Comme disent les Brésiliens : Rendez-vous en 2006 ! Après la clôture de la première Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, on en redemande déjà tant cette première édition a été belle. En nous proposant un plateau exceptionnel réunissant les meilleures équipes de la planète, la compétition s'est révélée extrêmement serrée. Entre une équipe de France, impressionnante de bout en bout, un Japon rafraîchissant, ou encore des Brésiliens acceptant la fin de leur suprématie ; FIFA.com revient pour vous sur cette semaine sous le soleil de la plage de Copacabana.

30° le matin, " seulement " 23° le soir. Malgré l'hiver que vit actuellement le Brésil, c'est sous une chaleur tropicale que la compétition s'est déroulée. Bola 7, le célèbre supporter auriverde n'avait pas de trop de son grand chapeau lorsqu'en matinée, il dirigeait les chants et animations du chaud public de Rio.

Dans une ambiance exceptionnelle, devant 8.000 spectateurs prêts à s'enflammer à chaque action, la première Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA nous a offert un magnifique spectacle. Mais puisque le sport a cela de beau qu'il a toujours besoin de vainqueurs et de perdants, les scènes de tristesse ont succédé à celles de joie jusqu'à atteindre leur paroxysme au terme d'une dramatique finale. On se souviendra sans doute longtemps du visage du Portugais Madjer, où se mêlaient grains de sable et larmes au moment de monter sur la deuxième marche du podium. Le contraste était en tout cas saisissant dès qu'il s'agissait de regarder les visages français.

La France confirme
Au mois de septembre 2004, l'équipe de France d'Eric Cantona s'était adjugé le titre de Champion d'Europe au terme d'une superbe finale face au Portugal. Huit mois plus tard seulement, la voici sur le toit du monde après avoir à nouveau battu les Lusitaniens. Mais plus encore que la dernière rencontre de cette Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, Rio de Janeiro 2005, c'est le parcours complet des Bleus qui aura retenu l'attention des observateurs et spectateurs. Combinant à merveille une rigueur défensive impressionnante avec un talent offensif indiscutable, la France a sans conteste été l'équipe la plus complète de ce tournoi. "Nous avons joué trois fois ces derniers mois contre la France et elle n'a cessé de progresser", nous a avoué Índio l'entraîneur brésilien. "Cantona fait un travail magnifique auprès de ses joueurs."

On retiendra notamment les superbes performances du portier Jean-Marie Aubry, des défenseurs Thierry Ottavy et Jean-Marc Edouard, mais aussi de Noël Sciortino et bien sûr Anthony Mendy en attaque. Troisième meilleur buteur de la compétition et donc Soulier de bronze adidas, le longiligne attaquant a très souvent facilité la tâche des siens. "C'est la deuxième fois que je viens à Rio et je rentre cette fois avec deux trophées. Je suis l'homme le plus heureux du monde", a déclaré le bleu après la finale. Une performance d'autant plus encourageante que Mendy incarne à 22 ans l'avenir du beach soccer français.


La surprise nippone
Pour ce qui est du futur de la discipline en général, nul doute que le Japon y tiendra une place de choix. Celui qui avait parié sur une quatrième place de l'équipe japonaise est certainement immensément riche aujourd'hui. Au début de la compétition, les hommes de Rui Ramos faisaient parti des petits poucets au même titre que la Thaïlande, l'Afrique du sud et l'Australie. Une semaine plus tard, tous les spectateurs s'étaient pris d'affection pour ces joueurs pleins d'abnégation et de détermination. Même lorsque leurs jambes les tenaient à peine debout, les Nippons n'ont jamais cessé de se battre.

"Je dois avouer que cette quatrième place est une surprise pour moi aussi", a déclaré le mystique entraîneur Rui Ramos. "Mais cela fait des années que je me bats pour développer le beach soccer au Japon. J'espère que ce résultat nous permettra d'attirer un plus grand intérêt de la part des médias et de la Fédération. Nous avons désormais besoin d'infrastructures pour progresser. Je suis sûr que nous serons encore plus fort l'an prochain". On reverra alors avec grands plaisirs des joueurs comme le défenseur Makino et l'attaquant Kawaharazuka, révélations de cette Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA 2005.

Madjer, meilleur parmi les meilleurs
Et ils ne sont pas les seuls joueurs dont on retiendra le nom. Hormis Madjer, le meilleur joueur et buteur (avec 12 buts comme lors du dernier Championnat du Monde) de ce tournoi, le Lusitanien Alan a confirmé son rang parmi les meilleurs. Capable de passes lumineuses ou de coups-franc fracassants, le petit attaquant a très nettement contribué à la bonne performance du Portugal. Dans un autre registre, les défenseurs Marinho et Hernani ont souvent tenu à bout de bras l'équipe de Zé Miguel. Même constat pour les Brésiliens Junior Negão et Buru, permettant ainsi aux feu-follets Neném, Benjamin et Jorginho de prendre beaucoup de plaisir aux avant-postes.

Du plaisir qu'auraient sans doute aimé ressentir un peu plus les Espagnols. Obligés de disputer des éliminatoires européennes deux jours avant le début de cette Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA, les Ibères ont vite montré des signes de fatigue dès la compétition débutée. Emergeant au-dessus du lot, l'attaquant Amarelle en a tout de même profité pour nous gratifier de retournés acrobatiques à faire pâlir un gymnaste. Plus inconnus, les Ukrainiens Pylypenko et Varenytsya ont causé beaucoup de dommages aux défenses sud-africaine et uruguayenne. Le premier capable de son pied gauche de trouver n'importe quelle partie du but adverse, le second jouant en pivot pour ouvrir de nombreuses brèches, ils sont les symboles d'une Ukraine sur laquelle il faudra désormais compter.

Toujours plus serré
Car si le Brésil reste sans doute l'équipe la plus spectaculaire de la planète, elle n'est définitivement plus la seule, l'unique, capable de battre n'importe qui. Au-delà de la France et du Portugal qui finalement n'ont fait que confirmer leur rang, le Japon a donc créé la surprise et fait une entrée par la grande porte dans le gotha du beach soccer mondial. L'Ukraine pour sa part était attendue au tournant après sa superbe troisième place obtenue au dernier Championnat d'Europe. Et les hommes de Victor Moroz ont répondu présents. Impressionnants de puissance, les Ukrainiens ont du pourtant céder en quart de finale face au futur finaliste, le Portugal. Mais avant cela, ils avaient fait jeu égal avec les Champions du Monde 2001.

Tout cela nous laisse augurer d'une merveilleuse deuxième édition de la Coupe du Monde de Beach Soccer de la FIFA. Entre la France qui devra défendre son titre, le Portugal et le Brésil forcément revanchards, le Japon ambitionnera sans doute de faire au moins aussi bien, pendant que l'Uruguay, l'Ukraine et l'Espagne voudront prouver qu'ils méritent mieux. L'an prochain, sur la merveilleuse plage de Copacabana, la lutte s'annonce donc encore plus serrée. On a hâte d'y être !

Participants :
Brésil, Espagne, Thaïlande, Portugal, USA, Japon, Uruguay, Ukraine, Afrique du sud, France, Argentine, Australie.

Classement final :

  1. France
  2. Portugal
  3. Brésil
  4. Japon
  5. Uruguay
  6. Ukraine
  7. Espagne
  8. Argentine
  9. Australie
  10. USA
  11. Thaïlande
  12. Afrique du sud

Buts (total) :
164, soit 8,2 par match

Meilleurs buteurs :
12 buts : Madjer (POR)
9 buts : Nenem (BRA)
8 buts : Mendy (FRA)