Goal et autres initiatives de développement. Mais pas question pour la FIFA et ses associations membres de stagner. L'objectif est désormais de faire encore mieux, avec notamment en ligne de mire l'animation technique des infrastructures qui ont vu le jour grâce à Goal.

Cet article est tiré du numéro d'octobre de FIFA World, le nouveau magazine de la FIFA. Chaque mois, vous pouvez découvrir l'intégralité du magazine FIFA World du mois en cliquant sur le lien dans la colonne de droite.

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