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Yaya Touré : "Le football est en pleine progression aux Maldives"

Yaya Touré in Maldives
© FIFA.com
  • Yaya Touré, FIFA Legend, s’est rendu aux Maldives
  • Au programme, visite d'une académie de football et d'un stade
  • L’Ivoirien croit fermement au développement du football maldivien

Cela fait 18 ans que Yaya Touré brille sur les pelouses du monde entier. De l’ASEC Mimosa (Côte d’Ivoire) à Qingdao Huanghai (RP Chine) en passant par Monaco, le FC Barcelone ou encore Manchester City, l’Ivoirien a joué dans huit clubs différents, et a évolué sur trois continents. Ses 102 sélections sous le maillot des Elephants l’ont fait voyager presque partout. Mais il n’était encore jamais venu aux Maldives.

Grâce au Programme des FIFA Legends, c’est désormais chose faite ! Le milieu de terrain ivoirien s’est rendu dans l’archipel pour y apprécier l’avancée des progrès du football là-bas, et y découvrir son impressionnante côte de popularité.

Il a notamment visité de nouvelles infrastructures, en particuler une académie de football à Malé dont le financement a été conjointement soutenu par l'Etat et par le Programme Forward de la FIFA. Ce projet, qui comprend la construction de bâtiments administratifs et d'un terrain synthétique, devrait s'achever en avril 2020.

Yaya Touré a par ailleurs été invité par la Fédération Maldivienne de Football à célébrer la Fête Annuelle des Enfants. Elle a rassemblé 600 jeunes autour de la légende du football africain, au National Stadium, pour un moment unique fait d'échanges, de signatures d'autographes, et de selfies.

Quelques jours après son retour, il évoque au micro de FIFA.com ce qu’il retient de son séjour aux Maldives.

Les missions de Yaya Touré aux Maldives :

  • Rencontre des officiels de la Fédération Maldivienne de Football, dont le Président Bassam Adeel Jaleel
  • Visite d’écoles, d’infrastructures sportives
  • Visite d'une académie de football, à Malé, dont le financement a été soutenu par le Programme Forward
  • Match avec des jeunes Maldiviens
  • Célébration de la Fête annuelle des Enfants

Yaya, vous êtes de retour des Maldives. Mais ce n’était pour des vacances…

Oui, je m’y suis rendu pour la première fois et avec une grande curiosité. A mes yeux, les Maldives étaient avant tout une destination privilégiée pour vacanciers. Elles se résumaient à leurs plages paradisiaques et à leur paysage de carte postale. Je n’ai pas été déçu de ce côté-là. Mais je me suis rendu compte que ce pays était bien plus que cela. Il a bien d’autres richesses, à commencer par la gentillesse et l’énergie de ses habitants. Et pour ne rien gâcher, ce sont des amoureux du football !

A quel point avez-vous pu mesurer cela ?

Il suffit d’échanger avec les habitants et les enfants pour s’en convaincre. J’ai notamment visité une école locale. Cela a été une expérience humaine très forte. Et j’ai été surpris de voir combien les jeunes connaissaient bien le championnat anglais, notamment. Le fait de recevoir sur leurs terres un ancien joueur de Premier League est quelque chose qui, je crois, signifiait beaucoup pour eux. L’accueil qu’ils m’ont réservé a été exceptionnel. Cela a été très émouvant pour moi.

Ces échanges apportent beaucoup aux enfants. Mais que vous apportent-ils à vous ?

Cela touche que les enfants vous reconnaissent, de savoir que vous êtes un modèle pour certains. Ils ont soif d’apprendre, ils ont envie d’avoir le même parcours que vous, ils rêvent de voyager autant que vous... C’est très flatteur. Ce genre de moment vous donne conscience de la chance que vous avez eu de faire cette carrière.

Quel est le premier conseil que vous leur avez donné ?

Il faut d’une part que ces enfants croient en eux et d’autre part qu’ils continuent à s’amuser. Ils doivent envisager le football avant tout comme un jeu. La règle de base est de prendre du plaisir, mais aussi d’en donner.

Yaya Touré en bref :

  • FIFA Legend, milieu de terrain, 36 ans
  • Carrière en clubs : KSK Beveren (BEL), Metalurg Dontesk (UKR), Olympiakos (GRE) AS Monaco (FRA), FC Barcelone (ESP), Manchester City (ENG), Qingdao Huanghai (CHN)
  • Carrière internationale : 102 sélections avec la Côte d’Ivoire (19 buts)
  • Participation aux Coupe du Monde de la FIFA 2006, 2010 et 2014
  • Vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2015
  • Vainqueur de la Ligue des champions de l’UEFA 2009
  • Vainqueur de la Coupe du Monde des Clubs 2009
  • Joueur africain de l'année 2011, 2012, 2013 et 2014

Vous avez également rencontré les gens qui font vivre le football aux Maldives. Comment jugez-vous le travail de la fédération pour développer le football ?

Leur investissement personnel, leur volonté, et leur engagement sont impressionnants. Le Président Bassam Adeel Jaleel et son équipe font un travail gigantesque. Ils cherchent sans relâche les meilleurs moyens pour développer notre sport sur l’île. Et ce n’est pas facile. Il y a un obstacle majeur qui tient compte de la géographie du pays : c’est une petite île. Il y a par définition de l’eau partout ! Mais cela n’arrête pas le Président Bassam. On y bâtit des infrastructures de qualité. Tout est mis en œuvre pour qu’éclosent des jeunes talents. Et cela est en train de porter ses fruits. Le football est en pleine progression

Vous venez de connaître une expérience en RP Chine, pays d’Asie le plus peuplé. Vous étiez cette fois en visite dans l’un des pays d’Asie les moins peuplés. L’écart est-il le même en terme de passion pour le football ?

La passion pour le football est la même, mais les moyens pour faire progresser ce sport sont différents. La Chine est passée à une autre étape. Pour avoir vécu une expérience là-bas, j’ai pu voir de mes yeux la progression du football. Le pays s’est fixé des objectifs élevés, et a mis tout en œuvre pour les atteindre. Aux Maldives, les ressources humaines, géographiques et économiques ne sont pas les mêmes. Ils font avec les moyens du bord et partent d’un peu plus bas. Pour autant, les progrès sont manifestes. Et cela n’est pas près de s’arrêter.

Quel moment vous a le plus marqué lors de votre séjour aux Maldives ?

Ma venue au stade, accompagné de 500-600 jeunes ! C’était très fort. Mais toutes les rencontres que j’ai faites là-bas ont été enrichissantes : de celles avec les enfants, à celle avec le Ministre de la Culture, en passant par celle avec des dirigeants de club. J’étais curieux de de faire ce voyage, et je suis reparti comblé. C’est intéressant de voir un tel sport faire sa place sur une île, et de se pencher sur les défis liés à son développement sur un territoire encerclé ainsi par l’eau. Et j’en conclus que c’est très encourageant ! Les infrastructures commencent à germer, il y a un internat dédié au football… Pour réussir au football, il faut du talent, mais il faut aussi un cadre de travail et des conditions nécessaires pour que le talent puisse continuer à éclore.

Cela a été également votre première sortie en tant que FIFA Legend. Qu'avez-vous ressenti en tant que tel ?

J'avais déjà été convié à rejoindre les FIFA Legends pour une activité, mais cela n'a pas pu se faire à l'époque car j'avais des obligations avec mon club, en Chine. Lors que j'ai reçu cette nouvelle invitation, je n'ai pas hésité : c'était l'occasion non seulement de visiter un pays que je ne connaissais pas, mais aussi de voir ce que pouvait être le football dans un si petit pays. Cela restera une expérience inoubliable pour moi. J'ai ressenti là-bas de la passion pour le football, et j'ai été ravi de voir combien notre sport pouvait rendre heureux de jeunes garçons et de jeunes filles. Cela a été une grande fierté d'être reçu là-bas en tant que FIFA Legend. Et j'ai également conscience de la responsabilité qui m'incombe de délivrer le message selon lequel le football peut être une véritable source d'inspiration pour les jeunes à travers le monde. J'espère être réinvité : je me tiens prêt à contribuer à nouveau à ce Programme des Legends.

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