Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Rio de Janeiro 06

Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Rio de Janeiro 06

2 novembre - 12 novembre

Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2006

Arbitres de père en fils

Le 3 novembre 2006 restera une date importante dans la vie de la famille Benchabane. Il est un peu plus de 15 heures et la fin de la rencontre Etats-Unis - Japon a été proclamée depuis déjà longtemps. Pourtant il est toujours question de sifflet dans les tribunes du stade de Rio de Janeiro.

"Depuis combien de temps je te dis de le changer ? On ne t'entend pas !" C'est avec tout l'amour d'un père pour son fils que le Français Lakdar Benchabane, revient sur la première rencontre de Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA de son aîné Sofien.

Et dieu sait que le fiston a les oreilles grandes ouvertes quand il s'agit d'écouter son modèle paternel. "C'est vrai qu'il est toujours derrière moi. Pour lui je n'ai jamais fait un bon match. Mais au moins je sais en détails quelles ont été mes erreurs. Je le vis plutôt comme un avantage. J'apprends plus vite." A 22 ans, le jeune homme a déjà dix ans d'arbitrage derrière lui. Dix années d'affectifs recadrages : "Une seule fois après un match de Gambardella (Coupe de France des jeunes, ndlr) il n'a rien trouvé à me dire. Je m'en souviendrai toujours…"

Justement, qu'a pensé Lakdar de la prestation de son fils en ce jour particulier ? "Hormis cette histoire de sifflet qui m'agace profondément, je n'ai pas grand-chose à lui dire. Il a eu un carton rouge à mettre et n'a pas hésité un seul instant. Je dois même le féliciter pour ça." Les yeux de Sofien se baissent, ses joues rougissent…

Dans sa carrière d'arbitre international, Lakdar Benchabane, 'Ben' comme l'appellent affectueusement ses amis, a notamment officié lors d'une finale de Coupe de France, une douzaine de matches de Ligue des champions, le match de gala pour le tirage au sort de la Coupe du Monde de la FIFA 1998… Avant de passer au beach soccer pour lequel il a arbitré trois rendez-vous mondiaux. "Ce sont des souvenirs inoubliables. Mais à 52 ans il faut savoir passer la main. J'avoue que j'avais la larme à l'œil quand j'ai vu Sofien entrer sur le terrain. Je suis si fier de lui." De peur de croiser son regard pendant la rencontre, celui qui est aujourd'hui superviseur des arbitres pour Rio de Janeiro 2006 avait même décidé de s'installer exceptionnellement en tribune.

Mais la carrière sur le sable de Sofien n'est que la facette estivale de ses occupations. Le reste de l'année, il arbitre des matches de jeunes et ambitionne d'entrer bientôt dans le giron de la fédération française. "Mais pour ça il faudra qu'il travaille encore plus les autres", coupe Ben. "Il se comporte bien sur le terrain mais a encore pas mal de lacunes sur le plan théorique. S'il ne veut pas voir sa carrière s'arrêter brutalement, il va devoir s'accrocher."

Là encore le fils accepte la critique : "Malgré ma passion pour l'arbitrage, j'ai clairement un manque de théories. Petit déjà je n'était pas un grand écolier", avoue-t-il dans un sourire malicieux.

En attendant, "le fils de son père" continue son apprentissage sur la plage de Copacabana. Un mois de novembre ensoleillé durant lequel ses oreilles siffleront plus qu'à l'accoutumée, mais qu'il laissera sonner pour le simple plaisir de passer de tels moments avec son père. Et qui sait, peut-être un jour ces tendres critiques le laisseront un petit peu tranquille… Pour mieux se diriger vers Faouzi, son frère cadet (17 ans).

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